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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 21:43

Commemoration-vel-d-hiv--justes-des-nations-2014--3-.JPG

Discours présenté par Mr Jacques MERGY le 20 juillet 2014 

de l'ACI et AFIBN

pour la cérémonie de commémoration

 de la Rafle du Vel d’hiv’ le 17 juillet 1942

 

Commémoration vel d hiv, justes des nations 2014 (16)


Commemoration-vel-d-hiv--justes-des-nations-2014--6-.JPG      Commémoration vel d hiv, justes des nations 2014 (5)

 

 

Monsieur le Préfet,

Monsieur le Maire,

Monsieur le Procureur  Général du Tribunal de Grande Instance,

Madame le Procureur de la République,

Monsieur le Président de la Cour d’Appel,

Monsieur le Président du Tribunal Administratif,

Messieurs les représentants des autorités religieuses,

Monsieur  Rabbin Meyer Malka,

Le Père Signargout représentant Monseigneur Boulanger de l'église catholique,

 Le Prêtre Jean Drancourt de l’église orthodoxe .

Mesdames et Messieurs le Présidents des Associations des Déportés,

Mesdames et Messieurs les Présidents d’Associations et d’Institution,

Mesdames…Messieurs,

 

 

Il fait une chaleur étouffante à Paris ce vendredi 17 juillet 1942, les bords de Seine sont irradiés d’un soleil éclatant, le bleu du ciel est une invitation au farniente. Les congés payés sont une invention récente et il flotte comme un air de vacances dans ce quartier du 15ème arrondissement, à deux pas de la Tour Eiffel.

 

Des badauds plaisantent avec l’occupant.

 

On en oublierait presque les horreurs de la guerre s’il n’y avait cette immense cohorte d’autobus à plate-forme stationnés le long de la rue Nélaton qui, depuis l’aurore, déversent leurs « cargaisons » de Juifs étrangers raflés aux quatre coins de la capitale. Une masse de parents hirsutes, livides, apeurés, avec un bagage dérisoire dans une main, et de l’autre, agrippant des enfants affolés, encore sous le choc d’un réveil brutal, vers 3 heures du matin. 


Ce sont 4500 policiers français qui sans état d’âme,   encadrent la rafle de ces « exclus de la nation » en respectant scrupuleusement les instructions du directeur de la police municipale de Paris :  

 

« Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l'identité des Juifs qu'ils ont mission d'arrêter, n'ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux […]. Ils n'ont pas à discuter non plus sur leur état de santé […].     Les opérations doivent être effectuées  avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire ».


Direction le Vélodrome d’hiver, haut lieu des festivités sportives d’avant-guerre, où résonnent encore les vivats endiablés de la foule des grands jours : courses cyclistes échevelées, matches de boxe avec les stars mondiales de la discipline… 

 

Mais en ce vendredi 17 juillet 1942 la programmation a changé : le lieu de plaisirs devient un  lieu de honte, le palais des délices urbains se transforme en antichambre de la mort.

 

Sous une verrière immense accentuant l’effet de la canicule, le Vel’ d’Hiv’ va devenir un caravansérail infernal pour 12 352 personnes raflés sur le seul critère de leurs origines juives, assumées ou non : 3118 hommes, 5119 femmes et 4115 enfants, foule composite où se mêlent valides et éclopés, accents yiddish, polonais, russes, cris d’enfants mal réveillés, et silences de vieillards hébétés.

 

Beaucoup d’entre eux sont endimanchés, par respect pour la France qui les a « accueillis », ils ont en partage ce port altier anachronique et cette dignité incongrue qui leur viennent du fond des âges, une façon de rester debout pour défier l’adversité, comme s’ils avaient tout vu, tout connu, le pire et le meilleur, surtout le pire, et que rien ne pouvait plus atteindre ces protagonistes d’une tragédie en 3 actes : Paris, Drancy…. Auschwitz, dont les scénaristes diaboliques ont su entretenir le suspense avec une cruauté savante, allant jusqu’à laisser aux acteurs du drame une part d’improvisation, dont ce courrier, écrit à la hâte :


« Cher papa, on nous amène au Vélodrome d’hiver, mais faut pas nous écrire maintenant parce que c’est pas sûr qu’on restera là. Je t’embrasse bien fort et maman aussi. Ta petite fille qui pense toujours à toi. MARIE ». 

 

Ou cette autre :  

 

« Mon chéri, je suis au commissariat, viens vite  me rejoindre.  »

 

Derrière la grande Histoire, des petites histoires par milliers, derrière le poids de la Mémoire collective, la vie singulière et spasmodique de ces millions d’êtres dont chacun constitue un univers infini qu’il nous faut tenter de ressusciter un à un.


Par de là les milliers de victimes de la rafle, par de là le nombre et les statistiques, il y a d’abord et avant tout des vies individuelles et irréductibles, des noms ineffaçables : Jacob, Esther, Shlomo, Feivel, Hanna, Rachel, Simon…, qui résonnent comme autant de plaidoyers glorieux pour ces français non-juifs qui ont risqué leur vie pour les sauver, et comme autant de réquisitoires accablants pour leurs délateurs et pour leurs bourreaux.


Comment concevoir l’œuvre de mémoire sans la compassion authentique et fervente, sans l’identification charnelle aux victimes ! 

  • ·    L’homme ou la femme entraînée vers le supplice n’est rien d’autre que mon double aujourd’hui en 2014,
  • ·    l’enfant arraché à sa mère ressemble tellement à mon enfant,
  • ·     ce père est mon père,
  • ·     cette mère est ma mère,
  • ·     cette sœur est ma sœur,
  • ·     ce frère n’est-il pas le sosie de mon frère ?

 C’est ma chair, mon sang, je leur fais face, je vois leurs yeux qui implorent, leurs mains qui s’agrippent aux miennes, leurs ongles qui pénètrent ma peau, leurs cris qui percent mes oreilles. Ils n’appartiennent pas à l’histoire ancienne, ni à la poussière des archives d’une douleur révolue : je les reconnais, ils me sont si familiers, si contemporains, ce sont eux, aujourd’hui, dans un temps de paix et d’opulence, qu’il me faut imaginer arrachés sous mes yeux à mon amour viscéral par ce policier qui ne fait que son boulot, impatient et autoritaire certes, mais aux manières tellement urbaines.


