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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 06:53

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(Diffusion autorisée avec le nom de la source ainsi que le lien du site) 

L’ETAT D’ISRAEL, ETAT JUIF ?

 

 

Chacun sait que la reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël est une condition « axiale » que formule Benjamin Netanyahou, lorsqu’il évoque une bonne fin des négociations avec les Palestiniens.

 

L’on comprend sans peine le souci du Premier Ministre : que soit pérennisé dans un océan arabe un ilôt juif que rien ne pourrait voir dénaturer. Seulement la réalité déjà vécue induit une difficulté qui n’est pas seulement d’ordre sémantique.

 

En effet, depuis sa création, l’Etat d’Israël n’a jamais abrité une population homogène. A côté de ses citoyens de confession juive, ont vécu et vivent des Arabes palestiniens, musulmans et chrétiens, ainsi qu’une communauté druze, soit autant de minorités représentant aujourd’hui environ 20 % de cette population.

 

Si Israël était un Etat par essence juif, cela signifierait qu’il aurait intégré, au moins implicitement, un apartheid qui ferait des précités des citoyens de seconde zone. Or tel n’est pas le cas. Ce n’est en aucune manière la volonté de la classe politique israélienne, et s’il est quelques « électrons libres » séduits par une structure discriminatoire, le droit international leur oppose un infranchissable barrage…

 

En fait, le souci est de préserver un leadership juif, reflet d’une majorité démographique que le processus de paix ne doit pas atteindre. En d’autres termes, il est une ligne non négociable pour le Gouvernement de Jérusalem : celle refusant la mise en œuvre d’un quelconque droit au retour des Palestiniens sur un territoire dont les limites ont été définies par les accords d’armistice conclus à Rhodes en 1949.

 

Au demeurant, une telle prétention se heurte tout à la fois à la dynamique de l’histoire et à l’équité devant imprégner le schéma final de paix.

 

La référence historique met en lumière la naissance de la problématique des réfugiés palestiniens. Sur les 700 000 personnes qui ont quitté maisons et terres en 1948, lors de la Guerre d’Indépendance d’Israël, une partie a délibérément suivi les exhortations des radios arabes périphériques, qui les appelaient à s’éloigner temporairement de la Palestine, le temps que les armées de libération « nettoient » le territoire de toute présence sioniste.

 

Une autre a subi la propagation de combats qui, selon un mode universel, induisent toujours par eux-mêmes des déplacements de population.

 

Exilés volontaires et exilés contraints : est-il possible, 64 ans plus tard, d’établir un distinguo entre les premiers qui seraient irrecevables dans une démarche tendant à leur voir reconnaître un droit au retour, et les seconds qui pourraient faire valoir quelque légitimité en ce sens ?

 

Poser la question, c’est y répondre ipso facto… par la négative, d’autant plus que l’UNRWA, instance onusienne en charge spécifique des réfugiés palestiniens, a pu cautionner une hérésie sans pareille : celle ayant consisté à conférer un caractère héréditaire au statut de réfugié, « curiosité » qui fait que par une reconnaissance du droit au retour, ce seraient près de 5 millions de Palestiniens qui frapperaient aujourd’hui aux portes d’Israël, tel que délimité à l’aube de la Guerre des Six Jours !

 

Sur un autre plan, l’équité veut que le droit en question ne soit pas consacré. Le partage de la terre acté le 29 novembre 1947 par la communauté internationale accordait aux uns et aux autres leur socle territorial, aux fins d’y établir leur souveraineté respective. Il a fallu attendre les Accords d’Oslo pour qu’au regard du droit le refus palestinien d’hier devienne acceptation du partage. En d’autres termes, les Palestiniens admettaient qu’ils allaient être, par un processus de négociation dont les étapes avaient été définies par lesdits Accords, dotés de leur Etat.

 

Cela ne pouvait que signifier que ceux qui vivaient hors de Cisjordanie et de la Bande de Gaza exerceraient leur droit au retour dans un pays qu’une histoire conflictuelle émaillée de refus et d’erreurs stratégiques avait redessiné, différent dans sa territorialité de celui que le plan de partage de 1947, originellement rejeté, avait conçu.

 

Raisonner autrement - et c’est là que l’iniquité serait avérée – aboutirait à la formation d’un « trio » d’Etats palestiniens : celui qui serait créé avec des décennies de retard, le royaume jordanien qui compte en son sein une majorité de Palestiniens (65 à 70 %) et… Israël, dont la population juive deviendrait rapidement minoritaire, du fait de l’afflux généré par l’exercice du droit au retour et de taux de natalité différenciés…

 

Pareille projection est indéfendable. De surcroît, ce droit au retour avait été « gommé » au moins en deux circonstances : d’abord en décembre 2000, lorsque l’Administration Clinton avait soumis à Ehud Barak et à Yasser Arafat ses quatre bases pour la paix finalement refusées par le second cité ; ensuite, lorsque les sociétés civiles israélienne et palestinienne se sont exprimées en novembre 2003 par l’Initiative de Genève et ont à leur tour défini les fondations de la coexistence pacifique de deux Etats.

 

En 1897, ayant eu la révélation, par l’Affaire Dreyfus, d’une équation qui voulait que dans la patrie des Droits de l’Homme, juif signifiât coupable, Théodore Hertzl publia « Der Judenstaat ». Le titre de l’ouvrage a été traduit en français avec inexactitude par « l’Etat Juif » et non par « l’Etat des Juifs », libellé qui aurait restitué la signification véhiculée par la langue allemande originelle.

 

Il y a plus qu’une nuance. Evoquer un « Etat Juif » exprime la conviction selon laquelle la nature même de cet Etat est juive, ce qui, ipso facto réduit celles et ceux qui ne sont pas de religion juive au rang d’éléments allogènes. Or il sera redit ici que depuis le 14 mai 1948, Musulmans, Druzes et Chrétiens ont obtenu la nationalité israélienne, en parfaite égalité de droits.

 

« L’Etat des Juifs » est expression recélant une autre teneur : celle qui veut que le peuple juif ait été légitime dans son aspiration à la création d’un Etat dans le cadre duquel il aurait vocation à exercer une souveraineté n’excluant pas l’octroi de sa citoyenneté à des groupes minoritaires. Depuis sa Déclaration d’Indépendance, c’est bel et bien un « Etat des Juifs » qui honore, dans un environnement demeurant jusqu’à ce jour largement hostile, les valeurs de la démocratie et la prévalence des Droits de l’Homme, tout en jouissant d’une souveraineté telle que précédemment évoquée.

 

Certains s’interrogeront : si un jour les 20 % d’Arabes que compte Israël deviennent 50 % plus 1, qu’adviendra-t-il ? Il sera rétorqué que sans reconnaissance du droit au retour, la perspective relève d’une hypothèse d’école. D’une part, le taux de natalité des Arabes israéliens n’est pas comparable à celui observé dans l’ensemble du monde arabe ; de l’autre il demeure sur notre planète une « réserve » de population juive susceptible d’opter pour une alyah…

 

La Knesset n’aura donc pas besoin de concevoir une loi d’inspiration chinoise imposant l’enfant unique…

 

 

 

Daniel-Charles BADACHE,

Président France Israël Basse Normandie

 


 (Diffusion autorisée avec le nom de la source ainsi que le lien du site) Association France Israël Basse Normandie

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