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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 00:20

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Le monde tourne à l’envers.

 

Je ne trouve pas d’autres mots pour décrire la réaction des médias de ces derniers jours à l’attentat dans une synagogue à Jérusalem, où l’on victimise les meurtriers et où l’on nie les morts, ainsi que la souffrance des familles, des amis, de tout un peuple.

 

La chaîne allemande ZDF a commencé son reportage avec une interview des parents des Palestiniens meurtriers, en larmes pour leurs enfants tués.

 

I-télé d’hier titrait avec son bandeau :

 

« les 2 terroristes abattus étaient des pères de plusieurs enfants »

 

et CNN annonçait : 

 

« 4 Israelis, 2 Palestinians killed in synagogue attack ».

 

On ne dit rien sur les victimes tuées dans la synagogue qui étaient pères de 25 enfants à eux cinq.

 

Le lendemain de l’attentat, BFM TV écrivait sur son bandeau en bas de l’écran le message ci-dessous sur la photographie.

 

 bfmtv.jpg

 

Cette asymétrie dans les médias entre les victimes et les bourreaux pose un problème majeur, car elle renverse nos valeurs morales.

 

Nous nous perdons, nous ne savons plus où se situe le bien du mal.

 

La fascination pour le meurtrier, le « méchant héros », n’est pas nouvelle.

 

Elle se retrouve dans la culturelle populaire et cinématographique, passée comme présente.

 

Cet attrait s’est déplacé dans les médias où le « loup solitaire » (pas si seul, mais quand même tueur) est victimisé.

 

Du reste, si ce n’est pas lui la victime, alors cela sera un des siens.

 

Au nom du culte du « Palestinien-victime », on légitime ces titres médiatiques, l’antisionisme aidant.

 

Le retour d’un antisémitisme – patent ou latent – donne peut être une explication à ce renversement victimes/bourreaux ?

 

Toutefois au-delà du conflit israélo-palestinien, au-delà d’un fait juif, il me semble qu’il traduit une grave perte du sens commun.

 

Dans un article nommé « Consentir », Patrice Loraux cherche à comprendre la légitimité accordée aux négationnistes dans l’espace public :

 

« Un malaise a été introduit dans la sensibilité commune ».


P. Loraux l’explique :

 

il nous faut « consentir à ce que les négationnistes puissent impressionner, comme ils l’escomptent bien ».

 

Néanmoins, montrer que le but essentiel des négationnistes est « de perturber en nous, communauté, le moment pertinent du consentir », est un combat indispensable qui nous permet de retrouver nos valeurs.

 

Le malaise négationniste est présent ici à l’identique avec ce renversement de rôle : nous, téléspectateurs mondiaux, nous ne pouvons que le subir.

 

Le dommage est fait, les excuses ou les corrections arriveront trop tard.

 

Les vraies victimes ont été bafouées.

 

 Toutefois, le combat difficile pour rétablir les responsabilités de chacun est nécessaire, car il en va du bien-vivre-ensemble, et seul ce ressenti en commun permettra de retirer toute manipulation.

 

 

 

Stephanie-share.jpgStéphanie Share,

 

 

thetimesofisrael-fr







Stephanie Courouble Share, née en 1971, est une historienne française et israélienne, spécialiste du négationnisme, chercheure associée à l'Institut d'histoire du temps présent IHTP-CNRS, Paris, France et The Institute for the Study of Global Antisemitism and Policy (ISGAP), New York, USA. Elle intervient sur le négationnisme à l’École Internationale pour l'enseignement de la Shoah, Yad Vashem, et travaille à la publication d'un ouvrage sur le négationnisme international et les réactions de différents pays dans l’espace public

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Published by France Israël Basse Normandie - dans Israël
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