Honneur soit rendu aux participants à cette cérémonie qui, aujourd’hui encore, surmontent la tentation de la lassitude pour redonner chair et souffle de vie, l’espace d’un moment, aux milliers d’âmes envolées dans un autre monde forcément meilleur.


Honneur à la République française qui, depuis le discours historique du président Jacques Chirac en 1995, a eu le courage de faire face à son histoire récente, la grandeur de donner un nom à l’innommable, la lucidité de reconnaître l’indignité d’un gouvernement d’abord complice puis zélé, la force de dénoncer l’indifférence et la soumission d’une partie de cette génération, la témérité de refuser l’absolution à tous ceux qui ont commis l’offense suprême envers l’humanité de l’homme.

 

Voici les paroles du président Jacques Chirac : «  Ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français.

 

Honneur au président François Hollande qui lui aussi a su trouver les mots pour dire que « ce crime fut commis en France, par la France » et… ce crime « fut aussi un crime contre la France, une trahison de ses valeurs ».


Honneur aux derniers témoins venus de cet autre monde, de cet autre temps pour attester que cela a bel et bien existé, faisant ainsi écho aux négationnistes refusant de croire que l’assassinat à l’échelle industrielle, conçu et ordonné par la nation la plus savante de cette sombre époque, est une chose tellement impensable, que certains individus n’ont pas la capacité intellectuelle de la concevoir, de l’imaginer, et même d’y croire, comme si la Shoah devenait l’objet d’un acte de foi impossible ou incommensurable.


Récemment, l’Ouest France du 16 juillet 2014, relate la Rafle du Vel’ d’Hiv par le témoignage d’Annette Fruchtmann Meneval. Elle avait 9 ans et sa mère était enceinte de 5 mois quand la police est venue les chercher. Elle souligne l’enfer de chaleur, de poussière, de clameurs et de cris.


Avant de clore mon propos, nous n’oublions pas tous ceux qui, au péril de leur vie  et de celle de  leurs proches, ont œuvré pour sauver ces vies humaines, surtout les enfants, que ce soient  les institutions religieuses, ou les familles, et ceci sur …tout le territoire français.


 Nous rendons hommage aujourd’hui aux Justes de France, très chaleureusement, et avec un profond respect.

 


Commemoration-vel-d-hiv--justes-des-nations-2014--19-.JPG


  Commemoration-vel-d-hiv--justes-des-nations-2014--21-.JPG   Commemoration-vel-d-hiv--justes-des-nations-2014--22-.JPG


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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 16:16

reconnaissance-et-respect.jpg

logos associatifs

thetimesofisrael-frtribune juive infole monde juif infoAFIBN 14 24 MEMOIRE HISTORIQUE CAEN

 

mémoire des juifs américains tombés

MediaGlobal

 

 

Depuis mai, beaucoup de commémorations célébrant le débarquement dans le Calvados ont ponctué le département de reconnaissance envers tous ces soldats, pour la plupart très jeune, permettant de recouvrer liberté et vie face à l’occupation nazie.

 

De Caen à Douvres la Délivrande, de Pegasus Bridge à Merville Franceville, d’Arromanches à Colleville sur Mer, de Sainte Mère l’Eglise à la pointe du Hoc, toute la côte a pu revivre comme chaque année l’importance d’honorer la mémoire de ces hommes et remercier les vétérans venu d’Angleterre, d’Australie,  Belgique, Canada, Etats-Unis, France, Nouvelle Zélande, Pologne.

 

Parmi tous ces moments forts, on ne pouvait également que se réjouir qu’après les héros du Commando Kieffer inaugurée seulement depuis près d'une vingtaine d’années, enfin les Indiens eurent droit à ce devoir d’honneur et chaleureux remerciement, tout comme les civils morts durant le D-Day.

 

Nous n’oublions pas ces résistants exécutés à la Maison d’Arrêt de Caen, si près, si proche de la liberté.

 

bernard duval

 

Combien nous nous associons à ceux aujourd’hui encore avec nous, à Mr Duval Bernard, notamment, homme emprunt d’une grandeur d’âme appelant humilité et respect.

 

 

colleville-sur-mer-3.jpg

(Crédit Centre Yad Deauville)

 

Mais également, avec émotion profonde, c’est le bonheur de voir nombres de personnes, tant à travers la Communauté Juive que ne l’étant pas, être présents pour honorer la mémoire de ces soldats Juifs tombés avec honneur pour nous avec leurs frères d’armes et de cœurs.

 

commemoration-juifs-colleville-sur-mer.jpg

Bonheur qu’au-delà de l’esprit républicain, (parce qu’il faut parfois écarter certains mots sciemment pour ne laisser place qu’à la nature propre de la conscience véritable), le Maire de Caen, Mr Joël Bruneau en tant que citoyen et être humain surtout, était présent pour saluer le courage et l’abnégation offerte pour que tout enfant, femme et homme, recouvre quelle que soit la fierté saine de sa couleur de peau ou d’origine,  la dignité salie et perdue par la dictature destructrice de cette période noire.

 

 

colleville-sur-mer.gif

 

 

Ces moments, où, ici ou ailleurs, toute identité politique de droite, centre ou gauche, s’efface réellement pour saluer ces sacrifices, se doit d’être salué, reconnu, remerciant l’homme et le cœur qui dépasse l’émotion et sensibilité passagère pour ne faire qu’apparaître l’esprit d’humanité dans toute sa simplicité et spontanéité.

 

 

 

 

commemoration-americains-et-canadiens-juifs.jpg

 

Pourquoi une telle commémoration en l’honneur de ces soldats ? Il faut rappeler et savoir que le « juif » avait une spécificité qui ne le mettait pas au dessus des autres, mais rendait la condition, déjà extrêmement éprouvante, en degré supplémentaire conséquent.

 

Bien qu’il y eut parfois des exécutions sommaires de la part des nazis, il y avait pour le soldat juif, la quasi certitude que malgré son appartenance au corps américain ou autres, la finalité n’avait pour lui aucun doute : c’était la mort assurée sans aucune pitié s’il était fait prisonnier.

 

Katty Scott dans le mondejuif.info rappelle ces faits :

 

92 soldats juifs américains sont morts dès les premières heures du débarquement. De nombreux soldats juifs n’ont pu être identifiés car ils jetèrent à la mer leur plaque d’identification militaire avant le débarquement afin de n’être pas reconnus Juifs s’ils se faisaient capturer. Sur leur stèle est écrit : « soldat inconnu ».

