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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 17:01

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Dimanche dernier , l'Association France Israël Basse Normandie fut invitée à l'occasion de Yom Hazikaron, 

le jour du Souvenir des soldats de Tsahal ( 23 085 ) tombés pour Israël, et des victimes du terrorisme (2 493). 


yom hazikaron

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La cérémonie s'est tenu à la Synagogue de la Communauté de Caen à leurs côtés, et celui du Rabbin de celle ci.

 

Soirée de rappel, de mémoire, d'hommage auquel Monsieur Malka a donné, non seulement  les mots justes, mais ceux également rappelant l'esprit d'humanité caractérisant ce moment solennel ne s'arrêtant pas qu'à ce seul instant, mais se devant d'être vécu chaque jour.

 

Hommage et pensée forte à tous ces hommes, ces femmes, ces jeunes, leurs familles, aux victimes civiles.

 

En nous inclinant par respect pour les 23 169 hommes et femmes qui sont tombés en portant l'uniforme de Tsahal ou au cours d'attaques terroristes, et, voyant aujourd’hui nos drapeaux flottant, nous savons qu’ils ne sont pas morts en vain. (Isaac Benayoun)

 

 

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 13:50

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Une Soirée exceptionnelle au théâtre Adyar  le 5 mai 2014 à 20H


Réservez dès aujourd’hui, venez nombreux avec votre famille et vos amis …  Information à diffuser sans modération

 

Le Comité Français pour Yad Vashem

est heureux de vous proposer

Berg et Beck,

Adaptation théâtrale

du roman de Robert Bober


En présence de l’auteur, la représentation sera suivie d’un débat

 

Avec Richard Violante et Didier Buisson à L’accordéon

Création lumière Sébastien Bochereau

 

Prix des places : 25€ (étudiants) - 50€ - 100€ (carré d’or)

Un reçu CERFA vous sera délivré

 

Réservation au CFYV : 33 rue Navier 75017 Paris - Tel : 01 47 20 99 57

Mail : yadvashem.france@wanadoo.fr

http://www.yadvashem-france.org/la-vie-du-comite/evenements/berg-et-beck/

 

Le bénéfice de la soirée est destiné à soutenir les missions du Comité

 

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 04:57

France Israël Basse Normandie (33)

 

Comme chaque année, nous commémorons le Yom HaShoa (Jour de la Shoah).

En ces temps troublés où l’extrême droite gagne du terrain, où les bruits de bottes se font entendre à nouveau en Europe de l’Est, et où il est toujours si difficile de faire reconnaître le génocide arménien, il en est de plus en plus nombreux à ne pas comprendre pourquoi nous entretenons cette mémoire d’un passé qui selon eux ne nous concerne plus.

Nous le faisons pour que cette tragédie n’arrive plus jamais à personne, ou pour empêcher qu’une chape de plomb silencieuse n’étouffe à nouveau les cris des victimes d’un génocide à venir.

Quand le nombre des morts se compte par millions, cela devient abstrait, aussi il faut prendre d’autres chemins pour expliquer l’inexplicable et répondre à ceux qui ne comprennent pas notre entêtement à ne pas oublier.

Permettez-moi pour cela d’utiliser la forme d’un témoignage écrit en hommage à mon père, orphelin de la Shoah qui nous a quitté il y a peu.


 

Ce texte à deux voix où tour à tour je me plonge dans les souvenirs de Nathan Sobol, mon père, et les miens, permet de comprendre la filiation de ce drame et pourquoi son impact continue de peser de génération en génération.

J’y raconte le destin d’un homme confronté aux affres de la tragédie qui pourtant n’a pas fait payer aux autres les épreuves qu’il a subi, bien au contraire, il s’est élevé au plus haut des valeurs humaines, par et pour les autres.

Il a voulu donner beaucoup, lui qui étant enfant avait tant perdu.

Il faisait froid ce matin là, en ce mois de Janvier au cimetière de la Boisse dans la région lyonnaire.

C’était un peu irréel, il y avait du brouillard et certains s’étaient perdus.

Je ne me souviens pas de tout… et pas dans le bon ordre… j’ai des manques…

Je me revois au début du chemin, puis devant le trou sombre et profond une truelle à la main, …puis… un blanc…

Je suis dans le mémorial de la shoah attenant ; …le Rabbin fait un discours, il est flanqué de deux portes drapeaux : celui des anciens combattants et celui des fils et filles de déportés.

