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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 21:09

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Le cabinet restreint de sécurité, constitué des principaux ministres israéliens, s’est réuni deux fois sans qu’aucune majorité n’ait pu se dégager quant à la forme précise que devaient prendre les représailles après la découverte des trois corps des jeunes adolescents enlevés près de Hébron.

Dans l’attente d’une décision ministérielle, l’aviation israélienne s’est bornée à casser des pierres dans le cadre de frappes «immobilières» visant des dépôts de munitions et des usines de production de roquettes.

Le ministre de la défense, Moshé Yaalon, qualifié jusqu’alors de faucon du gouvernement, s’est montré réticent à lancer une opération d’envergure contre Gaza.

 Le pouvoir l’a rendu en effet très pragmatique. Naftali Bennett, ministre de l’économie et du commerce et  président du parti HaBayit Hayehudi,  et Gilad Erdan membre du Likoud et ministre de la communication du Likoud, ont exigé une opération militaire à grande échelle contre le Hamas.

 

Tsipi Livni, ministre de la justice et dirigeante du parti Hatnoua, Yaïr Lapid ministre des finances et responsable de Yesh Atid, Yitzhak Aharonovich, ministre de la sécurité intérieure et Avigdor Lieberman, ministre des affaires étrangères, ont tous prôné la modération.

Les hésitations s’expliquent par l’impossibilité de prouver avec certitude quelle organisation terroriste est responsable de l’enlèvement.

 

Si l’on connaît le nom des ravisseurs présumés, Marwan Qawasmeh et Amar Abu Aisha, on ignore les commanditaires de l’opération dans toute cette nébuleuse islamique.  

 

Les deux têtes de l’exécutif israélien savent le lourd tribut qu’aurait à payer l’armée israélienne dans une action non réfléchie ; ils ont réussi à convaincre leurs collègues de la nécessité d’une modération dans les représailles.  

 

Une action contre le Hamas en Cisjordanie reste restreinte et inefficace car ses militants sont minoritaires et intégrés au sein de la population tandis que des représailles contre Gaza réchaufferait le front avec le lancement de centaines de roquettes sur le sud du pays.

Le gouvernement avait affirmé détenir des preuves de l’implication du Hamas dans le meurtre mais à ce jour rien de concret n’a été publié à ce sujet.

 

Le chef du bureau politique, Khaled Mechaal, doté d’une grande expérience politique, a nié la responsabilité du Hamas alors que d’ordinaire il était le premier à se glorifier d’une pareille opération.

 

Sauf à choisir le suicide politique, il pouvait difficilement cautionner un pareil acte alors qu’un accord de réconciliation venait à peine d’être signé entre le Fatah et le Hamas.

 

Le Hamas est en effet trop faible et trop isolé pour supporter les conséquences des représailles israéliennes.

 

Quant à Mahmoud Abbas, il ne peut pas être accusé de complicité.

 

Il a eu le courage d’une déclaration claire en Arabie saoudite en condamnant sans ambiguïté l’enlèvement et en appelant les ravisseurs à libérer les trois adolescents.

Le doute s’est installé dans l’esprit israélien lorsque l’organisation égyptienne Ansar Bayt al-Maqdis, les
Partisans de Jérusalem, a revendiqué le triple meurtre le 1er juillet, le tir de roquettes depuis Gaza et son allégeance au Calife Abou Bakr al-Baghdadi.
Le groupe terroriste n’a certes donné aucune preuve de sa participation à l’enlèvement et il pourrait s’agir uniquement d’une opération opportune de communication mais l'incertitude persiste.  

Ce groupe djihadiste, actif depuis 2011 dans la péninsule du Sinaï, a étendu ses actions terroristes en 2013 par des attentats perpétrés au Caire.

 

Le 16 février 2014, il a revendiqué l'attaque qui coûta la vie de quatre sud-Coréens et d’un Égyptien lors de l'explosion d'un bus à la frontière entre l'Égypte et Israël.

 

Proche d’Al-Qaeda, ces sunnites veulent concurrencer les djihadistes d’EIIL (État Islamique en Irak et au Levant) en s’implantant en Cisjordanie et en y menant des actions terroristes qui les feraient connaitre de la population palestinienne.

 

L'enlèvement pourrait ainsi signer leur première action en Cisjordanie.

Cette émanation du Hamas est effectivement constituée de dissidents qui refusent la trêve et qui tiennent à continuer le combat armé contre Israël.
Il comprend plus de 2.000 miliciens installés surtout au Sinaï et recrutés parmi les Bédouins mais leur présence a été signalée en Cisjordanie.
Le Hamas s’était démarqué de ce groupe dès janvier 2014 en précisant qu’Ansar Bayt Al-Maqdis «n’était pas palestinien» et qu’il était plus proche d’Al-Qaeda que des Frères musulmans.

Le gouvernement israélien reste donc prudent et veut éviter de se lancer dans une opération où les vrais coupables seraient épargnés et qui l’isolerait diplomatiquement des chancelleries occidentales, promptes à qualifier toute opération militaire de ....«réaction disproportionnée»

 

 

 

 

Jacques Benillouche,

 

 

temps contretemps


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Published by France Israël Basse Normandie - dans Israël
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