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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 09:12

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D.C. Badache

Président France Israël Basse Normandie

 

ET MAINTENANT ?

 

 

L’intitulé de cette communication n’est pas un hommage à Gilbert BECAUD… la question posée est induite par les résultats des législatives israéliennes du 22 janvier 2013.

 

Les électeurs ont donc choisi, à la surprise des observateurs, une fort timide continuité en gratifiant Benjamin NETANYAHOU d’une très courte « victoire » qui va le contraindre à un choix cornélien à l’heure de constituer une majorité devant le soutenir à la Knesset : ouverture au centre ou coalition avec l’extrême droite, chacune de ces deux options confinant à la quadrature du cercle… Leur option s’inscrit dans un cadre authentiquement démocratique qui apparaît toujours comme une quasi-exception dans l’environnement proche-oriental. Le « so called » printemps arabe semble en effet, dans les lieux de son éclosion, n’avoir induit que des processus confiscatoires du pouvoir conquis (Egypte voire Tunisie) ou des situations relevant de l’anarchie (Lybie)…

 

Par ses statuts, notre association n’a nullement vocation à s’immiscer dans la vie politique israélienne et porter sur celle-ci tels jugements de valeur. En revanche, chacun de ses membres, à commencer par son Président, jouit d’une liberté d’évocation et d’analyse des répercussions des consultations électorales sur les réalités régionales et internationales ; d’une liberté de s’interroger sur les lendemains du vote du 22 janvier dernier.

 

Il est peu vraisemblable que le Premier Ministre probablement reconduit s’éloigne de la ligne qui a été celle, jusqu’à ce jour, de sa gouvernance, spécialement s’agissant de la question palestinienne, ce quelle que soit l’alliance qu’il privilégiera. Certes le Président OBAMA, libre de tout souci de réélection dans quatre ans, aura « les mains libres » pour exercer de fortes pressions sur Benjamin NETANYAHOU et tenter de donner corps aux principes qu’il évoquait non sans solennité dans son célèbre discours prononcé au Caire le 4 juin 2009. Certes encore le choix de Chuck HAGEL comme Secrétaire à la Défense ne signifie pas la promotion, à la tête du Pentagone, d’un inconditionnel de la cause d’Israël, telle qu’entendue par le Likoud. Mais il ne faut pas négliger l’impact d’un Congrès qui, sur la colline du Capitole, reste dans une très large majorité acquis aux intérêts du Gouvernement de Jérusalem, tels que configurés par celui-ci.

 

Surtout, et nonobstant le volume de l’aide financière consentie annuellement par l’Oncle Sam, Israël, dans sa fibre même, n’a jamais considéré que la définition de sa politique pouvait être actée à Washington. Pour mémoire, rappelons la tension qui s’était révélée sous la présidence de George BUSH I, lorsque son Secrétaire à la Défense, James BAKER, avait conditionné la livraison d’armements au constat d’une adhésion du Gouvernement SHAMIR au canevas diplomatique élaboré par l’Administration américaine. La pression de l’époque avait fait long feu…

 

En conséquence, un infléchissement majeur n’est pas à envisager quelle que soit la proportion de « faucons » au sein de la future équipe gouvernementale. La ligne a toutes chances de rester celle de la concession d’un Etat palestinien « minimum », amputé de certains attributs de la souveraineté et territorialement morcelé, s’agissant du socle cisjordanien, du fait du maintien d’un nombre aujourd’hui indéterminé d’implantations…

 

Autant dire que l’Autorité Palestinienne en place à Ramallah persistera à opposer une fin de non-recevoir à cette approche et que subséquemment le « jusqu’auboutisme » du Hamas, au pouvoir dans la Bande de Gaza, se trouvera conforté, avec un risque évident de progression de ses thèses en Cisjordanie même… progression qui amplifiera la conviction des autorités israéliennes d’un refus palestinien de toute issue pacifique.

 

Certes le dossier du nucléaire iranien éclipsera encore pour un temps celui de la relation israélo-palestinienne, d’autant plus que l’accélération observée de la mise en service de centrifugeuses laisse penser que 2013 sera l’année de l’accession de la République Islamique à l’arme atomique. La menace existentielle, aussi réelle qu’imminente, primera légitimement sur une autre, plus sourde mais néanmoins effective : celle née d’une incapacité perdurante à aboutir à l’émergence d’un Etat palestinien évoluant aux côtés d’Israël dans un cadre conventionnel de coopération.

 

Le statu quo est irrecevable. Outre le fait qu’il engendrera une hostilité sans cesse grandissante, il condamnera le Gouvernement de Jérusalem à administrer des territoires à population majoritairement arabe, ce qui impliquera un rapport démographique réduisant la composante juive à un statut minoritaire dans l’espace global concerné. Cela signifierait rapidement la négation des fondements mêmes d’Israël : l’apartheid étant condamné par le Droit International et au-delà étant incompatible avec l’idéologie sioniste, la citoyenneté israélienne forcément accordée à terme aux ressortissants arabes ruinerait, du fait du simple jeu démocratique, la prévalence juive au sein de l’Etat.

 

Il n’est donc d’autre objectif réaliste que la finalisation d’un processus né à Oslo en 1993, en ignorant pour l’heure celui qui le refuse, à savoir le Hamas. Toute négociation suppose des concessions.

 

Celles-ci sont envisageables entre décideurs qui ont souscrit à l’engagement « norvégien » sus évoqué. Elles doivent être le fruit du courage et de l’imagination sans lesquelles il n’est de grande et noble politique. Quant au Hamas, confronté à un accord entre autorités de Jérusalem et de Ramallah, il ne lui resterait, dans l’hypothèse d’une non-renonciation à sa Charte de destruction d’Israël, qu’à édifier dans la Bande de Gaza un Emirat islamiste plus ou moins autiste, replié sur lui-même et internationalement déconsidéré du fait de son absolutisme.

 

Sauf à penser que « succursale » palestinienne des Frères Musulmans au pouvoir au Caire, il ne subisse l’influence tutélaire de ceux-ci, conscients de ce que l’encaissement du chèque américain annuel de 1.300.000.000 de dollars a ses exigences, dont celle de lui imposer reniement et intégration au processus de négociation…

 

 

D.C. BADACHE, Président France Israël Basse Normandie

 

(Diffusion autorisée avec le nom de la source ainsi que le lien du site) 

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Published by Association France Israël Basse Normandie - dans Président
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