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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 16:23

Daniel Charles BADACHE

 

Mahmoud Abbas, entre Hamas et Shoah ou la synthèse de deux évènements qui ont marqué le mois d’avril 2014…

 

D’une part, l’accord survenu entre l’Autorité Palestinienne de Ramallah et les « maîtres de Gaza » quant à une prochaine constitution du Gouvernement d’Union nationale ; de l’autre la dénonciation sans ambiguïté – en langues arabe et anglaise – de l’Holocauste comme crime le plus odieux de l’ère contemporaine.

 

Prétendre que ce dernier propos – qui reprend la teneur des messages antérieurement délivrés en ce sens, mais avec plus d’intensité – est dénué de sincérité et n’est que manœuvre interprétée dans le contexte de négociations israélo-palestiniennes en grande souffrance relèverait du procès d’intention.

 

En revanche, dénoncer une antinomie en l’état irréductible s’impose.

 

Référence sera faite à la Charte constitutive du Hamas, filiale palestinienne des Frères Musulmans égyptiens.

 

La fibre de ce texte fondateur n’est pas seulement antisioniste.

 

Si elle est arme manuscrite dirigée contre l’Etat d’Israël, dont le droit à l’existence se trouve exclu, elle est aussi vecteur de l’antisémitisme le plus traditionnel, celui qui a conduit précisément, à travers le temps et l’espace, à la Shoah.

 

La Charte en question pose, au nom d’un Islam entendu dans la radicalité, le principe selon lequel toute parcelle de terre qui a connu dans le passé la souveraineté islamique ne peut que revenir à celle-ci, au besoin par l’élimination violente de toute autre autorité qui exercerait une juridiction sur elle.

 

De surcroît la même Charte, digne pendant en terre d’Orient des Protocoles des Sages de Sion, concoctés en leurs temps par la police tsariste, dénonce un gouvernement mondial qui serait actionné par les communautés juives…

 

L’OLP, organisation nationaliste, pouvait revoir « à la baisse » ses ambitions territoriales sans se renier : ce qu’elle fit, en exécution des accords d’Oslo, en effaçant toute référence à la destruction de l’Etat d’Israël.

 

Un philosophe et homme politique français, Royer-Collard (1763-1845), a pu déclarer non sans pertinence que « les constitutions n’étaient pas des tentes dressées pour le sommeil », voulant ainsi signifier qu’elles étaient destinées à connaître, par des révisions appropriées, des mutations imposées par l’évolution de leur substrat économique et social.

 

Cela étant, pour ce qui est du Hamas, il ne s’agirait pas d’un simple besoin de « toilettage », mais d’une abrogation pure et simple de son acte fondateur, donc d’une disparition de ses instances…

 

A l’aune de ce constat, quel avenir prêter à ce futur gouvernement d’union nationale ?

 

Comment imagier qu’il puisse reprendre utilement avec Israël le fil de négociations que la seule Autorité Palestinienne, pourtant acquise au processus de paix, n’a su faire vivre, en raison d’un fossé déjà irréductible entre les positions des parties en présence et malgré le réel investissement du Secrétaire d’Etat américain, John Kerry ?

 

Les plus optimistes – ou ceux qui croient aux miracles – mettront en avant le fait que le Hamas a perdu deux atouts majeurs :

 

d’une part celui incarné par une Egypte qui fut placée l’espace de quelques mois sous la souveraineté des Frères Musulmans de l’ex-président Morsi,

 

d’autre part celui représenté par la Syrie « d’avant la guerre civile », c’est-à-dire d’une époque où la direction politique du Hamas, en la personne de Khaled Mechaal, était domiciliée à Damas et bénéficiait du soutien très actif d’un régime non encore internationalement discrédité…

 

Un Hamas qui semble aussi chroniquement contesté à l’intérieur de la Bande de Gaza, dont les habitants, déjà exposés aux conséquences d’un « enfermement » de ce territoire, supportent de moins en moins bien, pour une bonne part d’entre eux, les oukases réducteurs de liberté adoptés par le pouvoir local…

 

D’aucuns ont été convaincus qu’en 1992, Yasser Arafat a opté pour « la paix des braves » avec Israël – tels furent ses mots  - uniquement parce que les caisses de l’OLP étaient vides, du fait de la perte des subsides jusqu’alors versés par les monarchies pétrolières du Golfe, celles-ci ayant sanctionné l’organisation en raison du soutien qu’elle avait bien maladroitement assuré à Saddam Hussein, envahisseur de l’une d’entre elles, l’Emirat du Koweït…

 

Envisager qu’un Khaled Mechaal ou un Ismaïl Hanyeh soit susceptible d’annoncer ex abrupto que le Hamas s’engagera sur la voie de la reconnaissance du droit à l’existence de l’Etat d’Israël relèverait de la spéculation la plus insolite.

 

Patientons quelques semaines avant de vérifier à l’instar des tentatives de réunification précédentes, que celle-ci échouera en raison de deux conceptions inconciliables de la défense de la cause palestinienne.

 

 

Daniel-Charles BADACHE
Président France Israël Basse Normandie

France Israël Basse Normandie (83)

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Published by France Israël Basse Normandie - dans Président
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