Une voix parle de mon père Nathan, orphelin à cinq ans…

Je ne suis plus moi-même, ici et maintenant, mais à Pithiviers en 1942

 

 

Tu t’appelleras Pierrot…

 

 

 

Je viens visiter mon père Henoch Sobol, Juif Français originaire de Pologne arrêté par la police française et interné dans un camp de transit.

C’est la dernière fois que le vois et je ne le sais pas encore.

Il ne peut croire, lui qui a quitté un pays totalitaire pour le « Pays de la Liberté », lui le Juif moderne, le socialiste épris d’idéaux humanistes, laïcs et républicains…

Non !

Il ne peut pas croire qu’on va le livrer à la barbarie, à la peste brune et qu’il finira en cendre à Auschwitz…

Il y avait, bien cet avertissement de ne pas s’échapper car sinon en représailles, on arrêterait les femmes et les enfants…

Mais, que pouvait-on faire et où aller avec une carte d’identité marquée du saut de l’infamie :

En lettres majuscules épaisses et rouges sang était écrit le mot « JUIF ».

Ma mère, me confia avec ma sœur Léah âgée d’à peine quelques mois à des paysans pour nous sauver la vie.

C’étaient des gens braves et simples.

Ils ne comprenaient pas exactement ce qui se tramait.

Ils savaient qu’il y avait des risques et ils ont accepté malgré tout de nous cacher.

Ce qui n’empêcha pas l’homme qui m’avait pris en sympathie de me dire :

 

« c’est terrible ce qui se passe pour vous autres, mais il n’y a pas de fumée sans feu… et … vous avez crucifié notre seigneur Jésus ».

« Désormais tu t’appelles Pierrot, et tu es enfant de cœur ».

 

 

Et il m’apprit toutes les prières.

Oui c’est sûr, cela m’a sauvé la vie.

Je suis à nouveau à la Boisse et ce froid m’oppresse.

On me demande si je veux prendre la parole, mais je ne peux pas….

Je fais non de la tête.

Alors, courageusement, comme il l’avait été lors de ce jour malheureux, mon frère Serge se lève et parles la voie étreinte d’émotion…

Je n’entends pas tout, et je retourne bien vite à mes pensées…

 

 

« Tu t’appelleras Pierrot »…

 

 

Ironie de l’histoire, à plusieurs dizaines d’années de là, lorsque j’étais au cours moyen élémentaire 1ère année, sans me demander mon avis, on a aussi changé mon prénom.

Une institutrice de l’école laïque et républicaine a décidé de régler le problème du Moyen-Orient à elle toute seule au travers de ma personne.

En début d’année en faisant l’appel elle lit difficilement mon état civil :

 

« Hagay… Hanoch… Sobol, né à Kfar Saba… Israël… Imprononçable !…Désormais tu t’appelleras Guy ! »

 

Et en plus de cela, j’étais dyslexique.

 

« Rien à en tirer ! »

 

Pour me guérir de toutes mes tares elle m’accrochait mon cahier dans le dos pour faire le tour de toutes les classes, histoire d’améliorer mon orthographe…

C’est pour cela que je suis allé par la suite au Lycée chez les Dominicains, eux au moins, ils m’ont respecté et accepté tel que j’étais.

Nathan, lui, n’a pas eu la chance d’étudier.

Ils avaient tout perdu, sauf la vie, ce qui n’était pas rien car tant des nôtres étaient morts.

Les quelques biens acquis avant la guerre, appartement ou atelier de couture avaient été aryanisés.

Alors, pas question de les récupérer…

Ils attendirent un long moment, le retour improbable du père…

Puis quand il n’y eu plus aucun espoir, la vie continuant malgré tout, des familles se sont recomposées.

Ainsi rentra dans la notre Shepcel Swornik : une vraie force de la nature, un survivant.

Il avait en effet survécu à la révolution russe, et s’était échappé du camp de Baume la Rolande.

La police arrêta alors sa femme et ses deux enfants.

Il rejoignit par la suite la résistance, mais depuis, il n’était plus vraiment là, il était en sursis.