 

Cette réalité, leur sacrifice et la beauté de leurs gestes méritent aussi  notre reconnaissance, remerciement et rappel à mémoire.

 

Mais cette attention comme le rappelait le Maire de Douvres la Délivrande, ville entre Caen et Luc sur Mer concernant l’hommage fait envers les vétérans Anglais de sa Commune « ne doit pas se cantonner qu’au 70ème anniversaire, mais perdurer sans passéisme malsain chaque année pour que jamais, jamais, et surtout face à la montée navrante actuelle de certains relents nauséabonds, nous n’oublions leurs morts permettant que nous soyons aujourd’hui ici et surtout libres ».

 

France Israël Basse Normandie avec toutes celles et ceux étant présents ce dimanche 8 juin, comme celles et ceux étant présents de cœur, s’associent ensemble encore pour remercier, saluer et honorer leurs mémoires.

 

Merci à tous les organismes ayant eu encore à cœur cet élan noble et digne d’exemple.

 

Douvres la Délivrande2Un moment partagé et commun, un instant gravé pour nous, un devoir digne de mémoire pour nos enfants. Douvres la Délivrande

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MÉMORIAL JUIFS AMÉRICAINS NORMANDIE 2014

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 15:50

debarquement

D-Day-Normandie-1944-

 

Malkin Leon (Aryeh) a combattu les Nazis durant la Seconde guerre mondiale et a contribué à faire passer clandestinement des Juifs en Palestine,  avant la création de l’Etat d’Israël ; il a alors construit le kibboutz Ein Dor et combattu lors de la  guerre d’Indépendance.

 

À l’âge de 93 ans, Leon (Aryeh) Malkin raconte une histoire remarquable. Originaire de New York City, Malkin a rejoint les militaires américains en Normandie durant la guerre, en 1944, où il a combattu les Allemands, avant de participer au passage clandestin des réfugiés juifs en Palestine, pré-État d’Israël sous le mandat britannique. Malkin a contribué à établir le kibboutz Ein Dor dans la vallée de Jezreel et a lutté pour la survie d’Israël lors de la guerre d’Indépendance.

 

Malkin avait rêvé de faire son alya (Immigration) en  Israël quand il était un jeune garçon. Né de parents juifs russes dans le Bronx à New York, le 31 mai 1921, à l’âge de 11 ans il avait rejoint la section locale du mouvement de jeunesse sioniste Hashomer Hatzair. Là, il entendit les récits d’une patrie lointaine où les Juifs travaillaient le sol sous le soleil méditerranéen, en communautés égalitaires et où les femmes et les hommes étaient  libres.

 

Il a formé un groupe, «  garin », avec d’autres jeunes membres du mouvement de jeunesse, qui prévoyait de construire un kibboutz. Malheureusement pour Malkin et ses amis, l’histoire a changé le cours des choses et a bouleversé leurs projets.

 

00r1-aGouletChildren1-225x300En juin 1942, Malkin a été recruté par l’armée américaine pour lutter contre les Allemands en Europe.

 

Le 11 juin 1944, il débarque en Normandie lors du débarquement allié. Il appartient à l’unité blindée de l’armée américaine.  Lors de son passage en Normandie, il fera des photos des enfants du village de Loupe et de Manou dans le Perche à qui il avait distribué des chocolats et des friandises américaines.

 

Malkin se rend à Paris et en  Belgique. Là, il apprend que son jeune frère est tombé au combat, abattu par un obus de mortier dans le nord de l’Allemagne. Il reçut un congé spécial pour se rendre sur  la tombe de son unique frère.

 

Malkin n’a jamais cessé de rêver d’Israël. Tout au long des combats, il s’est  rappelé de son rêve de construire un kibboutz et n’a jamais perdu de vue son avenir en tant que pionnier.

 

Les autres membres masculins de son « garin » ont aussi participé aux combats  en Europe dans diverses unités de l’armée américaine, et contre toute attente, ils ont réussi à se retrouver vers la fin de la guerre à Paris. Là, ils ont réaffirmé leur attachement à leur mission collective de construire un kibboutz et discutaient des rumeurs qui faisaient état d’agents de la Haganah (Forces  de défense juive pré-étatiques) qui organisaient un déplacement clandestin massif de réfugiés juifs hors d’Europe.

 

Les membres de garin ont convenu qu’avant d’embarquer, ils diraient au revoir à leurs parents aux USA et puis retourneraient en  Europe offrir leur aide à la Haganah. À leur grande surprise, l’occasion est venue plus tôt que prévu.

 

De retour aux États-Unis, Malkin et ses camarades du « garin » exploraient les diverses possibilités  pour revenir en Europe,  lorsqu’ ils ont été approchés par le shaliah de l’ Hashomer Hatzair (délégué d’Israël dans la Diaspora) qui avait une proposition à leur faire.

 

Malkin explique :

 

« Le shaliah est arrivé à l’appartement commun du Bronx où mes amis et moi  vivions et il nous a dit que la Haganah avait acheté deux corvettes canadiennes et  qu’elle voulait que les membres des mouvements de jeunesse sioniste la rejoigne  car ce  sont des gens absolument dignes de confiance ».

 

Le Mossad Laliyah Bet (Institution pour l’Immigration B) était le  nom donné par les dirigeants de la Haganah à ce  projet. Le Palyam,  précurseur de la marine d’Israël, a été chargé du transport maritime des réfugiés, et un réseau de shlichim a été mobilisé pour obtenir que de jeunes juifs du monde entier  contribuent à la cause.

 

Malkin est  inquiet de la réaction de son père, sachant que la douleur de la perte de son frère cadet était encore fraiche. Son père partage toutefois sa passion sioniste. 

 

«  Il m’a dit que s’il avait mon âge, il ferait exactement la même chose, et il m’a  entièrement soutenu ».

 

Les hommes ont été informés que la mission était très secrète, et qu’ils rejoindraient les membres d’un « garin » d’un autre mouvement de jeunesse sioniste – le Habonim – sur les deux navires. Ils devaient se rendre dans un port d’Europe, où des milliers de réfugiés juifs – survivants de la Shoah –  les attendraient pour prendre le chemin de la liberté, en Israël.

 

Le long voyage de retour


Si aucun des hommes n’avait d’expérience navale, leur engagement à la tâche était absolu, et ils ont vite appris comment travailler comme matelots expérimentés. Arieh-Leon-Malkin-193x300Ils ont navigué sous le couvert d’un navire marchand panaméen pour ne pas attirer l’attention. Seulement une fois la Méditerranée atteinte, le capitaine apprenait que leur destination était Gênes, en Italie.

