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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 14:58

 

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OBAMA ACTE II : QUELLES CONSEQUENCES POUR ISRAËL ?

(Diffusion autorisée avec le nom de la source ainsi que le lien du site)

 

Il est un cheminement simple, ou plutôt simpliste, pour apporter réponse à cette question : celui consistant à pratiquer analyse du contenu et sémantique quantitative, pour évaluer le degré d’intensité que Barack Obama et Mitt Romney ont atteint, durant la récente campagne présidentielle, dans leur propos évoquant le futur de la relation américano-israélienne.

 

Même si celui qui a été réélu le 6 novembre dernier n’a en aucune manière laissé place à l’équivoque dans ses interventions, réaffirmant l’indéfectibilité de son soutien à la sécurité de l’Etat hébreu, il est certain que l’ « absolutisme » pro-israélien du candidat républicain était particulièrement séducteur pour celles et ceux qui placent Israël au faîte de leurs préoccupations.

 

Cela étant, il faut savoir raison garder, et rappeler quelques vérités incontournables.

 

En premier lieu, tout candidat à la Maison Blanche se doit d’enchanter l’électorat juif américain. Chacun sait qu’au-delà du nombre des ressortissants de cette communauté, c’est tout son impact économique et social qui en fait une « cible prioritaire » pour qui songe à prolonger par l’inscription de son nom sur la liste des Présidents qu’inaugura George Washington à la fin du XVIIIème siècle : la tentation de surenchère est donc une évidence…

 

En deuxième lieu, les Présidents républicains n’ont pas toujours été, dans l’exercice de leur mandat, des soutiens sans faille de l’Etat d’Israël. Certes, récemment, George W. Bush a globalement adhéré à une politique israélienne d’intransigeance à l’égard de la partie palestinienne, traduisant dans les faits l’inspiration d’un entourage néo-conservateur. Mais il a été malgré tout le premier locataire de la Maison Blanche à appeler au principe de la création d’un Etat palestinien lors de la Conférence d’Annapolis, à l’automne 2007…

 

Il sera rappelé qu’avant lui, Dwight Eisenhower, de concert avec Nikita Khroutchev, avait exigé à l’automne 1956 le retrait de Tsahal du Sinaï, occupé par les forces israéliennes lors de la campagne de Suez, et que surtout, jamais pression ne fut plus forte sur le Gouvernement de Jérusalem – celui d’Yitzhak Shamir – que celle exercée par l’Administration de George Bush père, et plus particulièrement par son Secrétaire d’Etat, James Baker, pour obtenir des concessions israéliennes. Ce fut la seule fois dans l’histoire de la relation entre les deux Etats qu’ouvertement, la partie américaine a lié le volume et les modalités de son assistance sur le plan militaire à la manifestation d’une certaine docilité israélienne…

 

Et n’oublions pas qu’au sortir de la Guerre du Kippour, tenant d’une politique d’équilibre, Henry Kissinger avait adressé à Golda Meïr, qui se réjouissait de la perspective d’accueillir à Jérusalem un Secrétaire d’Etat américain de sa propre confession, un télégramme « recadrant » ainsi libellé, en substance : « Sachez, Madame, que je suis d’abord américain, juif ensuite » (ce à quoi, avec un humour de bon aloi, la destinataire avait répondu, toujours en substance : « cela n’est pas grave, dans mon pays, nous lisons de droite à gauche ! ».


En troisième et dernier lieu, un retour sur le premier mandat de Barack Obama s’impose. A-t-il été nuisible, in globo, aux intérêts fondamentaux d’Israël ?

 

D’aucuns ont cru pouvoir fustiger le contenu du discours prononcé par le Président américain à l’Université du Caire, le 4 juin 2009, discours de main tendue au monde islamique, dans un refus d’une société internationale qui serait irrémédiablement promise au « choc des civilisations » identifié par Samuel Huntington, y voyant une rupture fatale de la politique de l’Oncle Sam qui avait privilégié jusque là la cause d’Israël.

 

Outre le fait que cette intervention au demeurant brillante n’a pas valu à Barack Obama un « retour » digne de son attente, notamment de la part de Téhéran – ce qui depuis l’a incité à une fermeté univoque à l’égard de la République Islamique – il n’y avait rien dans l’adresse à l’auditoire cairote qui préjudiciait aux intérêts israéliens. A la face du monde arabo-musulman, avait été réaffirmé que la légitimité de l’Etat né le 14 mai 1948 et les exigences de sa sécurité ne sauraient être privées de la garantie de Washington.

 

Au-delà, y a-t-il eu, à l’occasion – récurrente – de la poursuite des constructions immobilières dans les Territoires palestiniens, avalisée par le Gouvernement de Benjamin Netanyahu, choix par la Maison Blanche d’une quelconque ligne de rétorsion ? Les protestations diplomatiques n’ont été que celles d’usage, minimales, et n’ont induit aucune crise majeure entre les deux capitales concernées, ce d’autant plus que le Congrès américain avait réservé pas moins de 29 « standing ovations » au Premier Ministre israélien, lors de sa dernière visite au Capitole…

 

La crainte de certains réside dans la projection suivante. Barack Obama va entamer le 20 janvier 2013 un second – donc dernier, du fait de l’interdit établi par l’amendement constitutionnel de 1951 – mandat. Il n’aura donc pas a priori le souci de composer avec tel groupe de pression dont le soutien lui serait nécessaire s’il y avait, à terme, la perspective d’une troisième campagne électorale. Il pourrait donc faire fi des desiderata de l’AIPAC – l’American Israeli Public Affairs Committee –et ignorer son action de lobbying, forte du poids de plus de 100 000 adhérents affluents, et ainsi contribuer à la promotion d’un ordre international dans le cadre duquel l’Etat d’Israël pourrait être promis à un statut défini non sans le souci de la satisfaction des aspirations arabes les plus absolutistes…

 

Pareille esquisse, en l’état, ne peut être considérée que comme relevant du procès d’intention. Elle ne repose sur aucun élément tangible, si ce n’est le fait, pour une infime minorité quelque peu « sommaire » dans son approche, que le second prénom de l’actuel président est… Hussein !

 

Privilégions plutôt dans le pronostic que trop de liens profonds existent entre les deux nations. La société américaine voit dans le sionisme, son combat et son aboutissement étatique une sorte de réplique du « pionneer mind » qui a vivifié sa propre dynamique au cours de sa jeune histoire.

 

En outre, une analyse élémentaire intégrant toutes considérations géopolitiques et géostratégiques utiles, analyse à laquelle les gouvernements et gouvernants successifs à Washington ont procédé depuis si longtemps, rend irréductible cette relation spéciale USA-Israël. Sur quel autre partenaire fiable par sa stabilité pourraient s’appuyer les Etats-Unis au Proche Orient ? A l’aune des évènements qui affectent le monde arabe depuis maintenant près de deux ans, poser la question, c’est y répondre.

 

Ultime rappel : que les plus inquiets se remémorent le fait que le premier Secrétaire Général de la Maison Blanche sous l’ère Obama a été un certain Rahm Emanuel, sioniste éclairé, dont le père apparaissait, lors de ce choix essentiel à l’organisation du pouvoir exécutif fédéral, citoyen… israélien…

 

Daniel-Charles BADACHE,

Président France Israël Basse Normandie

Daniel Charles BADACHE

 


(Diffusion autorisée avec le nom de la source ainsi que le lien du site)

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Published by Association France Israël Basse Normandie - dans Président
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