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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 16:38

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Deux évènements viennent de laisser penser à certains que nous assistons à un tournant dans les relations entre Washington et Jérusalem.

 

D’une part le Secrétaire d’Etat John Kerry n’a pas dissimulé son agacement, consécutif à l’annonce par le Ministre du Logement du Gouvernement Netanyahou d’un programme additionnel de construction de logements à Jérusalem Est et en Cisjordanie. « Voulez-vous une troisième Intifada ? » a-t-il questionné en substance…

 

D’autre part, les négociations de Genève sur le nucléaire iranien ont révélé que l’Administration Obama, à la différence du Ministre des Affaires Etrangères français, Laurent Fabius, a manifesté, au moins dans un premier temps, un réel empressement à voir finaliser un accord que certaines fuites laissaient apparaître comme préjudiciable aux intérêts existentiels d’Israël.

 

Même si une « pause » de quelques jours a été décidée dans le cadre de cette avancée diplomatique, n’en demeure pas moins, de la part de la Maison Blanche, une approche de ce dossier identifiée dans sa relative singularité.

 

Pour autant, pouvons nous affirmer qu’il y a bel et bien « tournant » ? Il convient d’éviter en l’état toute dramatisation, et ce pour les raisons suivantes :

 

  •  ce n’est pas la première fois que les relations américano-israéliennes subissent quelque secousse ayant pu induire un questionnement de fond. Il faut se remémorer, à l’aube des années 90, le heurt frontal entre l’Administration Bush I, plus particulièrement son Secrétaire d’Etat Baker, et le Gouvernement Shamir dont la rigidité avait provoqué la formulation d’une menace de reconsidération de l’aide US à Israël,

 

  •  force est ensuite d’admettre que dans le contexte d’une reprise délicate, depuis trois mois maintenant, du processus diplomatique israélo-palestinien, l’annonce du programme de construction susévoqué était à tout le moins incongrue. Benjamin Netanyahou  lui-même n’a-t-il pas, le 12 novembre dernier, fustigé son Ministre du Logement, sinon pour le contenu du projet, du moins pour la publicité qui lui a été donnée, le Premier Ministre allant d’ailleurs jusqu’à annuler l’ensemble de cette nouvelle programmation immobilière ?

 

Que Washington ait manifesté quelque mauvaise humeur, après le lourd investissement de John Kerry dans la reprise de la négociation entre Jérusalem et Ramallah est fort compréhensible…

 

  •  s’agissant du nucléaire iranien, il n’est pas douteux que Barak Obama est particulièrement las des guerres menées en terres musulmanes, quelles qu’aient été leurs justifications. Après l’Afghanistan et l’Irak, de nouvelles initiatives militaires lui semblaient et lui semblent proscrites : la « reculade syrienne » est encore très fraîche dans les mémoires !

 

Quant à l’Iran, la tentation est grande, pour un Président américain qui ne sera pas concerné par les exigences d’une nouvelle candidature en 2016, d’être celui qui aura permis, non sans prise de risques, une spectaculaire réconciliation entre le régime des mollahs et la démocratie chère à l’Oncle Sam.

 

En d’autres termes, le locataire de la Maison Blanche serait séduit d’être dans son rapport au Guide Suprême iranien Ali Khamenei ce que fut, 41 années plus tôt, Richard Nixon dans sa relation au Grand Timonier Mao Tse Toung…

 

Toujours à propos de ce dossier, il importe de ne pas négliger une réalité constitutionnelle et politique. La levée des sanctions américaines prononcées contre Téhéran suppose l’aval d’un Congrès dont l’on sait le soutien indéfectible à Israël. Nul doute que la machine bien huilée du lobbying traditionnel assurera la fonction, en tant que de besoin, de soupape de sûreté…

 

  • enfin, le conjoncturel pourra toujours, ponctuellement et superficiellement, écorner le structurel. Mais il ne saurait le défaire. Le lien entre Etats-Unis et Israël a de profondes racines. La société d’outre-Atlantique, dans sa globalité, perçoit l’Etat hébreu comme le reflet de sa propre épopée : le « pioneer mind », l’esprit pionnier qui véhicule entre Atlantique et Pacifique, comme entre Méditerranée et Jourdain, un attachement à des valeurs identiques.

 

Le rappeler n’est pas minoration de l’incidence d’intérêts stratégiques qui font d’Israël le seul allié de fiabilité absolue dans un environnement géographique traversé par des « printemps arabes » qui ont fait l’économie de la saison estivale pour devenir, directement, des « automnes » voire des « hivers » islamistes…

 

Daniel Charles BADACHE

  D.C. BADACHE

Président Alliance France Israël

Basse Normandie,

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Published by Alliance France Israël Basse Normandie - dans Président
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