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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 22:44

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Réponse à Michel Colomès,

éditorialiste au Point

Il n’est pas dans mes habitudes d’écrire une réponse aux articles parus dans la presse française, d’abord parce que je passerai mes journées à cela et surtout parce que la plupart des articles concernant Israël sont biaisés à la source.

Toutefois, dans le cas de l’éditorial de Michel Colomès, paru le 24 novembre 2014 sur le site du Point (pour lire l’article, cliquez ici), j’ai décidé de contrevenir à mes principes.

 

Peut-être parce que je n’ai pas senti dans ses propos la haine d’Israël habituelle.

 

Seulement un manque d’informations réelles ou pour le moins des informations reprises auprès de sources exprimant une opinion et non des faits.

 

Je reviendrai plus loin dans ce texte sur votre titre, racoleur à souhait mais si loin de la vérité.

 

Commençons par votre interrogation sur le projet de loi du gouvernement sur le caractère juif d’Israël dont vous affirmez qu’elle exclurait « des droits habituels des citoyens tout ceux qui ne bénéficient pas de cette judaïcité ».

 

Au deuxième paragraphe, vous enfoncez le clou :

 

« Et que seuls les juifs peuvent bénéficier de plein droit de la citoyenneté israélienne. Ce qui rejette dans un statut de citoyens de seconde zone environ 20 % de la population israélienne ».

 

Ces arguments sont ceux de ministres comme Tzipi Livni ou Yair Lapid ou de députés comme Ahmed Tibi ou Itzhak Herzog, pour ne citer que ceux là.

 

Mais tentons de considérer ce projet de loi de façon dépassionnée.

 

Il faut d’abord préciser qu’il y a trois projets : deux venant de députés et le troisième du Premier ministre, ce dernier n’étant pas encore finalisé.

 

A quelques détails près, ils ont tous la même trame.

 

Pour ne pas compliquer, prenons celui de Zeev Elkin, député Likoud.

 

 

Que dit le projet en substance ?

 

Qu’Israël est un état national juif.

 

Qu’Israël est un état démocratique.

 

Que la langue officielle du pays est l’hébreu.

 

Que le droit israélien est basé sur la loi juive.

 

Israël, état national juif : Vous devez comprendre qu’être juif n’est pas seulement lié à une religion mais aussi à la notion de peuple.

 

Il est important que tout le monde, tant les citoyens que l’opinion internationale, comprenne que cet état est celui du peuple juif.

 

Ceci n’empêche aucunement des non-juifs d’y vivre et d’acquérir la nationalité israélienne si les critères sont remplis.

 

Il en est de même en France où la nationalité n’est pas obtenue si facilement que l’on pourrait le penser.

 

J’attire par ailleurs votre attention sur la notion « d’identité nationale » débattue en France et pas seulement par des partis extrémistes.

 

N’est-il pas naturel qu’un pays, un peuple, veuille conserver ses traditions, sa culture, sa religion, sa langue ?…

 

Les exemples ne manquent pas dans le monde sur ce sujet et je ne vois pas pourquoi Israël n’aurait pas ce droit souverain.

 

Etat démocratique : une fois le postulat précédent établi, la loi israélienne accorde des droits identiques à tous ses citoyens.

 

Oui la démocratie prévaut en Israël et ceux qui disent le contraire se trompent fortement.

 

Donc, dire que cette loi fera de 20 % de la population des citoyens de seconde zone est totalement erroné.

 

Nous disposons d’un système judiciaire performant et d’une Haute Cour de justice devant laquelle toute personne qui subirait des discriminations peut présenter son cas.

 

C’est déjà arrivé et cela arrivera encore.

 

D’autre part, je constate que vous êtes focalisé sur la population arabe qui « risque de perdre ses droits ».

 

Je m’étonne que vous fassiez abstraction des centaines de milliers d’immigrants issus de l’ex-URSS qui pour la plupart ne sont pas Juifs au regard de la législation religieuse, des Chrétiens vivant en Israël, des Druzes et j’en passe…

 

Concernant les deux derniers points, je me contenterai de vous rappeler qu’en France, le gouvernement précédent avait souhaité imposer le parler et la compréhension de la langue française pour l’obtention d’un permis de séjour, si je ne me trompe pas.

 

Quel est le pays au monde qui a plusieurs langues nationales ?

 

N’est-il pas naturel que la langue officielle d’Israël soit l’hébreu comme celle de la France le français ?

 

Et si vous me dites qu’il y a près de deux millions d’Arabes en Israël et que donc… je vous répondrai qu’il y a presque autant d’immigrants issus de l’ex-URSS et que ce n’est pas pour autant que le russe va devenir une langue nationale.

 

Et bien sûr, cela n’empêche personne de parler russe, français, anglais, chinois, espagnol, arabe, portugais, etc. dans les rues d’Israël.

 

Quant à la législation, cela tombe tellement sous le sens que je ne chercherai pas à argumenter.