Il avait choisi ma grand-mère Brukha Besserglick, ce qui veut dire en judéo-allemand :  

 

« bénie et bonne chance »,

 

précisément parce qu’elle avait sauvé ses deux enfants.

Pourtant, à chaque fois qu’il voyait mon père et ma tante, il leur demandait :

 

« Pourquoi vous vous êtes vivants et pas mes enfants à moi ? »…

 

Le jour de son certificat d’étude qu’il réussit brillamment, il fit sortir Nathan de l’école pour qu’il devienne apprenti brocanteur…

Ce n’était pas, loin s’en faut, son souhait le plus cher, mais que faire quand on est un enfant en des temps troublés.

Alors dès qu’il avait un moment, il lisait tout ce qu’il avait pu trouver durant ses journées harassantes, des romans de gare au traité d’astronomie, une boulimie intarissable, un manque que rien ne pouvait combler.

Mais, ce beau père, cet être meurtri et dur comme la vie qu’il avait vécu, sut aussi être un homme bon.

Ainsi, il inscrivit Nathan à l’un des premiers cours de Judo de Paris, où il y fréquenta Duranton, le « Monsieur Muscle » de l’époque.

Ce sport devint vite pour Nathan un élément central de sa vie, un code d’honneur, et une philosophie.

Le Judo remplaça l’éducation qu’il n’avait pas eue.

Plus tard, grâce à son expérience, il mit en place les bases de l’école d’Israël d’arts martiaux.

Il forma des champions, ceux qui allaient populariser le « Krav maga ».

C’est tout lui ça ! : il enseigne, il forme les autres.

Il ne pense pas un seul instant à lui d’abord, alors que tout le désignait pour occuper des postes prestigieux…

Maintenant, le discours est fini, ce sont les condoléances, des gens venus du monde entier sont là, d’Amérique, de Grande-Bretagne, d’Australie, d’Israël…

Nombreux sont les anciens des mouvements de jeunesse : le Dror et l’Hashomer Atzaïr.

Des orphelins pour la plus part ou élevés par des rescapés de la Shoah, c’est là qu’il a rencontré celle qui deviendra sa femme, ma mère, Hannah Goldkranz, « Couronne d’or » en Allemand, tout un programme !

Ceux là sont la vraie famille de mes parents, ils se sont éduqués mutuellement.

Ils partageaient l’indicible, ce qui ne peut s’exprimer par des mots.

Je les connais bien également, ils m’ont pour ainsi dire élevé quand nous étions au Kibboutz.

Ils me considèrent tous comme leur enfant et en même temps, ils évoquent les souvenirs de l’armée comme si je l’avais faite avec eux.

Au cours des années, leurs souvenirs sont devenus aussi les miens.

Mais en ce jour particulier tout se confond…

Mais c’est vrai aussi que j’étais là avec eux puisque j’étais le premier né du groupe et que ma mère n’était pas encore démobilisée alors qu’elle était enceinte…

Chacun me raconte qui une anecdote, qui un service rendu par mon père, mille et un petits détails…mais aussi des pans de vie qui m’étaient inconnus jusqu’alors…

Mon père nous parlait peu, pour les discours il laissait plutôt faire ma mère, la pianiste, premier prix de conservatoire ; elle savait mettre les mots en musique…

Lui c’était un roc, un homme fidèle qui ne manquait jamais à l’appel, mais c’était dans l’action et par l’exemple, qu’il donnait à apprendre.

Me voilà reparti plus de cinquante ans en arrière, jouant de la guitare au coin d’un feu avec les amis des mouvements de jeunesse chantant des chansons politiquement engagées.

Nous rêvions tous de bâtir un avenir meilleur et de monter en Israël, de fuir ces horreurs que l’on ne peut oublier, et après avoir été humiliés, exterminés, …se redresser et devenir la première génération de combattants.

A cette époque pour les garçons le service militaire ce pouvait être soit l’Algérie, soit Israël en vertu du « formulaire B » qui autorisait un citoyen français à servir la France dans le cadre d’une armée étrangère.

L’Egypte, était l’ennemi commun, de la France, de la Grande-Bretagne et d’Israël, car Nasser armait le FLN et prônait la lutte armée contre les occidentaux.

Alors pour ces enfants qui avaient trop vite grandi, et dont la plupart n’étaient pas encore majeurs, le choix était simple.

Nous avons pris le bateau pour traverser la Méditerranée.