 

Ils sont arrivés à Gênes, port occupé par les Britanniques.  Ils décidèrent alors de naviguer au nord vers Savone, où l’embarquement clandestin du navire pourrait être conduit en toute discrétion.

 

Malgré les ennuis avec la police italienne, l’équipage poussa, dans la nuit noire,   les 1230 survivants de la Shoah  –originaires  principalement de Pologne et de  Grèce, avec une poignée de partisans russes – vers le navire, pour embarquer, de  toute urgence,  pour Haïfa.

 

La communication à bord était difficile.

 

« Bien sûr, nous étions tous Juifs, mais personne ne parlait la même langue. Nous avons dû apprendre à parler Yiddish. Bien sûr, aucun de nous ne parlait grec », dit Malkin.

 

Malgré les barrières linguistiques, tous les 1230 hommes et femmes à bord, plus les vingt membres de l’ équipage, partageaient un objectif commun et un destin commun. Il était clair que, dans un moment pareil,  les choses se passaient, au-delà de la langue.

 

En s’approchant de Haïfa, l’équipage a été informé par la radio de la Haganah qu’ils seraient interceptés par la marine britannique et que les passagers devraient être internés au centre de détention d’ Atlit, au sud de Haïfa. Il leur a été  demandé de ne pas résister.

 

Entouré, capturé et emprisonné – mais pas vaincu

 

Le lendemain matin, ils ont été  réveillés par un coup de feu tiré au travers de la proue des navires et se sont retrouvés entourés par trois destroyers britanniques. On leur a dit qu’ils étaient dans les eaux territoriales de la Palestine britannique et qu’ils seraient remorqués jusqu’au rivage de Haïfa.

 

Les marins britanniques se préparaient à monter à bord du navire ; les 1 230 passagers, ainsi que l’équipage, les « Palyamniks » et les jeunes Américains, se levèrent et créèrent un  mur humain solide sur le pont, entre les Britanniques et leur navire. Sans aucune organisation préalable ni consigne,  tous les passagers du  navire se sont mis à chanter spontanément la Hatikva, l’hymne national.

 

C’était le moment le plus émouvant de ma vie, a déclaré Malkin.

 

« Chaque fois que je chante la Hatikvah, même aujourd’hui,  je me souviens de  ce moment-là. Je n’ai jamais depuis lors, connu une telle  chose."


Lorsque le navire a accosté à Haïfa, tous les  passagers et membre d’équipage ont été emprisonnés à Atlit. Malgré cela, il y avait encore à faire, et la Haganah ne tarda pas à exfiltrer les « Palyamniks ».

 

Lorsque Malkin a été libéré, avec les autres membres du garin, ils sont partis pour le kibboutz Mishmar Haemek, avant de décider de rejoindre un autre groupe qui travaillait la terre dans la vallée de Jezreel, avec l’intention de s’installer plus près à la frontière, conformément aux priorités défensives de  l’époque. C’est ainsi que le kibboutz Ein Dor est né.

 

Enfin, à l’âge de 25 ans, le rêve d’Arieh Malkin de travailler la terre, s’est réalisé, mais il ne fallut pas longtemps avant qu’il soit confronté à la dure réalité du rêve qui était le sien.

 

Lutte pour l’indépendance


En janvier 1948, les tensions entre les populations juive et arabe avaient dégénéré.

 

Cinq mois plus tard, Malkin et le reste du kibboutz se sont réunis autour de la radio pour entendre David Ben-Gourion déclarer l’Indépendance d’ Israël. Alors que le jeune État d’Israël se réjouissait, le danger était imminent. On disait que les gens dansaient dans les rues de Tel -Aviv. Eh bien, les choses étaient différentes pour nous.

« Tout d’abord, il n’y avait aucune rue dans le kibboutz pour danser. Deuxièmement, nous étions de garde jour et nuit. Tout le kibboutz à  l’époque était une cour en forme d’étoile entourée de postes de garde et d’une enceinte, ce qui a permis de nous  garder en vie », a- t-il rappelé.

 

Le lendemain, cinq armées arabes envahirent le jeune État et chaque homme et femme aptes étaient enrôlés dans la défense du pays. Les kibboutzim dans la vallée de Jezreel étaient entourés de toutes parts par les combats. Malkin, organisait le travail du kibboutz, mais il fut  également le contact de la Haganah dans l’organisation de défense. Tous les jours, il envoyait quelques membres en petit groupe afin d’aider à la défense des kibboutzim aux alentours et les communautés agricoles.

 

Nous n’avions aucun uniforme et nous devions apporter nos propres armes. Ce n’était pas tout à fait comme l’armée israélienne d’aujourd’hui, dit-il avec un sourire. Après une semaine, Malkin ne pouvait plus supporter la situation. Il a convaincu un de ses amis de prendre sa place pour organiser le travail afin de se joindre au combat. A la fin de la guerre, les pionniers de la vallée de Jezreel avaient réussi à sécuriser leurs terres dans le jeune État d’Israël et à maintenir la frontière contre les armées.

 

65 ans plus tard…


En 1990, Arieh Leon Malkin décide de prendre contact avec le maire de Manou dans le Perche. Il voulait retrouver les enfants normands photographiés en 1944. Il avait toujours gardé les photos. Il fait parvenir les photos de l’époque des enfants et il reçoit des photos d’eux adultes. Il s’agit de la famille Goulet.

 

00r2-GouletFamily-511.jpg

 

“En 2009 , je me suis rendu, avec mes proches, en  Normandie et ai reçu une décoration pour le 65ème  anniversaire du Débarquement, par le maire de La Loupe, où vit le frère aîné Goulet. Ce frère nous a reçus à La Loupe et sa femme a préparé un repas magnifique pour nous et leur hospitalité était formidable.”

 

 

 

 

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 15:14

France Israël Basse Normandie (27)

 

Le dimanche

8 juin 2014,

à 20h45

 
Au profit des enfants en difficulté, des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, des personnes handicapées, des survivants de la Shoah dont s’occupe cette Association, 


Une soirée exceptionnelle
avec l’OSE
 

au Théâtre du Casino
Barrière de Deauville,

2 rue Edmond Blanc.

