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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 09:37

Mahmoud Arqan

 

Maître Mahmoud ARQAN est avocat au Barreau de Hebron, Cisjordanie. Le dimanche 30 janvier 2011, il remporte le 22ème Concours International de Plaidoiries du Mémorial de Caen.

 

Depuis l’origine de cette manifestation, 10 avocats venus du monde entier, préalablement sélectionnés sur leur évocation écrite, défendent une cause ayant signifié une atteinte récente aux droits et libertés de la personne humaine, en tel ou tel point de la planète.

 

L’évènement est remarquable. Ce Concours est unique dans l’espace européen. Il contribue à la promotion de l’ « institution Mémorial », de la Ville de Caen et surtout, il offre de nécessaires sensibilisations de l’opinion publique.

 

Parmi les « compétiteurs » de l’édition 2011, apparaissait donc Mahmoud ARQAN, qui, par sa plaidoirie, dénonça « l’assassinat du fœtus dans les entrailles de la mère ».

 

De quels faits supposés négateurs des Droits de l’Homme s’agissait-il ?

 

Courant 2001, à un « check point » israélien de Cisjordanie, un couple palestinien se voyait retardé dans son cheminement vers un hôpital de Bethléem, où la femme devait accoucher.

 

Les tracasseries des militaires firent que la naissance de l’enfant survint audit « check point ». L’enfant décéda à son arrivée à hôpital…

 

La consécration de la plaidoirie de Maître ARQAN par un jury que présidait Jorge SEMPRUN et qui comptait notamment parmi ses membres éminents le Président d’ « Avocats sans Frontières » et le député-maire de Caen ne peut que révolter pour un ensemble de raisons :

 

-         la cause plaidée concerne des faits qui ne permettent pas d’établir un lien de causalité entre le comportement, certes regrettable, des militaires impliqués et le décès du bébé dont la viabilité était peut-être incertaine,

 

-         la cause plaidée l’a été en des termes qui, dans un périmètre de juristes avérés, aurait dû disqualifier son défenseur : un assassinat suppose une préméditation, absente des faits, et la mort a été constatée après la naissance ; « assassinat du fœtus dans les entrailles de la mère » : il est évident que par le verbe choisi, s’exprimait une volonté de diabolisation de l’Israélien, à l’instar de celle, hier, du Juif en certains recoins d’Europe Centrale, dans son mode de fabrication du pain azyme…

 

-         la cause plaidée vise des faits vieux d’une décennie, lors même que le principe du Concours appelle la mise en lumière de réalités appartenant à une actualité récente sinon immédiate,

 

-         la cause plaidée, pour la première fois dans l’histoire du Concours, a été l’occasion, au moment de la remise des prix, d’une exhibition du lauréat qui, se départissant de la symbolique de la robe qu’il portait, l’a drapée d’un bandeau avec impression du mot Palestine, aux couleurs de celle-ci, et d’un keffieh « immortalisé » par Yasser Arafat…

 

Le Concours International de Plaidoirie a donné le sentiment d’entrer dans une ère de dérive, celle allant d’une dédicace à la défense des Droits de l’Homme à l’ouverture d’un espace à une œuvre propagandiste.

 

Faut-il, au-delà de le déplorer, s’en étonner ?

 

En janvier 2008, j’avais conduit le Directeur du Mémorial, véritable « valeur ajoutée » de l’institution, vers mes contacts israéliens et palestiniens, à Jérusalem et Abu Dis, les professeurs Claude KLEIN et Anwar ABU EISHEH, aux fins d’organiser un colloque franco-israélo-palestinien sur le thème de « la Paix par le Droit », ébauche d’un « Triangle Universitaire de la Paix ». La manifestation eut lieu à Caen, le 3 juin suivant, avec la contribution appréciée du Mémorial.

 

A l’occasion de notre visite sur le campus palestinien d’Al Qods, avait été évoquée, toujours dans cette perspective, une exportation du Concours caennais à Abu Dis, ce dans le prolongement de la manifestation universitaire qui se voulait d’équilibre entre les causes concernées.

 

Or depuis 2009, le campus accueille annuellement une « compétition » d’avocats estampillée exclusivement palestinienne, étrangère à l’idéal initialement dessiné.

 

Où est l’ambition d’un Mémorial trait d’union naturel entre Israéliens et Palestiniens ? Vers quel horizon le Mémorial risque-t-il de glisser, en tolérant l’ostentation de couleurs nationales palestiniennes, aussi irrecevable que le serait celle du drapeau arborant l’étoile de David ?

 

Cela étant, qu’aucun amalgame ne soit fait au moment de cette indignation. La même institution s’est remarquablement dédiée, en revisitant ses parcours, à une évocation de la Shoah en tant qu’élément central des années noires, autrement plus consistante qu’elle le fut dans la scénographie originelle. Elle a également fait récemment place à la révélation de l’ampleur de la trop méconnue « Shoah par balles ».  Elle accueille périodiquement des cérémonies de consécrations de Justes, en coopération avec Yad Vashem.

 

Il n’empêche que si le droit des Palestiniens à la concrétisation étatique de leurs aspirations nationales doit être satisfait, si le Mémorial est fondé à se faire l’écho d’une telle légitimité, il importe dans le même temps qu’il veille à ce que ses murs ne soient pas l’habitacle d’une dénaturation de l’image de l’Etat d’Israël par des expressions propagandistes, fût-ce sous le couvert d’une robe d’avocat.

 

La situation dans le monde arabe, et particulièrement au Proche-Orient, est suffisamment chargée d’incertitudes  pour que la vigilance, face à toute tentative d’instrumentalisation du Mémorial, soit exemplaire.

 

 

Daniel-Charles BADACHE

Président de France - Israël  Basse Normandie

Daniel Charles BADACHE

Diffusion autorisée avec le nom de l'auteur ainsi que le lien du site

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Published by France Israël Basse Normandie - dans Président
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