Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  • : France Israël Normandie
  • France Israël Normandie
  • : France Israël Normandie
  • Contact
30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 16:19

alliance France israel basse normandie

(Diffusion autorisée avec le nom de la source ainsi que le lien du site)

 

Le 29 novembre 1947, l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté la Résolution 181 qui entérina, au sortir d’un Mandat que la défunte SDN avait confié à la Grande Bretagne, le partage de la Palestine. Celle-ci se trouvait promise à offrir son socle territorial à deux Etats : les sionistes acceptèrent dans l’enthousiasme de constituer le leur, et Israël verra le jour le 14 mai 1948 ; le Haut Comité Arabe, s’exprimant pour la partie arabo-palestinienne, instrumentalisé par les Etats voisins, rejeta les termes de cette Résolution…

 

Le 29 novembre 2012, soit, jour pour jour, 65 ans plus tard, l’Autorité Palestinienne née des accords d’Oslo a sollicité et obtenu de la même Assemblée la reconnaissance d’un statut spécifique, celui d’ « Etat observateur non membre », à l’instar du sort juridique que la Maison de Verre new yorkaise a antérieurement réservé… au Vatican.

 

Le vote enregistré hier à Manhattan est présenté par des medias simplistes voire partisans comme une victoire palestinienne et subséquemment comme une défaite israélo-américaine ; un second succès en l’espace de quelques jours, le premier ayant été celui du Hamas qui, dans la Bande de Gaza, avait glorieusement contenu l’ « agression israélienne »…

 

S’agissant de l’issue connue par le récent affrontement entre Israël et la filiale palestinienne des Frères Musulmans égyptiens, qu’il soit rappelé ici qu’une poursuite des opérations militaires par Tsahal aux fins d’éradiquer une fois pour toutes la capacité de nuire de l’islamisme gazaoui se serait traduite par un bain de sangs mêlés : celui de milliers de civils palestiniens pris depuis 2007 en otages par le Hamas, réduits au rôle de boucliers humains, celui de soldats israéliens qui auraient été exposés à d’homicides combats de rue. Alors le cessez-le-feu négocié par une Egypte « surveillée » par le bailleur de fonds américain et accepté par Israël représentait un moindre mal, quelle que fût sa récupération par la propagande intégriste, dans la mesure où les ciblages des forces aériennes de l’Etat hébreu avaient malgré tout détruit une substantielle partie des stocks de roquettes ennemies.

 

Mais l’évocation de cette « double victoire » palestinienne induit immédiatement une réflexion critique sur le vote de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Ce qui interpelle n’est pas que son contenu ait spécifié qu’il n’y avait qu’une logique devant conduire à la paix, celle de la constitution de deux Etats consacrant deux faits nationaux. Ce qui agresse l’entendement est que l’adoption de cette Résolution accorde à l’actuelle entité palestinienne la qualité d’Etat, même si celui-ci ne sera pas membre plénier des Nations Unies, faute de pouvoir satisfaire aux exigences de la procédure inscrite dans la Charte : une recommandation du Conseil de Sécurité impliquant l’accord de ses cinq membres permanents, avant un vote majoritaire de l’Assemblée Générale.

 

L’ONU a en la présente circonstance foulé du pied la doctrine de droit public universelle qui veut que pour qu’il y ait Etat, soit vérifiée l’effectivité de trois éléments constitutifs : un territoire, une population attachée à ce territoire, une autorité politique prête à s’exercer dans les limites de l’espace géographique concerné.

 

En l’espèce, de territoire il n’en est encore point, au regard du droit international, faute de détermination de frontières « sûres et reconnues », pour reprendre l’exacte terminologie de la Résolution 242 du Conseil de Sécurité, adoptée le 22 novembre 1967, quelques mois après le terme mis à la Guerre des Six Jours.

 

Quant à l’autorité politique, elle est aujourd’hui, pour la communauté internationale, non identifiable, du fait du coup de force perpétré par le Hamas dans la Bande de Gaza le 15 juin 1967, coup de force qui induit la question, qui fut celle posée en son temps par Henry Kissinger à propos de l’Europe : « la Palestine, quel numéro de téléphone ? », celui de Ramallah ou celui de Gaza City ?

 

De surcroît, au regard de la Charte de l’ONU, une entité qui prétend à la qualité de membre de l’Organisation – ce qui doit être la finalité, à terme, de la démarche palestinienne - est tenue d’offrir toutes garanties utiles quant à son caractère pacifique. Que soit à ce stade relu le texte fondateur du Hamas : qui appelle au djihad ; qui rejette toute reconnaissance de l’Etat d’Israël qu’il entend détruire, motif pris de ce que la Palestine est un « waqf », c’est-à-dire une terre sur laquelle a existé hier une souveraineté islamique et qui de ce fait doit retourner à ladite souveraineté ; qui se réfère ouvertement aux Protocoles des Sages de Sion, ce faux de la police tsariste qui prêtait aux Juifs la volonté de diriger le monde par l’effet d’un complot à dimension universelle…

 

Il ne s’agit pas de guerroyer contre la légitime solution des deux Etats : Israël, dans sa sève même, n’a pas vocation à réinventer l’apartheid. Il s’agit d’affirmer, en reprenant la pertinente formule d’Hillary Clinton, selon laquelle « le chemin de la paix ne passe par New York, mais par Jérusalem et Ramallah », c'est-à-dire par une reprise, si possible sans délais ni conditions préalables, de négociations directes entre les parties.

 

Quelques mots, in fine, dédiés à l’Union Européenne.

 

Cela fait 20 ans que le Traité fondateur de Maastricht a érigé l’un de ses trois piliers, la P.E.S.C, lisez « politique étrangère et de sécurité commune ». Quel tableau nous est offert ? Celui d’une France qui a voté pour la reconnaissance de ce statut d’Etat non membre, à l’instar du Danemark ou de l’Autriche, mais à la différence de l’Allemagne ou du Royaume Uni…

 

Cette indicible cacophonie émane, ne l’oublions pas, d’une organisation qui s’est vue décerner, il y a quelques mois, le Prix Nobel de la Paix ! Madame Catherine Ashton est supposée exprimer la politique étrangère commune de l’Union. Ne soyons pas trop sévères à son égard. Certes, son charisme – atout nécessaire lorsque l’on affronte d’immenses défis – n’excède pas celui de l’huître, mais serait-il décent de lui reprocher de ne pas accéder à la synthèse ?

 

A l’impossible, nul n’est tenu…

mtre-badache.jpg

D.C. Badache

Président France Israël Basse Normandie

 

 

 

(Diffusion autorisée avec le nom de la source ainsi que le lien du site)

Partager cet article

Repost 0
Published by Association France Israël Basse Normandie - dans Président
commenter cet article

commentaires