 

Billetterie en ligne
ose-france.org/deauville

evenement@ose-france.org

 


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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 20:20

France Israël

Sous le haut patronage et en présence

de nombreuses personnalités Politiques de Basse Normandie


Monsieur Daniel C. Badache


Président de l’Association France Israël de Basse Normandie


A l’honneur de vous convier au dîner de Gala du

 

66ème  ANNIVERSAIRE

DE LA CREATION DE L’ETAT D’ISRAEL.

qui aura lieu

le SAMEDI 24 MAI  2014  à 20 Heures

Dans le Salon des Ambassadeurs

De l’Hôtel Malherbe,

Place FOCH à Caen. 

 

Cette Soirée sera animée

par l'ensemble  DOYNA 

Spécialiste de
musique Klezmer et Jazz Tsigane

 

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Les inscriptions seront adressées à  

A.F.I. de Basse Normandie

5  Rue de l’Avenir  14 650   CARPIQUET  


Date Limite d'inscription fixé au 7 Mai 2014

 

ATTENTIONLe nombre de places étant limité à 75 personnes, vous voudrez bien nous faire parvenir par retour votre coupon de réservation et le montant de votre participation, à l’adresse ci-dessus.


Monsieur et Madame :…………………………………………………………………

Adresse :…………………………………………………………………………………

Nombre de personnes :  40 € x………………….  =……………………………….

Téléphone fixe :………………………  Portable :……………………………………


Pour des raisons de sécurité, cette invitation et une pièce d’identité seront demandées à l’entrée,

vous remerciant à l’avance,

 

 

 

AFIBN.jpg

 

 


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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 17:49

MEMORIAL-JUIFS-AMERICAINS-NORMANDIE-2014.JPG

 

 

De nombreux articles ont pris un bel et juste intérêt à rappeler et rendre hommage aux 149 soldats américains juifs reposant en Normandie :  

 

MedialGlobal avec  le qsdgm5, tribune juive info,thetimesofisrael-fr,  le monde juif info , etc...

 

 


logos associatifs 

  AFIBN 14 24   MEMOIRE HISTORIQUE  

 


 

 

Cérémonie à la mémoire des 149 soldats américains juifs qui reposent en Normandie

70ème anniversaire

du Débarquement du 6 juin 1944

en Normandie

 

 

 

qsdgm5

 

Que serions-nous devenus sans le débarquement des alliés le 6 juin 1944 ?

 

Visite d’Omaha Beach - Utah Beach

 

Honorons la mémoire des soldats américains juifs tombés au combat à l’occasion du Débarquement du 6 juin 1944 en Normandie situé dans le Cimetière et Mémorial de Colleville.

 

 

 memoire-des-juifs-americains-tombes.jpg

Mediaglobal


Réservations (Pour celles et ceux en partance de Paris)

Le nombre de places étant limité, nous vous remercions d’effectuer votre réservation avant le 20 mai 2014 en retournant le bulletin que vous trouverez en pièce jointe à télécharger. Un programme détaillé vous sera envoyé par retour.  Organisateur délégué et Contact : Jean-Max SKENADJI

 

 


 

thetimesofisrael-fr

 

French Jews group arranging and organize 70th anniversary of D-Day invasion and honoring the 4,413 slain on June 8, 1944 at Normandy for fallen Jewish invaders


La pierre tombale militaire en étoile de David (sur la photo) appartient au Sergent Dave Kramer mort le D-day à l'âge de 22 ans lorsque les canons antiaériens allemands ont touché son avion au Bois de Limors, tuant les parachutistes et l'équipage sur le coup.


le-monde-juif-info.png

(...) Le 6 juin 1944, les Forces alliées déclenchent l’Opération Overlord. Ce nom de code annonce le débarquement sur les plages de Normandie d’une force militaire jamais déployée : 500 000 hommes, 1 500 chars, 2 500 véhicules tout terrain, 3 000 canons et 10 500 véhicules de types divers. Parmi ses 500 000 hommes, environ 5000 étaient Juifs.

 

Dans ce dispositif, les forces françaises : 177 bérets verts du commando Kieffer débarquent à Sword Beach sous commandement britannique après avoir subi un entrainement intensif à Londres. Parmi ces 177 soldats, six étaient Juifs.

 

92 soldats juifs américains sont morts dès les premières heures du débarquement. De nombreux soldats juifs n’ont pu être identifiés car ils jetèrent à la mer leur plaque d’identification militaire avant le débarquement afin de n’être pas reconnus Juifs s’ils se faisaient capturer.

 

Sur leur stèle est écrit : « soldat inconnu ».

 

Katty Scott,

 

 

tribune juive info

 

Ne les oublions pas !

Commémorer le 70e anniversaire des libérations de la France souligne un fait notoire de notre histoire nationale dont le renom va bien au-delà de nos frontières.

Chaque année, la commémoration du débarquement du 6 juin 1944 donne lieu à de nombreuses cérémonies et manifestations, principalement en Normandie.

Pour le 70ème anniversaire, différents événements rythmeront les prochains mois. En marge des festivités officielles, une journée est organisée pour honorer la mémoire des 149 soldats juifs américains tombés au combat loin de chez eux et qui reposent au Cimetière et Mémorial de Colleville.

N’oublions jamais les soldats qui ont sacrifié leur vie pour nous libérer de l’armée nazie. 

Rendez leur hommage  et manifestez  notre reconnaissance, en participant  a la cérémonie de Kaddish collectif, le dimanche 8 juin 2014 devant leur sépulture au cimetière américain de Colleville-sur-Mer.

Avec un départ de Paris a 8 heures et un retour a 18h00, le voyage se fera en autocars VIP qui seront mis a la disposition des participants. Un repas casher  est prévu.

Des Visites sur le site d’Omaha Beach – Utah Beach plongeront les visiteurs au cœur même de l’événement. (...)

 

Sylvie BENSAID pour Tribune Juive,

 

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logos associatifs

AFIBN 14 24   MEMOIRE HISTORIQUE

 

 

 


En cliquant sur les différents logos au dessus de chaque article, vous accèderez aux sites respectifs.

 

 

(Concernant l'article et photo, diffusion autorisée avec le nom de la source ainsi que le lien du site)

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 17:12

bernard_duval.jpg

 

La veille du 8 mai 2014, la présidente du Front National fut à Caen pour visiter le Mémorial. Deux manifestations ont été organisées pour sa venue. Pour l'ancien déporté, Bernard Duval arrêté en 1944 par 2 miliciens, et ayant été terriblement torturé et déporté, il ne peut oublier que pour Le Pen Père, les chambres à gaz ont été "un détail de l'histoire".

