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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 16:30

Daniel Charles BADACHE

Diffusion autorisée avec le nom de l'auteur ainsi que le lien du site

 

Le sionisme, historiquement – et n’en déplaise aux apprentis procureurs qui ont fustigé à travers lui une dynamique coloniale – doit être identifié comme un mouvement de libération nationale : celle d’un peuple victime de persécutions diverses, prélude à l’Holocauste.

 

Aussi se doit-il de ne jamais apparaître comme un obstacle à la quête, par un autre peuple, d’un destin national. Un autre peuple, en l’espèce le peuple palestinien. Le partage de la terre, acté par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 29 novembre 1947, aurait dû satisfaire deux aspirations. Seule celle du sionisme connut la consécration, du fait de son acceptation de la partition, hélas rejetée par le monde arabe dans sa globalité.

 

L’Etat d’Israël conduit-il aujourd’hui une politique empêchant les Palestiniens de se constituer en Etat-Nation ?

 

Il sera rappelé que le gouvernement de Benjamin Netanyahou a accepté le principe d’un Etat palestinien, même si sous conditions faisant débat ; des conditions qui, comme toutes autres exprimées dans un jeu diplomatique, sont vouées à l’infléchissement, particulièrement du fait de l’incidence d’une hyperpuissance américaine détenant des cartes essentielles.

 

Il serait opportun de questionner ceux qui reprochent à l’actuel leadership israélien une reconnaissance frileuse exprimée « du bout des lèvres » sur la « réconciliation » entre le Fatah, sève de l’Autorité Palestinienne, et le Hamas. La constitution d’un gouvernement de transition dit d’union nationale signifie l’intégration à la Direction palestinienne d’une force politique, la seconde citée, qui refuse tout droit à l’existence de l’Etat d’Israël.

 

Que chacun prenne la peine de lire la Charte de cette succursale des Frères Musulmans égyptiens, inaugurée en décembre 2007, lors de l’éclosion de la première intifada.

 

Morceaux choisis : l’article 11 précise que « le Mouvement de la résistance islamique croit que la terre de Palestine est une terre islamique confiée aux Musulmans jusqu’au jugement dernier. Personne ne peut renoncer à cette terre, ni même à une partie de celle-ci » ; l’article 13 ajoute que « les initiatives appelées « solution pacifique » ou « conférences internationales » pour régler le problème palestinien sont contraires à l’idéologie de la résistance islamique, parce qu’abandonner la moindre partie de la Palestine c’est abandonner une partie de la religion… ces conférences ne sont rien de plus qu’un moyen pour renforcer le pouvoir des mécréants sur la terre des Musulmans. Il n’y a pas de solution au problème palestinien à part la lutte »…

 

Au-delà de l’éradication pure et simple du sionisme, cette Charte exprime ni plus ni moins que son antisémitisme profond. Ainsi l’article 22 indique que « les ennemis ont amassé d’énormes fortunes qu’ils consacrent à la réalisation de leurs objectifs. A travers l’argent, ils ont pris le contrôle des

médias du monde entier… ils ont financé des révolutions dans le monde entier… la Révolution française, la Révolution communiste…Ils ont établi des organisations clandestines… comme les Francs-Maçons, le Rotary club et le Lions club, etc, pour détruire la société et promouvoir les intérêts du sionisme ».

 

Le « must » réside dans l’article 32, qui proclame que « le plan sioniste n’a aucune limite ; après la Palestine, ils veulent s’étendre du Nil jusqu’à l’Euphrate. Dès qu’ils ont occupé un espace, ils regardent vers un autre, conformément au plan qui apparaît dans les Protocoles des Sages de Sion » : ici, le Hamas n’hésite pas à se référer à un faux grossier de l’ère tsariste…

 

D’aucun diront que toute charte ou constitution a pour futur celui d’être abrogée ou à tout le moins amendée ; que ce fut ainsi le cas pour celle de l’Organisation de Libération de la Palestine, qui, à partir de 1964 et des années durant, a appelé à l’anéantissement d’Israël, avant d’effacer de son texte tous termes prônant la destruction des structures sionistes ».

 

Mais il sera souligné que l’acte fondateur de l’OLP se caractérisait par sa finalité nationaliste : l’établissement d’une souveraineté des Palestiniens sur l’ensemble du territoire antérieurement sous Mandat britannique. Il s’agissait d’une ambition qui par nature était modulable, ce dans la mesure où la satisfaction d’une aspiration nationale peut être atteinte sur un socle territorial moins vaste que ne l’était celui initialement convoité.

 

La Charte de l’OLP s’inscrivait dans un cadre de rationalité, donc de possible négociation.

 

La problématique induite par celle du Hamas est différente. Elle est référence à Dieu, à l’irrationnel, à l’absolutisme, au non négociable. Le texte ayant donné naissance à ce parti islamiste n’a que deux avenirs possibles : sa pérennisation ou son abrogation. Il n’est point d’espace pour sa révision, qui le viderait de son sens, de son identité.

 

Le gouvernement de transition n’est donc qu’antinomie de ses composantes. Il se trouve ainsi disqualifié, comme interlocuteur pour une reprise du processus de paix. A ce sujet, la récente initiative du Gouvernement français, tendant à l’organisation d’une énième conférence internationale à Paris à la fin du mois de juillet, est de ce fait imprégnée d’angélisme. Elle ne peut qu’être promise à l’échec.