Soudain, ma mère se blottit contre moi et me dit :

 

« tu as vu… ils sont tous venus… »

 

Je les regarde alors, ils ont tout à coup leur âge.

Ils ont des cheveux blancs, ils sont fatigués et malades…

Ils pensaient tous que mon père serait le dernier à partir…

Comme quoi !

L’un d’eux me dit alors, « tu sais, il s’en est allé comme il a mené sa vie…dans la dignité. »

 

Dignité…

 

Dès leur arrivée, en pleine campagne de Suez, la guerre du Sinaï, on leur a signifié leur affectation et mis dans les mains un fusil.

Comble du paradoxe, c’étaient des armes allemandes fournies par la Tchécoslovaquie.

Il y avait encore, l’aigle et la croix gammée.

Ces fusils allaient bientôt se retourner contre leurs anciens maîtres qui avaient fuient le Reich après la défaite grâce à quelques complicités et rejoint le proche et moyen orient pour faire profiter les armées des dictateurs du cru de leur savoir faire.

En face, ils n’en avaient aucun, pour seule expérience, ils avaient la rage de vivre, et la dignité des survivants.

Une fois le conflit terminé, ils ont été affectés au Kibboutz Eyal, près de Kfar Sabah, l’endroit où je suis né.

Cette ferme collective était un poste avancé sur la frontière Jordanienne, si on peut l’appeler ainsi.

Car en fait le territoire d’en face, c’était la CisJordanie, la Palestine arabe mort-née annexée par les Jordaniens en 1948.

Dans le Sud, Gaza était passé sous souveraineté Egyptienne.

Il n’y avait malheureusement aucune voix à l’époque pour s’élever contre ce déni de justice…

Au Kibboutz, l’emploi du temps était simple quand on n’était pas soldat on était agriculteur.

L’ambiance était chaude au sens propre comme au figuré.

Les Fedayins et les soldats Jordaniens tiraient régulièrement des obus de mortier sur les agriculteurs, en l’occurrence mes parents…

Les snipers faisaient des cartons sur les pensionnaires du jardin d’enfants, c’est-à-dire moi.

Et parfois dans la nuit un commando se glissait dans l’enceinte faisant des victimes, histoire de nous rappeler que si nous étions encore en vie, c’était parce qu’ils le voulaient bien.

A cette époque, Nathan et Hannah étaient les seuls du groupe à avoir un enfant.

Ils vivaient de plus en plus mal cette situation.

Mais, c’est un autre ennemi, plus sournois encore qui leur força la main.

Ma mère tomba gravement malade : une hépatite virale fulminante.

Il n’y avait pas de traitement. Elle ne pesait plus que 35 kg.

Il n’y avait plus qu’une solution : un rapatriement sanitaire et un pronostic très sombre à la clef…

Retour de toute la famille en France dans des conditions matérielles et morales que je vous laisse imaginer, … et l’attente… Nathan, trouva un métier de commercial et très progressivement, la santé de ma mère s’améliora.

C’était miraculeux…

Puis la vie a repris son cours, encore une fois.

Notre avenir, ce serait désormais la France, comme mes grands parents l’avaient choisi au début du siècle.

Et mon frère Serge est né !

Alors, à partir de cet instant, l’unique objectif de mes parents fut de nous pousser à étudier et d’aller le plus loin possible, pour nous, mais aussi aux noms de ceux qui n’avaient pu être…

Puis vint mai 68, l’année des barricades, mais aussi de la fermeture de l’entreprise où travaillait mon père.

Que faire ?

Un ami, Max, dit à Nathan :

 

« en attendant que ça aille mieux, tu devrais essayer les marchés. C’est temporaire…. Je te remplis un camion de marchandise, du linge de maison : des mouchoirs, des serviettes, des draps, des couvertures, et quand tu peux tu me rembourses ».

 

Alors mon père accepta.

Il n’y connaissait rien, mais il n’avait pas le choix.

Pour son premier marché, à Vénissieux dans la banlieue lyonnaise, il m’amena avec lui.

Je me rappelle, nous étions dans un vieux tube Citroën gris à la tôle ondulée.

En longeant le Rhône nous sommes passés devant la Faculté de Droit Jean Moulin, au sommet de laquelle flottait fièrement un drapeau noir, …la révolution encore…

Puis nous sommes arrivés sur la place du marché.