Marine Le Pen au Mémorial de Caen, c'est une provocation

 

Pour Bernard Duval, la venue de Marine Le Pen au Mémorial de Caen ce mercredi 7 mai est “une provocation”.



Car pour ce Caennais, arrêté par deux miliciens le 10 mars 1944, puis déporté à l’âge de 18 ans et demi, le nom de Le Pen reste associé au détail de l’histoire”.

C’est pourquoi il a tenu à participer à la cérémonie organisée ce mercredi midi à l’appel de plusieurs organisations politiques, syndicales et de défense des droits de l’homme.

soutien-contre-l-extremisme.JPG



Mr Bernard Duval a déclaré :

 

“Je suis offensé de cette visite car je considère que les extrêmes, qu’elles soient de gauche ou de droite, sont dangereuses pour la liberté. Pour cette liberté pour laquelle nous nous sommes battus…”

 

France Israël Basse Normandie soutient pleinement cette action sans la moindre hésitation.


 

copyright st joseph caen

Rappelons que Mr Duval (en pull blanc) avait participé à une conférence sur la Résistance et la Déportation avec France Israël Basse Normandie auprès de  jeunes élèves de l'institution St Joseph à caen, aux côtés de Mr Vico ancien Résistant, Mr Shaffer de Yad Vashem France, et Mme Kahn de France Israël Paris.

 

 

 

 

 

Entre 100 et 200 personnes ont participé à cette manifestation au cours de laquelle chacun est allé déposer un oeillet rouge au pied de la stèle commémorative du Mémorial.

Un instant de paix scruté par plusieurs dizaines de gendarmes mobiles stationnés sur le parking du Mémorial depuis le milieu de la matinée.

 

L’accueil réservé dimanche dernier à la leader frontiste sur le marché de Sotteville-les-Rouen, l'avait obligé de partir après avoir essuyé quelques jets d’œufs frais.

 

 

 

 

Une deuxième manifestation fut prévue dans l'après-midi, au moment de l’arrivée programmée de Marine Le Pen.

 

marine-au-memorial-630x0.jpgÀ l’extérieur, une cinquantaine de policiers ont empêché l’accès au musée pour la Paix.

Un nombre conséquent de citoyens ont attendu sur l’esplanade l’arrivée de la présidente du Front National qui est entrée par une porte située à l’arrière du Mémorial, à 16h30.

 Dès 16h, les forces de l’ordre barraient l’accès au Mémorial, à 16h15 même était fermé l'entrée de celui ci, seules les personnes encore à l’intérieur pouvait poursuivre leur visite.

 

Le directeur du Mémorial est en colère.

« Non, cette visite ne me rend pas heureux ! » (...) « Marine Le Pen n’a jamais démenti les propos de son père », à savoir que les chambres à gaz ont été « un détail de l’histoire ».

Stéphane Grimaldi  rappelle que « le Mémorial de Caen est un lieu de paix et d’amitié entre les peuples ».

 

 

 

 

 

 

 

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 13:35
memoire-victimes-et-heros-de-la-deportation.jpg
Tous les ans, France Israël Basse Normandie est présente aux commémorations officielles pour le souvenir de la déportation, moment terrible de l’histoire mondiale.

Cette cérémonie qui eut lieu ce jour à la mémoire des victimes et héros de la Déportation devant la stèle de la Résistance est un jour de recueillement honorant la mémoire de tous ceux qui furent les victimes du régimes nazi et de ses collabos.

La réalité  de la déportation impose hommage, silence et respect, et, pensant à toutes ces malheureuses victimes et héros, France Israël Basse normandie se veut proche et au côté de la Communauté Juive dont nombres des leurs furent déportés pour le simple fait d'être juif.

Ce moment rappelle qu'en divers lieux, Yom Hashoah se veut ne plus jamais revivre de tels moments effroyables.

Chaque année, sont citées dans diverses villes de France et hors France les noms de chaque déporté(e).


Chaque année, un silence respectueux laisse entendre en Israël la sirène rappelant l'horreur de la Shoah.



sirène pour yom hashoah
Chaque année, le même respect encore une fois se traduit par toute la population Juive d'Eretz ou en dehors, en tenant ce moment de recueillement à la mémoire de leurs proches, de leurs familles, du peuple Juif désormais revenu sur sa terre ancestrale.


Chaque année, l'affection et amitié envers la Communauté Juive et Israël se veut présente dans nos coeurs, partageant le souvenir et la douleur à leurs côtés dans ce que jamais plus nous ne voulons revoir.




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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 16:21

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Lors des plaidoiries se tenant au Mémorial de Caen, le prix du public a été attribué à Rachel Franco, Avocate au barreau de Tel Aviv pour « sans nom et sans visage » , thème défendant la cause d’une jeune syrienne torturée à mort. 


L’intérêt de cette attribution, qui, bien sûr, aurait souhaitée être reçue par le jury du Mémorial même,  c’est que cette obtention fut justement donnée par le public.


En effet, lorsque l’on connaît une certaine généralité à stigmatiser tout ce qui pourrait provenir d’Israël, la surprise est non seulement intéressante, mais encourageante en certains points.


De plus, cette attribution n’a pas été favorisée par une avalanche de voix que l’antisionisme habituel encore pourrait supposer avoir été « versées » par des personnes amies d’Israël et/ou de la Communauté même, mais bien par un large public porté par la sincérité, le charisme de Rachel Franco ainsi que l’objectivité et pertinence poignante de la défense de cette jeune fille, emblème de beaucoup d’autres victimes de par le monde.


La défense présentée à cet égard a montré l’attachement profond auquel il convenait de saluer cette humanité qu’Israël, ses enfants portent en eux. Elle est démonstration encore une fois que ce petit bout de pays grand par son coeur, courage, et dignité, sait et a toujours su montrer, démontrer, s’émouvoir, porter secours à celles et ceux, qui, peut être hier, n’aurait jamais voulu imaginer pareille attention à son égard au delà des simples mots. Mais tout cela, C’EST Israël ! 


Cette journée au Mémorial a été le théâtre de la défense de 10 plaidoiries.

 

Toutes avaient un intérêt, une réalité à soutenir, une justification fondée.

