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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 14:40

Daniel Charles BADACHE

 

 

Il fallait, en 1976, réconcilier les Américains avec une institution présidentielle particulièrement ébranlée, entre 1972 et 1974, par le scandale du Watergate ; scandale qui avait abouti à la démission - avant probable destitution - de Richard NIXON, dont le second mandat fut achevé « poussivement » par son Vice-président, Gérald FORD.

 

C’était l’heure de l’alternance pour le Parti Démocrate, écarté de la Maison Blanche depuis huit ans.

 

Mais il lui importait d’investir, au sortir de tant de tumulte et d’opprobe, un candidat sorte de « Monsieur Propre » de la politique, qu’un évident marketing électoral allait « fabriquer ».

 

Ce fut Jimmy CARTER.

 

« Jimmy Who ? » aimaient à dire politologues et journalistes, tant il était évident que la notoriété du nouveau venu peinait à dépasser les limites territoriales de la commune de Plains, Georgie, où le futur Président avait prospéré jusqu’alors dans la production de peanuts…

 

Installé à la Maison Blanche, CARTER rompit avec une pourtant remarquable politique étrangère définie et exécutée par le couple NIXON-KISSINGER ; carter--1-.jpgune politique qui avait eu le mérite d’ébaucher un nouvel ordre international fondé sur un principe légitimant, acceptable pour l’ensemble de la communauté des Etats, celui de l’équilibre des puissances.

 

Abandon par les USA de leurs prétentions absolutistes (le retrait du Vietnam), affirmation par les mêmes de leurs légitimes aspirations relatives (restauration du crédit américain dans un monde arabe abandonné à l’URSS sans sacrifier pour autant les liens spéciaux avec Israël), limitation des effets négatifs du duopole nucléaire Washington-Moscou (accords SALT 1), incitation à l’émergence d’une multipolarité (intégration de la Chine Populaire au jeu international, 1973 proclamée Année de l’Europe) : l’ensemble ne pouvait que susciter une adhésion majoritaire.

 

A une conception imprégnée de références à Metternich, Castlereagh et Bismarck, CARTER préféra, comme « fonds commun », la défense et illustration des Droits de l’Homme, supposées rallier les uns et les autres à un ordre que pareille dédicace aurait légitimé.

 

L’angélisme était patent : la déclinaison de ces Droits était-elle identique à Washington, Paris, Moscou et Pékin ? Si dans les deux premières capitales citées la lecture était celle de la Déclaration française de 1789 avec attachement aux droits et libertés inhérents à la personne humaine, celle privilégiée dans les deux autres vantait le primat, sur toute considération individualiste, de la réalisation de la propriété socialiste des moyens de production…

 

Le fossé était béance. La main tendue, dans un premier temps, à Fidel CASTRO, la confiance accordée initialement aux sandinistes nicaraguéens de Daniel ORTEGA ne furent que camouflets soufferts par Washington, infligés par le camp marxiste.


Surtout, l’incapacité à identifier le danger intégriste en Iran, danger qu’induisaient le « lâchage » du Shah et l’inaptitude à garantir une transition vers une authentique démocratie, eut les conséquences que l’on sait et qui valent 32 ans plus tard, au monde occidental globalement et à Israël en particulier, une évidente mise en péril.

 

La politique iranienne - ou plutôt son absence - de l’Administration CARTER gratifia de surcroît les Etats-Unis de la plus grande humiliation qu’ils subirent au XXème siècle : la prise d’otages perpétrée par les Gardiens de la Révolution Islamique, les Pasdarans, dans les locaux de leur ambassade de Téhéran, le 4 novembre 1979 ; une prise d’otages qui ne s’acheva que le 20 janvier 1981, soit le jour de… l’Inauguration du nouveau Président, Ronald REAGAN, celui-là même qui avait été élu pour réconcilier les Américains avec leurs valeurs traditionnelles et leur offrir l’image d’une force internationale un temps oubliée !

