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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 00:57

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Pour arriver à une paix avec les Palestiniens, Israël a besoin de retourner en guerre contre le Hamas à Gaza, et d’en finir rapidement.

 

C’est l’opinion de Mossab Hassan Youssef, mieux connu comme le « Prince vert », fils d’un ancien chef du Hamas en Cisjordanie Sheikh Hassan Youssef.

 

Mossab Youssef, qui a été un agent du Shin Bet entre 1997 et 2007, est bien conscient de l’importance de ce qu’il dit.

 

« Je sais que pour beaucoup de gens, cela semble être une rhétorique dangereuse, une exhortation à la guerre, mais ma motivation c’est précisément le contraire. Je parle parce que vous ne pouvez pas faire face à cette réalité mis à part la fuir. »

 

« Vous ne pouvez pas vous réfugier dans des solutions temporaires. Le Hamas doit être déraciné une fois pour toutes, et c’est le moment idéal pour en finir avec le Hamas militairement dans la bande de Gaza. Plus Israël attend » a-t-il averti, « plus l’ennemi sera dangereux et la bataille difficile. C’est le moment de lancer une guerre contre le Hamas. »

 

Aujourd’hui basé aux États-Unis, Mossab Youssef est actuellement en visite en Israël, et je l’ai rencontré à Tel Aviv.

 

Il y a cinq ans, j’ai d’abord révélé qu’il était un agent du Shin Bet – et la source la plus fiable d’Israël, pour la prévention de nombreux attentats suicides et d’attaques, et de l’identification de cellules terroristes du Hamas.

 

Alors que nous nous sommes assis ensemble près de la plage de Tel Aviv, ses critiques de la politique du gouvernement israélien sont claires et franches.

 

« N’attendez pas l’été que le Hamas vous surprenne à nouveau, » lance-t-il.

 

« Frappez-les cet hiver quand ils ne sont pas prêts. Si vous pouvez résoudre le problème du Hamas à Gaza, cela ouvrira la voie à suivre en ce qui concerne les Palestiniens en Cisjordanie et Abou Mazen, qui est actuellement en train de reproduire les méthodes qui rappellent le temps de Yasser Arafat et de la deuxième Intifada. »

 

« Les gens qui jettent des pierres et des cocktails Molotov à Jérusalem, et mènent des attaques terroristes, pensent qu’Israël est faible. C’est justement maintenant qu’Israël a besoin de montrer sa force, » a-t-il insisté, « tout en agissant de façon responsable et en évitant les dommages causés aux civils parce que cela sert le Hamas ».

 

De l’avis de Mossab Youssef, « la politique d’avoir un cessez-le-feu avec le Hamas » depuis la guerre de l’été, et les accalmies entre les conflits précédents, « est fondamentalement mauvaise. Ces cessez-le-feu permettent au Hamas de reconstruire sa force, politiquement et militairement, » a-t-il noté.

 

Israël doit « réévaluer son approche », a-t-il assuré.

 

« Le Hamas n’est pas une organisation avec des impératifs politiques, agissant sur des intérêts politiques. C’est d’abord et avant tout un mouvement idéologique, et il peut n’y avoir aucune négociation ni compromission avec lui. Il ne peut être apaisé par le compromis diplomatique. »

 

« Les dirigeants israéliens ont trouvé ce qu’ils considèrent à tort comme une solution magique avec ces cessez-le-feu temporaires ce qui est effectivement un problème stratégique – face à une organisation terroriste très dangereuse. Le gouvernement israélien doit reconnaître son erreur et changer sa stratégie. Négocier avec le Hamas – via une tierce partie, ouvertement ou non, avec ou sans médiateurs – c’est une erreur. Vous ne faites juste que renforcer le Hamas et sa stratégie. » (...)

 

Il est devenu difficile de croire que c’est le jeune homme qui a dirigé le bureau du chef du Hamas en Cisjordanie.

Il essaie de garder un profil bas sur cette visite en Israël, mais sans grand succès… Il dit que les gens l’arrêtent dans la rue. « Tu es devenu une célébrité, » je lui dis !

 

Il me raconte que le propriétaire d’un restaurant à Tel Aviv, l’ayant reconnu, lui a demandé de venir manger dans son restaurant et, alors qu’il insistait, il lui a rétorqué qu’il n’avait tout simplement pas faim, dit le « Prince vert » avec un sourire.

 

Revenant sur la guerre, il ne recommande pas « une offensive terrestre majeure » à Gaza « parce que cela se jouerait tout simplement entre les mains du Hamas… »

 

« Israël ne devrait pas aller à Gaza. Il doit éviter ce piège. Il convient également de ne pas déclarer la guerre. Il doit tout simplement attaquer, faire saigner le Hamas, et le faire mourir. C’est leur stratégie et c’est ce qui permettra de les vaincre. Il doit y avoir un geste surprise, ciblant leurs échelons supérieurs. Et il doit y avoir une coopération avec l’Egypte, pour bloquer la contrebande dans la bande de Gaza, afin de couper les livraisons d’armes et de matériel pour la fabrication d’armes. »

 

Une fois que la coopération est en place, il faudrait « commencer une opération militaire, sans l’annoncer, en ciblant tout ce qui est relié au Hamas, sans frapper des cibles civiles. »

 

Sans doute le Hamas répondrait avec des tirs de roquettes.