 

Du Pakistan à travers Ghulam Abbbas gisant sur le sol, ou cette jeune de 14 ans, Rimsha Masih accusée honteusement à tort et défendue par Me Ludwig Audoin citant :

 

« Deux cibles de l’absurdité d’un texte meurtrier exploité par le venin du fondamentalisme« ,

 

De ces enfants perdus de Kim II Sung en Corée du Nord, défendu par Me Revel Sébastien de Caen apportant le témoignage de ce jeune Shin, évadé et détruit, ravagé par ses tortionnaires et gardiens dans tous les sens du terme que comporte l’aspect moral, psychologique et physique,

 

Ou encore pour citer l’obtention du deuxième prix à Me Olga Anasside , sur cette jeune petite Béninoise faisant « l’objet de transaction comme de vulgaires objets, ces enfants devenus esclaves malgré eux…,


Tous les sujets encore une fois, avaient leur pertinence, leur appel à justice et défense fondée.

 

Et parmi ces dix plaidoiries, Rachel Franco obtint du public une sensibilité particulière pour la cause de cette jeune fille sans nom et sans visage.

 

Merci à toi Rachel sincèrement,

 

Ton Ami Laurent,

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De Rachel Franco,

 

Elle n’a pas de nom et elle n’a pas de visage.

 

Qui était-elle et quels étaient les rêves de cette jeune femme, à l’aube de sa vie ?

 

Elle est née du mauvais côté et elle s’est trouvée au mauvais endroit, et au très mauvais moment de sa vie.

 

Damas !

 

La guerre fait rage et la mort vous surprend à chaque carrefour ; dans vos maisons, au milieu de vos nuits ou dans des abris de pacotille, nul lieu où se protéger ; nul lieu où il serait possible de simplement fermer les yeux sur ce monde d’une violence inouïe.

 

Nul lieu où se réfugier et oublier, quelques instants seulement, la folie meurtrière qui s’empare des hommes et fait de notre monde, une désolation sans espoir.

 

Damas ! En tout lieu, des attentats suicide, les voitures piégées, des bombes explosent, des coups de feu crépitent et sifflent si près de vous ; d’autres tombent.

 

Pourquoi eux ?

 

La mort semble jouer aux dés et faucher des vies au hasard, tandis que du haut du ciel, les hélicoptères vous menacent et les avions de l’armée lâchent leurs bombes au milieu de vous, au cœur de cette ville maudite.

 

Damas !

 

Autour de vous, les immeubles s’effondrent dans un vacarme effroyable et le silence d’après est un silence épouvantable, assez vite déchiré par les hurlements des familles endeuillées.

 

Partout, la fumée des bombes et des nuages épais de poussière vous brûlent les yeux et étranglent votre gorge ; partout, les incendies sauvages et des tirs incessants viennent obscurcir l’horizon et enfermer votre coeur dans l’oppression et l’angoisse.

 

Mesdames et Messieurs, en tout lieu de cette ville abandonnée par l’humanité, ce sont les larmes et le sang qui habitent les quartiers désertés ; il n’y a plus ici aucun espoir de vie. La terre syrienne avale ses morts, sans jamais être rassasiée.

 

Qui était donc cette jeune fille aux rêves secrets ?

 

Pourquoi le malheur s’est il abattu sur elle avec tant de cruauté ?

 

Qui pense à son calvaire aujourd’hui ?

 

Vous et moi, Mesdames et Messieurs du Jury, nous allons poser notre regard sur le corps dévoré de cette jeune femme à peine sortie de l’enfance et pour elle, je vais tenter de poser une parole de justice.

 

Nous sommes au centre de la branche palestinienne des services de sécurité syriens. Les soldats ont attrapé cette jeune femme et exercent sur elle, leurs talents soldatesques.

 

« Il lui a inséré un rat dans le vagin. Elle criait.

 

Après, nous avons vu du sang sur le sol. Il lui a dit : « tu en as assez ?« . Ils se moquaient d’elle. C’était évident qu’elle était en train d’agoniser. Çà sautait aux yeux. Et d’un coup, elle a cessé de bouger. »

 

Le témoignage est accablant.

 

Il est celui d’une rescapée des geôles palestiniennes qui œuvrent pour Bachar al-Assad et le journaliste britannique de la BBC, Fergal Keane s’est fait le porte-parole de ce témoignage, sorti tout droit de l’enfer syrien.

 

Notre témoin à charge a été arrêtée dans un poste de contrôle à Homs et durant deux mois, elle a vécu le quotidien de celles et ceux qui sont incarcérés dans les cellules palestiniennes des renseignements militaires à Damas.

 

Mesdames et Messieurs, le témoignage est si épouvantable qu’il frise l’impensable et j’oserai dire l’indicible.

 

Oui, les rats et les souris sont utilisés comme des armes de viol et comme des armes de meurtre contre les femmes.

 

Cette jeune femme, sans nom et sans visage, dévorée de l’intérieur par un rat que des hommes sanguinaires se sont amusés à lui introduire dans le vagin, cette jeune femme… est ma petite sœur.

 

Elle est morte assassinée par le Mal personnifié, seule au milieu des rires de ses tortionnaires, seule au milieu des hommes, terrassée par l’horreur, terrassée par la peur et par la douleur venue de ses entrailles ; seule, perdue dans ses larmes, abandonnée de tous, abandonnée de nous aussi… Il ne faut pas se voiler les yeux.

 

Je ne sais pas dire d’où vient une telle cruauté. Je ne sais pas dire comment de telles idées peuvent venir à l’esprit d’un homme. Je ne peux même pas imaginer que de tels scénarios puissent être réels. Ils semblent sortis tout droit d’un film d’horreur et pourtant ceci est la vérité ; une vérité terrible vécue par cette jeune femme sans nom et sans visage et par d’autres aussi.

 

Non, je ne sais pas dire d’où vient une telle cruauté car le mal plonge ses racines dans un lieu de l’esprit qui échappe à toute logique, à toute humanité, digne de ce nom.

 

Aucune idéologie politique, aucune foi religieuse ne peut apporter le moindre commencement de la plus petite explication d’un acte aussi barbare.

 

Rien, absolument rien, ne peut jamais donner le moindre éclairage sur des actes qui signent irréversiblement la chute de l’humanité à un degré que les animaux ne connaissent pas.

 

Petite sœur, tu ne me connais pas et pour toi, je veux parler aujourd’hui.

 

Je veux être la voix qui porte ton malheur et dénonce tes tortionnaires. Pour toi, je veux être entendue aujourd’hui pour que cette histoire ait ton visage et porte ton nom.