Mon père ne savait même pas comment monter un banc.

Alors, il déballât comme il le put, et moi de l’aider en transportant quelques paires de drap.

Puis, il me confia la garde du camion et de la marchandise, fit le tour du marché pour apprendre en accéléré l’essentiel de ce qu’il fallait savoir.

Il revint, un éclair de joie brillait dans ses yeux.

Il avait compris en voyant quelques commerçants haranguer la foule, ce qu’il pouvait en faire, non pas simplement de la « postiche » comme on dit dans le jargon du métier, mais monter un spectacle !

Le théâtre qu’il avait pratiqué au mouvement de jeunesse allait lui servir.

Ainsi rapidement, lui qui n’était connu de personne allait créer un style, une méthode que de nombreux collègues et leurs enfants allaient étudier et mettre en application par la suite.

Il comprit aussi, qu’il pouvait travailler autant qu’il voulait, comme il le voulait, sans patron au-dessus de lui.

Avec ma mère ils faisaient jusqu’à trois marchés par jours !…

Puis, ils se lancèrent dans des tournées, faisant des foires dans toute la France.

Par la suite, ils optèrent pour la confection et furent les premiers à introduire des grosses pièces de cuir et de fourrure sur les foires et marchés.

Vous imaginez, vendre du renard et du vison en dehors d’un magasin de luxe, en plein air quelque soit le temps, qu’il pleuve ou qu’il vente ?

Ce qui ne devait être qu’un état passager, devint une grande aventure…

Nous venions avec eux travailler les week-end et pendant les vacances.

Ce fut notre premier métier à mon frère et moi.

Non pas que nous étions obligés, mais c’était une école de la vie, et tout nous paraissait plus facile à côté.

Ainsi, nos parents nous ont donné une solide motivation pour faire des études.

 

 

« Mon père aurait été fier que je sois un élu de la République »

 

 

 

Je me rappelle, il y a de cela quelques années, j’étais déjà Professeur à la Faculté de Médecine de Marseille.

J’étais monté à Lyon pour un congrès au Centre International de Recherche sur le Cancer et devais repartir assez tôt.

Au même moment, mes parents faisaient leur dernière foire avant de prendre leur retraite, celle de St Genis-laval, juste à côté de la maison.

Je n’ai pu trouver le repos durant cette journée.

Aussi, dès mon topo terminé et la série de questions d’usage avec la salle, j’ai pris le bus direction St Genis.

Ayant fait le premier marché avec mon père, je ne pouvais pas décemment ne pas faire la dernière foire avec lui…

Imaginez son regard, quand il me vit arriver en costume, défaire ma cravate, poser ma veste et sans un mot commencer à rentrer la marchandise dans le camion.

Il avait un sourire d’enfant et ses yeux étaient mouillés de larmes.

J’ai encore le cœur serré en me remémorant cette image.

Ce n’était rien, mais pour lui cela valait mille remerciements.

Il avait eu le même regard quand quelques années auparavant il faisait briller la plaque neuve du cabinet dentaire que mon frère Serge venait d’ouvrir.

Il y avait inscrit le nom « Sobol » dans la plus grande artère de Lyon, lui dont le père n’avait pas même eu une sépulture.

Quelle fierté au sens noble du terme, une victoire sur l’adversité.

Une fois, cette page tournée, Nathan se mis à étudier l’informatique.

Depuis longtemps il nourrissait une passion pour la technologie, sans jamais avoir eu le temps de passer à l’acte.

Il devint rapidement plus expert que je ne le serai jamais.

Il se mit à marier sa nouvelle passion avec sa passion de toujours, la photo.

Il restaura de vieux films, fit des montages pour lui et pour d’autres, bref il n’arrêtait pas.

Malgré un agenda très chargé, il paraît que les retraités sont encore plus occupés que les actifs, il trouvait cependant le temps d’être un époux attentionné et un grand-père attentif et prévenant avec ses six petits-enfants.

Pour chacun d’eux il faisait quelque chose de particulier.

Il gardait toujours son calme, savait gérer les crises alors que les parents étaient à bout.

Je l’ai vu leur parler et agir comme il ne l’avait jamais fait avec nous ses enfants.

