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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 18:14

  Ziv Nevo Kulman

 

Monsieur le Député-Maire, Président du Mémorial de Caen,

Madame le Recteur de l'Académie de Caen,

Monsieur le Président du Comité français pour Yad Vashem,

Monsieur le Délégué de Yad Vashem,

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

 

 

Il y a presque 66 ans, au printemps de 1945, comme l’écrivit André Malraux, « la vraie civilisation,… la part de l’homme que les camps ont voulu détruire » triomphait de la vraie barbarie.

 

Ce furent des jours de bonheur et de tristesse pour les survivants. Des milliers de leurs camarades avaient disparu et, au moment même où ils étaient libérés, beaucoup d’autres, emmenés par les SS, agonisaient sur les routes d’Allemagne, dans des « évacuations forcées » et des « marches de la mort » qui n’avaient pour but que de supprimer les témoins.

 

Aujourd’hui, nous sommes ici à Caen, ville martyre de la libération, au Mémorial consacré à l’histoire du XXe siècle.

 

C’est un lieu de mémoire de la guerre, la cité de l’histoire pour la paix, dont le fil conducteur est la réconciliation.

 

Le Mémorial de Caen dédie un espace très important à l’extermination des Juifs en Europe, et accueille chaque année des expositions commémorant la Shoah.

 

C’est dans cet endroit chargé d’histoire et de symboles que nous honorons ce matin les Justes parmi les Nations.

 

En janvier 2007, la France a rendu un vibrant hommage aux Justes parmi les Nations. Jacques Chirac, alors Président de la République, et Simone Veil, Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah ont introduit les Justes de France au cœur du Panthéon. Ces héros que l’on dit ordinaires ont enfin été reconnus.


Les Justes, au plus fort de la période sombrequ’avait connu la France, ont eu le courage de braver l’autorité au péril de leur vie et de celle de leur famille, en sauvant des Juifs. Ils l’ont fait avec toute leur âme, tout leur cœur. Certains y sont morts.

 

C’est vrai que les Justes considèrent ce qu’ils ont fait comme naturel, et qu’ils auraient même pu en faire davantage. Par leurs actes, ils n’ont pas seulement sauvé des innocents ; ils ont sauvé la dignité humaine, et surtout l’honneur de la France.


Dans le Talmud il est dit : « Quiconque sauve une âme sauve l’univers tout entier ».

 

Le peuple juif n’oublie pas.


Ni les bourreaux, ni leurs collaborateurs, ni ces Justes, êtres exceptionnels, lumières des nations.


Les Justes nous rappellent que le courage se trouve aussi chez des êtres ordinaires qui ont accompli des actes extraordinaires.


 

Pour la mémoire des morts sans sépultures, pour l’honneur des Justes parmi les Nations, et aussi pour préserver notre avenir, il nous incombe de perpétuer le souvenir de cette tragédie humaine.


La mémoire est indispensable à l’homme pour se construire dans le futur.

On ne bâtit rien sur l’oubli ou le mensonge.


 

La Shoah ne s’est pas produite par hasard. Avant les nazis, les populations juives ont subi des siècles de pogroms et d’humiliations. Il est étonnant que moins de 70 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, réapparaissent des propos à l’encontre des Juifs, qu’on croyait oubliés, propos qui peuvent avoir des conséquences. Le Ministère français de l’Intérieur a recensé 466 actes antisémites sur le sol français en 2010.


Et c’est pourquoi je me dois de répondre – de répondre à une attaque qui vient d’être proférée contre ceux-là même pour qui les Justes ont risqué leur vie.

 

Ici-même, il y a exactement 15 jours, à l’occasion de concours des avocats, le Prix du Mémorial et de la ville de Caen a récompensé une plaidoirie intitulée : « L’exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère » qui accuse des soldats israéliens d’avoir exécuté – exécuté un enfant dans le ventre de sa mère palestinienne.

 

Et je voudrais dire ici une chose grave, que je vais dire en tant que citoyen d’un pays démocratique s’adressant à des citoyens de la patrie des droits de l’homme : La liberté d’expression n’est pas la liberté de diffamation !

 

Chaque année 180,000 Palestiniens sont soignés dans les hôpitaux de mon pays. L’an dernier, Israël a même pris en charge l’hospitalisation de la fille du Ministre de l’Intérieur du Hamas, organisation qui appelle à la destruction de l’Etat d’Israël.

 

Je vous parlais de mémoire. N’oublions pas que tout le moyen-âge a persécuté les Juifs à partir d’accusations aussi obscurantistes.


N’avons-nous tiré aucune leçon du passé ? Avons-nous oublié les Justes ?

 

La Médaille des Justes parmi les Nations est la plus haute distinction de mon pays. Il ne s'agit ni d'une récompense, ni d'une décoration mais d'un témoignage de gratitude et de reconnaissance éternelles.

 

C’est avec un très grand honneur et une immense émotion que je la remets aujourd’hui au nom du peuple juif et de l’État d’Israël à Andrée et Emile PRESTAVOINE à titre posthume pour avoir sauvé la vie de Raymond GANOPOLSKI.

 

Chers Justes, nous vous sommes à jamais reconnaissants de ce que vous avez accompli au péril de votre vie.

 

C’est ce qui nous donne encore la force de croire en cette humanité.

 

Merci à vous du fond du cœur.

 

 

Ziv NEVO KULMAN

Conseiller Culturel

Ambassade d'Israël

 

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Published by France Israël Basse Normandie - dans Calvados
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