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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 20:52

Les Amis d'Israël

TROP DE DEMOCRATIE PEUT NUIRE A LA PAIX

Par Daniel Charles Badache,

 

Toutes les démocraties contemporaines ont été soumises, au moment du choix de leur mode de scrutin, au dilemme suivant : ou bien servir au maximum l'idéal de démocratie et, en conséquence, adopter la représentation proportionnelle, garante d'une photographie fidèle des composantes de l'électorat dans l'enceinte parlementaire ; ou bien privilégier l'efficience gouvernementale et alors retenir le scrutin majoritaire qui tend à garantir, dans les assemblées législatives, l'existence d'un soutien à une politique gouvernementale clairement définie.

 

Israël vit depuis sa naissance sous le régime d'une représentation proportionnelle intégrale, le territoire de l'Etat constituant une circonscription unique, étant ajouté qu'il suffit de dépasser le seuil « famélique » de 2 % des suffrages pour jouir d'une représentation à la Knesset, reflet d'une véritable mosaïque partisane...

 

Le verdict des urnes du 10 février dernier a révélé que le parti ayant remporté le plus grand nombre de sièges, Kadima, en a totalisé...27, soit 22,5 % du nombre total de députés accueillis au Parlement. Ni lui, ni le Likoud, devancé d'un siège, n'apparaissent drapés du statut de parti dominant - 30 % des suffrages exprimés selon les canons de la science politique - susceptible de fédérer autour de lui dans une cohérence politique minimale.

 

Shimon Pérès, Président de l'Etat, a sollicité Benyamin Nétanyahou aux fins de formation du Gouvernement. Tzipi Livni, leader de Kadima, a aussitôt rejeté, en l'état, toute participation. Comment, dans ces conditions, le pressenti pourrait-il parvenir à atteindre la « barre fatidique » des 61 sièges, garantie éminemment fragile d'un soutien parlementaire à l'action gouvernementale ?

 

Le Likoud devra donc convaincre de se joindre à lui une diversité de partis qui lui apporterait les 34 sièges manquants, dont, Israël Beiteinou, « Israël notre Maison », et les partis religieux. D'aucuns évoquent cette perspective comme celle d'un « Bloc des Droite et Extrême Droite ». Sa constitution ne serait qu'un « trompe l'œil d'un moment », tant les lézardes seraient à court terme inévitables. En effet, il ne résisterait pas à l'épreuve des relations internationales. Face à une Administration américaine qui ne saurait, s'agissant du Proche Orient, différer profondément, dans son approche, de celle du Président Clinton, l'impossibilité de heurter frontalement Washington conduirait à une réplique de la cassure soufferte, au cœur des années 90, par le premier gouvernement Nétanyahou, quand ses éléments extrêmes avaient déserté à un moment où une pression, feutrée mais réelle, de la Maison Blanche avait imposé le non abandon des accords d'Oslo et, par là même, d'un « horizon à deux Etats ».

 

Advigor Liberman et « Israël Beiteinou », sauf reniement d'eux-mêmes, déserteraient et les 15 sièges obtenus feraient défection, ravalant le chef du Likoud au rang de Premier Ministre d'un gouvernement minoritaire, c'est-à-dire promis à la paralysie. N'oublions pas de surcroît qu'entre le laïc Nétanyahou et les partis religieux, existent plus que de simples nuances dans la conception de la société israélienne...

 

Si le « bloc » ci-dessus évoqué devait ne pas voir le jour, et les chiffres étant têtus, comment alors transformer 27 en 61 ? En convainquant d'une part Tzipi Livni et Kadima, de l'autre Ehud Barak et les Travaillistes de rejoindre un Gouvernement de large coalition ? Si pareille troïka permettrait aux derniers cités de participer à l'œuvre gouvernementale malgré leur infortune électorale, comment faire entendre à Tzipi Livni de ne pas occuper le poste de Premier Ministre lors même que Kadima était arrivé en tête de toutes les formations politiques au soir du 10 février dernier ?

 

En outre, comment envisager une possibilité de synthèse politique entre tels qui insinuent que l'avenir des Palestiniens doit être envisagé en termes essentiellement économiques et que ceux-ci ne doivent pas accéder à une pleine souveraineté étatique (Benyamin Nétanyahou et une large part du Likoud) et tels qui ont opté pour la coexistence de deux Etats (Tzipi Livni et Ehud Barak) ?

 

Le double constat qui vient d'être établi n'empêche pas les adeptes de la « solution miracle » de tenter de promouvoir l'idée d'un gouvernement d'union nationale, dont nulle formation ne serait exclue.

 

Seulement, le concept ne vaut que lorsqu'une nation est confrontée à un péril majeur, militaire, voire économique. Israël lui a donné corps en 1967, à l'époque de la Guerre des Six Jours, alors que l'Egypte, flanquée de la Jordanie et de la Syrie, menaçaient l'Etat hébreu dans son existence même : à un moment où un Gouvernement travailliste bénéficiait d'une majorité de soutien à la Knesset, il fut fait appel, dans cette volonté d'union, à des ressortissants des autres formations politiques, spécialement à Menahem Begin, leader emblématique du parti de droite Herout.

 

Tel n'est point le cas aujourd'hui, même si la possible nucléarisation de la puissance militaire iranienne ne laisse pas indifférents la plupart des dirigeants occidentaux. Le rassemblement de toutes les forces politiques dans une même structure gouvernementale serait l'occasion d'une cacophonie sans égale sur le thème de la relation israélo-palestinienne...

 

En fait, le premier enseignement des élections législatives du 10 février est que celles-ci induiront d'ores et déjà une nouvelle consultation anticipée. Mais si l'on ne s'attaque pas au mal sans tarder - l'option proportionnaliste intégrale - et si l'on ne promeut pas le scrutin majoritaire, garant de l'efficience gouvernementale, Israël persistera à truster les trophées de l'hyperdémocratie et, dans le même temps, à s'enliser dangereusement dans la terre proche orientale, faute de ligne politique univoque et pertinente.

 

 

  Daniel-Charles BADACHE

    Président de France-Israël

   Basse Normandie

alliance France israel basse normandie

Diffusion autorisée avec le nom de l'auteur ainsi que le lien du site et logo

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Published by Association France Israël Basse Normandie - dans Président
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