Je le découvrais sous un jour nouveau… rayonnant, souriant, joyeux et heureux.

En feuilletant les albums photos je le vois, tenant dans ses bras à tous les âges, Eliore ma grande qui fait son droit, Ilana l’athlète, Lisa la joyeuse et David notre dernier, le philosophe.

Ils sont à côté de leur Papy et ils rient, c’est l’expression parfaite du bonheur !

David justement, âgé d’à peine sept ans, en revenant de Lyon, après l’enterrement, me pris le visage entre ses deux mains.

Il me dit avec une voie douce et pleine d’assurance :

 

« tu sais papa, Papy est heureux maintenant. Tu ne dois pas être triste, il n’est pas parti. Il est là, tout autour de toi et il ne serait pas content de voir comme ça… »

 

C’est vrai ! Quand je l’ai vu au dépositoire, il était beau. Il avait un visage sans ride comme apaisé.

Désormais, je reçois des témoignages de sympathie de personnes que je ne connais pas.

Ils avaient rencontré mon père et il avait compté pour eux.

Il les avait aidé quand ils étaient dans le besoin, ou avait simplement fait un geste ; c’est si rare de nos jours !

A l’exemple de l’un de ses locataires, un jeune homme dont la famille de diplomates vivait à l’étranger.

Il était seul en France pour faire ses études et ce dernier le considérait comme son grand père partageant le même goût des arts martiaux.

Il nous a adressé un courrier très touchant, dans lequel il avait joint la photo d’une plage avec un soleil couchant magnifique et un morceau de sa ceinture de judo.

Il disait dans sa lettre :

 

« ce bout d’étoffe sera comme un voile pour votre père qu’il puisse faire son dernier voyage vers des contrées plus clémentes ».

 

Mon père ne m’avait jamais parlé de tout cela et j’en découvre encore tous les jours.

Se dessine, désormais, un portrait nouveau plus complet, celui d’un homme authentique, d’un sage, d’une belle âme.

J’ai tant appris de lui. C’est mon modèle.

Et je sais en entendant mes enfants et nombre de personnes autour de moi qu’il en est de même pour beaucoup d’autres.

Il aurait eu toutes les raisons du monde d’en vouloir à la terre entière, au lieu de cela il nous a légué le devoir de vivre, de transmettre et d’agir pour qu’une telle tragédie de se reproduise plus.

 

 

Ce combat contre l’adversité et l’injustice je le mène déjà au quotidien contre la maladie, le cancer.

Mais comme l’actualité l’impose à nouveau, j’ai décidé de m’engager en politique pour lutter contre l’intolérance, l’antisémitisme, le racisme et l’exclusion sous toutes ses formes.

Mon père aurait été fier que malgré la Shoah et ses complices hexagonaux, je reste fidèle aux valeurs de la France en étant aujourd’hui un élu de la République.

 


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Professeur Hagay Sobol,

Marseille

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 03:02

France Israël Basse Normandie (84)

France Israël Basse Normandie

s'associe pleinement

avec toutes les Associations

amies d'Israël et de la Communauté

pour condamner les propos odieux

tenu par Sieur Caron

lors de l'émission

"On n'est pas couché" de Laurent Ruquier

le 26 avril dernier.


 

 

Madame Elisabeth Lévy rapporte sur son site internet causeur.fr un passage coupé d'Aymeric Caron face à Arcady dans «on n'est pas couché».

Le journaliste Aymeric Caron interpelle Alexandre Arcady :

«Si on interrogeait Merah il dirait qu’il a tué des enfants juifs parce que l’armée israélienne tue des enfants palestiniens. Bien sûr, ça ne justifie rien, mais tout de même, c’est vrai que Tsahal tue des enfants. »

Contactée par TéléObs, la chaine confirme que cet échange a bien eu lieu.

France 2 confirme également que la production a aussitôt décidé, en accord avec la chaîne, que cette séquence ne serait pas diffusée :

«Alexandre Arcady venait parler de son film, les propos d’Aymeric Caron étaient hors sujet et n’avaient rien à faire dans cette discussion ».

Mohammed Merah a froidement assassiné des enfants parce qu’ils étaient juifs, Myriam Monsonego, 8 ans, Gabriel Sandler, 4 ans, Arieh Sandler, 5 ans, et leur père Jonathan Sandler.