 

Mais « pour combien de temps serait-il en mesure de continuer à tirer des roquettes sur Israël ? » a-t-il demandé.

 

« Si les frontières sont contrôlées, le Hamas finira par mourir et les Israéliens doivent le savoir. Pourtant, les Israéliens devront également faire preuve de beaucoup de patience. Ce ne sera pas une guerre impliquant uniquement les services israéliens de renseignement et l’armée israélienne, mais tout le monde ».

 

Sa voix résonne avec passion.

 

Et Mossab Youssef poursuit :

 

« Vous ne comprenez pas combien les habitants de Gaza n’aiment pas le Hamas, le détestent même, et le Hamas craint une lutte prolongée avec Israël, car il n’a pas une réelle capacité à rester ferme. C’est pourquoi l’effort doit être porté sur leur leadership et leur aile militaire. Faire de la vie de leurs chefs un enfer. Les faire sauter dans leurs maisons, dans les tunnels. Et je ne parle pas seulement des attaques aériennes. »

 

Si Israël suivait cette politique, a-t-il soutenu, « la communauté internationale ne viendrait pas s’opposer à Israël, et le soutien pour le Hamas à Gaza diminuerait. Dans le même temps, vous devriez fournir en permanence une aide humanitaire à Gaza afin que les gens là-bas sachent qu’il n’y a aucune intention de lutter contre le peuple palestinien, mais uniquement contre le Hamas. »

 

J’ai questionné Mosxab Yousef sur la troisième Intifada naissante, lui demandant s’il croyait qu’Israël devrait réouvrir des négociations avec Abbas.

 

« Les Israéliens doivent cesser d’avoir peur, et démontrer force et détermination, » a-t-il répondu.

 

« Et les résidents (arabes) de Jérusalem doivent se décider par rapport à l’endroit où ils veulent vivre, en Israël ou à l’extérieur. Ceux qui vivent ici doivent montrer leur loyauté. »

 

Quant à Abbas, a déclaré Mossab Yousef, « il n’est pas prêt pour les négociations à l’heure actuelle. Il répète les erreurs d’Arafat. Il manipule. Il sait qu’Israël n’est pas à blâmer pour la situation à Gaza et pourtant il continue de l’accuser. Mais il ne sera pas en mesure de toujours pouvoir contrôler la communauté internationale ».

 

D’ici quelques années, explique Mossab Youssef, « quand l’Etat islamique commencera à atteindre les gens en Europe, les Européens n’auront plus de patience pour ces attaques et cette duplicité, comme cela a été le cas avec Arafat après le 11 septembre 2001. Le monde libre comprendra qu’il est engagé dans une bataille contre des organisations idéologiques employant le terrorisme, et il changera son attitude envers les Palestiniens et Abbas. »

 

Mais jusque-là, il a répété, « Israël a besoin de mener à bien une opération en profondeur à Gaza, et ce faisant, de rendre clair pour Abbas qu’il s’agit de la bonne voie. C’est le chemin de la paix. »

 


 

 

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Avi Issacharoff,

 

 

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Avi Issacharoff est spécialiste du Moyen-Orient pour The Times of Israël. Il remplit le même rôle pour Walla, le portail leader d'infos en Israël. Il est régulièrement invité à la radio et à la télévision. Jusqu'en 2012, Avi était journaliste et commentateur des affaires arabes pour le journal Haaretz. Il enseigne l'histoire palestinienne moderne à l'Université de Tel Aviv et écrit actuellement un script pour une série d'action pour la télévision israélienne «Yes». Né à Jérusalem , Avi est diplômé de l'Université Ben Gourion avec une licence en études du Moyen-Orient. Il a ensuite obtenu sa maîtrise à l'Université de Tel Aviv sur le même sujet. Parlant couramment l'arabe, il a été correspondant pour la radio publique et a couvert le conflit israélo-palestinien, la guerre en Irak et l'actualité des pays arabes entre 2003 et 2006. Il a réalisé et monté des courts-métrages documentaires sur le Moyen Orient. En 2002, il a remporté le prix du "meilleur journaliste" de la radio israélienne, pour sa couverture de la deuxième Intifada. En 2004, il a co-écrit avec Amos Harel "La septième guerre. Comment nous avons gagné et perdu la guerre avec les Palestiniens ». Un an plus tard, le livre a remporté un prix de l'Institut d'études stratégiques pour la meilleure recherche sur les questions de sécurité en Israël en 2008. Issacharoff et Harel ont publié leur deuxième livre, intitulé " 34 Jours - L'histoire de la Deuxième Guerre du Liban", qui a remporté le même prix.

 

 


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Published by France Israël Basse Normandie - dans Israël
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