 

Cela étant, elle apparaît moins corrosive que ne le serait une mise au vote de l’Assemblée Générale des Nations Unies, en septembre prochain, de la « reconnaissance » de l’Etat palestinien. Si cette perspective devait se concrétiser, il n’y aurait pour les intéressés, au lendemain d’une telle « célébration » new-yorkaise, que davantage de frustration.

 

Comment pareille « reconnaissance » pourrait-elle induire une quelconque effectivité, ce dans la mesure où l’Etat ainsi « reconnu » ne réunirait pas les trois éléments constitutifs exigés par une doctrine de droit public universellement entendue ? Faute d’un territoire bien délimité, faute également d’une autorité politique expurgée d’une contradiction interne ne pouvant que la rendre aujourd’hui inefficiente et inaudible, sur la scène internationale.

 

Au-delà, se pose un problème relevant du droit international et de ses préceptes. L’ « horizon ONU septembre 2011 » pour une « reconnaissance » de la Palestine arabe agresse un concept et induit une grande confusion. En effet, dans un schéma classique, l’on distingue la reconnaissance d’Etat, qui relève de la compétence de chacun des Etats membres de la communauté internationale, de l’admission de tel Etat à l’ONU, qui obéit à une procédure établie par la Charte de l’organisation universelle.

 

La reconnaissance d’un Etat par un autre produit un effet déclaratif – et non pas créateur – ayant une portée politique. Ainsi l’Etat auteur de la reconnaissance accepte d’accorder au nouveau venu, automatiquement, sur son territoire, tous les droits qu’il a précédemment consentis aux autres entités étatiques.

 

Cela étant, un groupe d’Etats peut émettre une ligne doctrinale commune en la matière, et assortir le bénéfice de la reconnaissance par chacun de ses ressortissants de la réalisation d’un ensemble de conditions. Tel a été le cas, en décembre 1991, de la CEE, à propos des nouveaux Etats nés du démembrement acté de l’URSS et de celui alors en cours de la Fédération Yougoslave. L’exigence était quintuple : respect de la démocratie, respect des droits de l’homme, des minorités et groupes ethniques, inviolabilité des frontières, respect des accords de désarmement et de non prolifération nucléaire, engagement de régler par la négociation les problèmes de succession d’Etats ainsi que les conflits régionaux.

 

Il serait difficilement imaginable que les membres de l’Union Européenne, nés du Traité de Maastricht, avec l’obligation du respect de l’œuvre globale de la CEE, puissent être moins exigeants sur le terrain proche-oriental qu’ils ne l’ont été sur celui de l’Europe Centrale et Orientale. Or, un Etat palestinien doté d’une autorité politique intégrant le Hamas peut-il sérieusement soutenir qu’il serait en situation de régler tout contentieux régional par la voie de la négociation ? Poser la question, c’est y répondre…

 

Quant à l’admission d’un Etat à l’ONU, elle ne peut intervenir que sur une recommandation du Conseil de Sécurité supposant l’accord des cinq membres permanents – aucun n’usant donc de son droit de veto – puis un vote positif de l’Assemblée Générale.

 

La lecture de la Charte rappelle que cinq conditions sont à remplir pour q’un postulant soit jugé digne d’admission. Il doit être un Etat (il a été précédemment démontré que l’entité palestinienne, en 2011, ne réunit pas les éléments constitutifs de celui-ci), un Etat pacifique (l’acte fondateur du Hamas, associé à la gouvernance palestinienne, exclut l’adhésion à l’idée de paix avec le voisin), acceptant les obligations de la Charte, capable de les remplir et disposé à le faire, soit autant de points d’interrogation qui ne seront effacés que lorsque les élections présidentielle et législatives dans les Territoires Palestiniens – et pas uniquement en Cisjordanie – auront écarté le Hamas de l’exercice de tout pouvoir de décision.

 

 

Le propos qui s’achève ne se veut pas manichéen. Les vicissitudes qui affectent le processus de paix ne sont pas toutes marquées du sceau de la partie palestinienne. Israël se doit d’être lucide quant à l’avenir du plus grand nombre des implantations juives en Cisjordanie, imaginatif s’agissant du futur statut de Jérusalem, équitable pour ce qui est du partage de l’eau, tout en ne sacrifiant rien sur le plan de son identité et de sa sécurité.

 

Autant de dossiers qui sont ouverts à la négociation. En revanche, le rejet de l’autre est-il susceptible d’être négocié ?

 

Il est urgent de placer, sur la route supposée conduire en septembre prochain à la Maison de Verre de Manhattan, un panneau portant l’inscription « Travaux en cours, Déviation »…

 

Une déviation qui ne signifierait pas un cheminement vers un cul-de-sac, mais réorientation vers la voie pragmatique que le Premier Ministre de l’Autorité Palestinienne, Salam Fayyad, a emprunté à lui-même depuis de nombreux mois, celle de la création, sur le terrain cisjordanien, des structures économiques, sociales et culturelles qui seront celles du futur Etat palestinien.

 

A la manière de ce qu’au temps du Mandat, et même avant celui-ci, entreprirent les sionistes eux-mêmes pour rendre incontournable un peu plus tard l’avènement de l’Etat d’Israël.

 

Daniel-Charles BADACHE

Président France Israël

Basse Normandie


 Diffusion autorisée avec le nom de l'auteur ainsi que le lien du site

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Published by AFIBN - dans Président
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