 

Mérah a également assassiné à Toulouse et Montauban les militaires parachutistes français Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad.

Il faut rappeler à Aymeric Caron les déclarations du Président de la République :

«à Toulouse, des enfants mouraient parce qu’ils étaient juifs. L’antisémitisme n’est pas une opinion, c’est une abjection»,

ou encore les propos récents de l’ancien Premier Ministre Jean-Marc Ayrault :

«en frappant notre armée, en frappant ceux qui en portaient l'uniforme, et en frappant une école, ce sont deux grands symboles de la République qui ont été pris pour cible.»

Aymeric Caron a tenté, par un amalgame injurieux, une quasi justification des meurtres de Merah par un parallèle avec le conflit entre Israéliens et Palestiniens

Le B’nai B’rith France condamne les propos orientés d’Aymeric Caron qui, dans un contexte politique, économique et social chargé d'incidents racistes et antisémites violents, soufflent sur les braises de la haine.

 

 

 

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 18:43

France Israël Basse Normandie (37)

 

Le Bureau National de Vigilance contre l'Antisémitisme par son Président Sammy Ghozlan, salue la décision de la production ON N EST PA COUCHE d`avoir coupé la séquence dans laquelle le journaliste CARON tient des propos venimeux incitatifs a la haine,de nature à justifier le meurtre antisémite du juif Ilan Halimi évoqué dans le BNCVA situé à Drancy.

Le 27 avril 2014, le BNVCA est alerté par de nombreux correspondants scandalisés par les propos venimeux tenus par le journaliste Emeric Caron, lors de l`enregistrement de l`émission ON N’EST PAS COUCHE, samedi 26 avril 2014 à Propos de la sortie du FILM 24 JOURS d`Alexandre Arcady qui évoque le rapt, les tortures, et l`assassinat du jeune Juif Ilan Halimi, parce que juif.

Le BNVCA rappelle que dès la découverte du corps meurtri de cet enfant juif, nous avions qualifié cet assassinat d`antisémite, en raison des éléments que nous avions recueillis dès le 14 février 2006.

Selon les témoins dans la séquence coupée par la production de l`émission Mr CARON aurait déclaré :

"et l`armée israélienne qui tue les enfants palestiniens...vous voulez les chiffres "comme pour justifier le meurtre de juifs.

Caron serait-il désormais à classer parmi ceux pour qui les victimes ne peuvent être que coupables puisque juives.

Caron ne précise pas que si malheureusement, malgré les précautions prises par les soldats d`Israël, des civils peuvent être tués en temps de guerre, c`est parce que les terroristes du Hamas ou du Hezbollah se servent de leurs enfants comme boucliers humains, ou en installant leurs batteries de missiles dans les appartements occupés par les familles palestiniennes, enfermées de force.

Ce qu`oublie de dire Mr Caron c'est que les palestiniens ne tuent pas seulement des enfants juifs, mais égorgent de préférence des familles entières.

Quant à comparer l`antisémitisme a l`islamophobie, Mr CARON devrait relire les rapports de la CNDH qui précise que les actes antijuifs sont proportionnellement à la petite communauté juive visée 45 fois plus importants que les autres actes racistes.

Par ailleurs, pour le BNVCA s`il est exact que des actes racistes et islamophobes existent, ils ne sont pas le fait des membres de la communauté juive par contre, les témoignages, les plaintes, les enquêtes judiciaires prouvent que la majorité des actes antijuifs sont commis par des individus qui disent appartenir à ces communautés qui prétendent souffrir de racisme.

Le BNVCA n`a eu de cesse de le prouver, le proclamer, et comme l`ont affirmé le Président de la République, l`ancien Ministre de l`Intérieur, le Président de l`Assemblée Nationale,"l` antisémitisme contemporain avance avec le masque de l`antisionisme"

La propagande palestinienne en est la source, les propos de Mr Caron correspondent à ceux tenus par Merah, le tueur antijuif de Toulouse qui a avoué avoir tué des enfants juifs pour venger les enfants palestiniens.

Ce que ne dis pas, ce que ne sait pas le sieur Caron, c`est le nombre important d`hommes, de femmes d`enfants palestiniens, syriens, jordaniens qui sont sauvés par les soldats israéliens, soignés dans les hôpitaux d`Israël.