 

A la lumière de la crise égyptienne, n’apparaît-il pas que Barack OBAMA ait chaussé les souliers de Jimmy CARTER ? obama---carter--4-.jpegLe lâchage d’Hosni MOUBARAK, encore réaffirmé le 10 février au soir, ne rappelle-t-il pas, dans sa soudaineté, celui du Shah d’Iran ?

 

Poser la question est loin d’être démarche iconoclaste. OBAMA, à l’instar de l’ « homme de Plains », a pratiqué, dès les premières heures de son mandat, cette politique de la main tendue, cette fois en direction non plus de l’univers communiste dont ne subsistent que quelques fragments, mais à destination du monde islamique. Le discours prononcé à l’Université du Caire le 4 juin 2009, positivement salué par le plus grand nombre, l’atteste.

 

 

20 mois plus tard, l’on attend encore la cueillette des premiers fruits de ces innovantes semailles…

 

 

Le Shah d’Iran assurait, dans la zone du Golfe Persique et au-delà, un équilibre apprécié des relations internationales. Spécialement, le rapport qui existait entre Téhéran et Jérusalem contribuait à la sécurité de l’Etat d’Israël ; à l’instar de celui maintenu par MOUBARAK durant les presque trois décennies qui nous séparent aujourd’hui de l’assassinat d’Anouar El SADATE, co-architecte du traité de paix du 26 mars 1979, et ce malgré toutes les vicissitudes générées par le dossier palestinien.

 

 

Certes comparaison n’est pas, en toutes circonstances, raison. Mais qui peut sérieusement contester le fait que l’approche qui est celle d’OBAMA 2011 rappelle étrangement celle de CARTER 1979 ? obama---carter--1-.jpgque le souci de se démarquer drastiquement d’un régime iranien autoritaire mais stabilisant réapparaît dans celui de condamner un pouvoir égyptien aux mêmes vices et vertus ?

 

 

Cette focalisation ne doit pas faire oublier que l’Europe, hier la CEE, aujourd’hui l’UE ne s’est pas montrée et ne se montre pas mieux inspirée en ces deux moments cruciaux de l’histoire mondiale.

 

Qui a oublié les facilités - le mot est doux euphémisme- que la France de Valéry GISCARD D’ESTAING a accordées à l’ayatollah KHOMEINY à Neauphle-le-Château, durant les semaines qui ont précédé le retour triomphal de ce dernier à Téhéran ?

 

Il n’y a pas si longtemps, MOUBARAK était honoré par la Maison Blanche. GISCARD D’ESTAING skiait avec le Shah à Courchevel…

 

Concluons sur ce rapprochement par la mise en exergue d’une essentielle différence.

 

 

Il ne s’agit pas ici de souligner le fait que les Frère Musulmans d’Egypte ne sont pas la copie conforme du chiisme au pouvoir en Iran, ce que tout connaisseur du Proche et Moyen Orient perçoit. Il faut simplement rappeler que si l’intégrisme triomphe à terme sur les berges du Nil, il sera alors l’immédiat voisin de l’Etat d’Israël, avec un « fer de lance » gazaoui appelé Hamas, qui n’est que la version palestinienne de la confrérie égyptienne ; un « fer de lance » dont la Charte fondatrice de 1987 veut que toute terre qui a connu dans le passé la souveraineté musulmane ne puisse que redevenir terre d’Islam…

 

L’Iran, certes bientôt nucléarisé, est malgré tout plus éloigné. Jacques CHIRAC déclara un jour qu’avant que le premier vecteur de mort iranien ne soit propulsé vers Israël, Téhéran serait détruite. Pareille considération ne vaudrait pour une Egypte revisitée par le fondamentalisme.

 


 

Président France Israël Basse Normandie

D.C. BADACHE

 

Diffusion autorisée avec le nom de l'auteur ainsi que le lien du site 

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Published by France Israël Basse Normandie - dans Président
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