 

Tu n’aurais sans doute pas imaginé qu’une autre femme, vivant de l’autre côté du Golan, frontière qui sépare nos deux pays, une autre femme qui plus est, Juive et Israélienne vienne un jour parler pour te faire vivre.

 

Petite sœur, les préjugés sont les véritables barrières qui nous séparent et il n’est pas facile de se défaire des regards ignorants, voire haineux qui déforment nos âmes et couvrent nos yeux d’un voile épais.

 

Tu étais seule et sans défense devant les Nazis de ton pays et les forces du Mal t’ont attrapée et t’ont assassinée dans une jouissance maladive.

 

Alors, comment pourrai-je me taire et ne pas te tendre la main pour te relever de cette injustice qui hurle jusqu’aux cieux ?

 

Aujourd’hui, pour toi et devant tous, mon visage sera le tien et ta souffrance sera la mienne.

 

Aujourd’hui et jusqu’aux derniers jours de ma vie, ton histoire ne me quittera pas car je l’ai faite mienne au plus profond de moi.

 

Mesdames et Messieurs, je vous demande de rendre Justice pour cette jeune femme que je représente aujourd’hui.

 

Je vous le demande avec forte conviction !

 

Non certes, ce ne sera pas une justice qui punit ses assassins.

 

Ce ne sera pas non plus une justice qui console la famille de cette jeune femme dont l’histoire ne retient rien d’autre que son calvaire, mais ce sera une justice qui permettra de la faire revivre devant vous. Ainsi, son histoire ne pourra être oubliée ne de votre esprit de de vos cœurs.

 

Les faits relatés ont eu lieu en septembre 2012 mais ne doutez pas qu’ils se sont déroulés également hier et qu’ils se répèteront demain.

 

Mesdames et Messieurs, les témoignages d’agressions sexuelles sur les adolescents, les jeunes femmes et les moins jeunes sont nombreux et concordants.

 

C’est malheureusement une stratégie de guerre qui a fait ses preuves ; les séances d’électrochocs sur les parties génitales, les brûlures sur l’anus, les tortures ou viols collectifs qu’ils soient le fait des forces régulières ou des rebelles est le quotidien des victimes de la folie meurtrière de ces fanatiques de tout bord.

 

Or, les civils sont les premières victimes de ces conflits armés ; les enfants et les femmes tout particulièrement sont un gibier de choix pour ces chasseurs de sans et de sexe.

 

Aussi, il faut rendre Justice car c’est la Justice qui est le fondement du monde et c’est la recherche de justice qui fait de nous des êtres qui aspirent au Bien et à la paix.

 

Et comment pourrait-il y avoir paix dans nos pays si dans nos cœurs, la haine ou même l’indifférence s’installe en lieu et place de l’Altérité et de la fraternité ?

 

Les rapports déposés par diverses organisations telles que « Human Rights Watch » ou encore « Women Under Siege », les rapports de l’ONU et les témoignages directs recueillis par les journalistes de différentes nationalités ne laissent planer aucun doute sur la réalité et l’intensité de ces agressions et de ces meurtres.

 

Il faut le dire ! Il faut le dénoncer haut et fort !

 

Il faut ensemble refuser le silence qui pose une chape de plomb sur les corps meurtris qui pourrissent sans sépulture.

 

Ma petite sœur n’avait sans doute pas les clefs qui permettent de saisir ce qui se joue dans cette guerre civile qui fait rage en Syrie.

 

Elle était jeune et comme toutes les jeunes filles, elle aimait rire et s’amuser. Elle était peut être amoureuse et vivait secrètement dans le désir d’un amour partagé.

 

Ou peut être, rêvait elle d’une rencontre qui enflamme le cœur ? Devant son miroir, elle observait son visage et regardait son corps, un corps qui n’est jamais assez bien aux yeux des jeunes filles en quête d’amour.

 

Peut être encore, s’était elle fâchée la veille avec une amie et gardait elle encore un peu de rancune ?

 

Je ne sais dire et je ne peux qu’imaginer mais une chose est certaine : elle était vivante, pleine de rêves et de désirs et n’avait que faire d’une guerre qui dépassait son entendement.

 

Et c’est un rat qui a dévoré ses entrailles, devant le regard amusé de ses tortionnaires !

 

Justice ! Justice ! Justice au nom de ma sœur et que son âme repose enfin en paix !

 

Me Rachel Franco,

Avocate Israélienne au Mémorial pour la Paix à Caen

 Source : Mémorial pour la Paix de Caen

 

Lorsque celles et ceux étant venus écouter ces plaidoiries, qu’ils soient de la Communauté Juive de Caen, France Israël de Basse Normandie, de Paris, d’Angers… d’Europe Israël, du B’nai B’rith et autres, tous ensemble nous pouvons affirmer à l’égard de toi Rachel, Avocate Israélienne et Représentante de l’âme réelle Juive :

 

« Merci d’avoir porté ce que chacune et chacun porte en soi vers cette même direction, merci d’avoir su exprimer ce qu’Israël, le peuple Juif et ses ami(e)s soutiennent pleinement dans la défense et cause réelle ! »


Et aux détracteurs de ce qu’est Israël et ce que représente la véritable âme juive, ceux qui, comme le citait un certain « Flaubert »,  savent magnifiquement correspondre à cette définition qu’une idiotie mêlée à une autre peut devenir respectable, puisqu’en collant la peau d’un âne sur un pot de chambre, on peut en faire un tambour :

 

« Bêlez, trépignez, grincez des dents ! Vos mensonges entameront certainement la duplicité et la naïveté parfois ingénue, mais en aucun cas la réalité et vérité ! »

 

 


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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 13:58

 

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L’Ambassadeur d’Israël en France, Mr Yossi GAL, accompagné de Mr.Elad Ratson, Directeur des relations publiques auprès de l’Ambassade d’Israël, sera reçu par le Maire de Caen afin de se rendre au Mémorial de Caen le jeudi 21 JUILLET.


le Préfet de Basse Normandie, ainsi que Mr Guy Samama, Président de la Communauté Juive et Vice Président de l'Association France Israël de Basse Normandie représentant  Maitre Badache le Président, seront présents.


Sera suivie dans la journée, la rencontre amicale entre l'Association de France Israël Basse Normandie, l'Ambassadeur et Mr Ratson.


Elle place cette amitié déjà connue, dans le soutien mutuel et travail conjoint pour le même idéal : faire connaître Israël, défendre ses droits, et lutter contre la désinformation et la haine à son encontre.

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