 

Mais continuons… 3e paragraphe de votre texte :

 

 » cette proposition de loi est, pour Netanyahou, une manière de rejeter un peu plus les Palestiniens, qu’ils soient de Gaza ou arabes israéliens vivant sur le territoire d’Israël, hors de la communauté du pays ».

 

Pour votre information, Gaza ne fait pas partie d’Israël mais de l’Autorité Palestinienne.

 

Pour tout problème d’identité de cette population, veuillez adresser vos remarques à M. Mahmoud Abbas.

 

Concernant les Arabes Israéliens, ils sont citoyens du pays et bénéficient à ce titre des droits mais aussi des devoirs au même titre que n’importe quel autre citoyen israélien, sans distinction de religion, de race, d’origine…

 

Encore une fois, cette loi ne retirera pas la citoyenneté à ceux qui en bénéficient aujourd’hui et je le répète les infrastructures démocratiques d’Israël sont là pour protéger les droits de tous les citoyens.

 

Elle pose des critères pour ceux qui voudraient devenir dans le futur des citoyens de ce pays.

 

Je me permettrai d’ajouter un mot sur la population vivant à Jérusalem Est.

 

Pour votre information, ces personnes bénéficient d’un statut de résident permanent.

 

Ce statut leur permet de recevoir les allocations familiales, la protection santé, l’accès au système éducatif et le droit de vote aux élections municipales (ce qui n’est pas le cas en France…).

 

Il y a une libre circulation des personnes et des biens à Jérusalem Est (aucun point de passage ni de contrôle).

 

Je ne crois pas que ces personnes aient moins de droit que les étrangers en France qui ont un permis de séjour temporaire.

 

Certes, vous pourriez arguer que les Arabes de Jérusalem Est n’ont pas de nationalité et je vous répondrais que ce point sera solutionné quand la solution de deux états vivant en paix côte à côte sera réglée.

 

En attendant, même si tout n’est pas parfait, ils ont une qualité de vie bien supérieure à leurs ‘frères palestiniens’ résidant au sein de l’Autorité Palestinienne.

 

Une réalité qui ne peut être remise en cause.

 

Passons à présent au dernier paragraphe qui développe l’idée émise dans le titre de votre article.

 

Israël pays apartheid ?

 

Cher monsieur, je vous sais assez érudit et surtout intelligent pour ne pas tomber dans ce piège, ce qui est arrivé à mon grand regret.

 

Dans quel pays ‘apartheid’ les citoyens ont-ils le droit de vote ?

 

Avez-vous visité un dispensaire ou un hôpital israélien ?

 

Y avez-vous vu des lits pour Arabes et des lits pour juifs ?

 

Les malades ne mangent-ils pas tous la même nourriture (détestable je vous le concède mais c’est un phénomène récurant dans le monde entier) ?

 

Avez-vous vu des bus réservés aux Juifs et d’autres aux Arabes ?

 

Les Arabes ne travaillent-ils pas dans toutes les structures de la société (organismes gouvernementaux, hôpitaux, industrie, hôtellerie…), ne sont-ils pas admis dans les universités ?

 

La liste est trop longue pour être énumérée ici mais vous m’accorderez que toute personne honnête ne peut parler d’apartheid en parlant d’Israël.

 

Alors oui, M. Colomès, Israël n’est pas le pays des Bisounours, oui il y a des problèmes avec les minorités mais qui n’en a pas (la France est d’ailleurs loin d’être un modèle du genre en la matière), oui beaucoup de choses doivent être améliorée dans ce pays qui je vous le rappelle n’a que 66 ans.

 

Mais ne vous trompez pas de cible, je vous en conjure.

 

La démocratie israélienne est la garante de ses institutions et du droit de ses citoyens.

 

Ce n’est pas le cas partout, c’est de notoriété publique.

 

Monsieur Colomès, ne nous refusez pas le droit d’affirmer notre statut de peuple au prétexte de bafouer la démocratie et le droit de nos citoyens.

 

Sachez que ce sont les citoyens d’Israël qui ont construit leurs propres règles démocratiques et si certains d’entre eux venaient à penser que leurs droits sont bafoués, qu’ils le fassent savoir dans les urnes.

 

C’est le seul outil démocratique en vigueur pour faire entendre sa voix.

 

Pour le reste, nous n’avons aucune leçon à recevoir de personne car nous sommes un pays démocratique et souverain.

 

Pour finir, nous accepterions peut-être les remontrances de l’opinion internationale quand celle-ci aura donné un cours de démocratie appliquée à M. Poutine, lui imposant de restituer la Crimée à l’Ukraine pour ne citer que lui car les exemples sont nombreux.

 

 

 

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Michel Azoulay,

 

 

thetimesofisrael-fr

 

 

 

 

 

 

Michel Azoulay a été rédacteur en chef du Jérusalem Post en Français puis directeur de la rédaction de Guysen TV. Il est aujourd'hui directeur pour la France de The Face of Israël

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Published by France Israël Basse Normandie - dans France
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