En se faisant le relai d`une telle propagande mensongère, en exprimant un tel parti pris idéologique, Mr Caron tend à inciter à cette haine d`Israël qui pousse à l`acte antijuif.

Le BNVCA salue la production de l`émission qui a préféré couper cette séquence polémiste odieuse et nauséabonde.

Le BNVCA saisit le CSA, la direction de France 2  et la Ministre de la communication afin que des mesures soient prises pour que les professionnels de l`information n`abusent pas de la liberté d`expression pour exprimer leurs états d`âme plutôt que des faits vrais et vérifiés.

 

 

 

 

 

 

 

BNCVABureau National de Vigilance

Contre l'Antisémitisme

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 12:15

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Le 19 avril 1943, il y a 71 ans, la population du ghetto de Varsovie,  décida de prendre les armes, des fusils dérisoires et autres armes de fortune et de s’opposer à la plus puissante armée de l’époque, l’armée allemande.

 

Affamés, affaiblis, mais animés d’un courage et d’une détermination sans faille, Mordekhai Anielewicz et ses compagnons d’armes affrontèrent avec l’énergie du désespoir, presque  mains nues, les soldats de l’armée allemande, eux,  bien nourris et chaudement vêtus, des soldats aguerris au combat, munis de mitrailleuses, de chars d’assaut des plus sophistiqués, de lance flammes ; armée allemande qu’ils réussirent à tenir en échec plus de trois semaines durant.  

 

Ils savaient leur combat sans espoir et voué à l’échec  mais ils voulaient mourir debout, dans la dignité, les armes à la main, sachant bien ce que signifiait leur "transfert vers l’Est ", vers Treblinka, vers  la mort.

 

Beaucoup d’entre eux avaient conscience que dans cet ultime combat, ils défendaient l’honneur du peuple juif tout entier.


Le soulèvement du ghetto ne fut pas seulement  un défi lancé par les combattants juifs aux bourreaux nazis, mais aussi une accusation pointée à l’adresse du monde libre qui bien qu’informé du génocide perpétré sous ses yeux, laissa faire, dans une indifférence quasi totale.


L’histoire de cette insurrection héroïque, constitue l’un des fondements de l’Etat d’Israël, qui a su glorifié ces actes de bravoure ; Yad Vashem porte le nom de Mémorial de la Shoah et de la Gvoura, autrement dit de l’héroïsme.


A l’approche du 66ème anniversaire de l’Indépendance de l’Etat d’Israël, le souvenir de ces héros luttant contre la barbarie nazie, et brandissant sur les murailles du ghetto le drapeau frappé de l’étoile de David, continue  de vibrer en nous.

 

Leur exemple, leur résistance spirituelle restent pour toutes les générations, un modèle d’inspiration.


Le soulèvement du Ghetto de Varsovie, première et plus emblématique révolte contre l’occupant nazi,  mérite d’être commémoré avec la ferveur réservée aux événements majeurs de notre histoire car dans ce monde, qui aujourd’hui s’embrase à nouveau, il en va de notre survie, de notre lutte éternelle pour la survie.


A l’heure où resurgit dans le monde le spectre de l’antisémitisme,

 

A l’heure où des hommes portant kippa sont brutalement agressés,

 

A l’heure où des femmes, arborant autour du cou l’Etoile de David, sont sauvagement attaquées,

 

A  l’heure où être sioniste ou aimer Israël s’apparente à un  délit,  

 

A  l’heure où des cimetières juifs sont lâchement profanés,

 

A l’heure où les négationnistes banalisent et minimisent la Shoah,  

 

A l’heure où certains tentent de proscrire l’abattage rituel et crier haro sur la circoncision,

 

A l’heure où il ne fait plus bon être Juif dans certains pays d’Europe de l’est,

 

A l’heure où être Juif équivaut à avoir de nouveau la peur au ventre,


Je le clame haut et fort :

 

il est de notre devoir de monter la garde, de rester vigilants, de faire barrage à la haine, car pour reprendre la phrase allégorique de Bertolt Brecht « le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde»…..


Et, par-dessus tout,  il est de notre devoir, et pas seulement de  notre  droit, de nous défendre, car comme l’a si bien dit Herbert Pagani dans son "Plaidoyer pour ma terre"


« Je me défends, donc, je suis …..  ».  


Mais Israël est maintenant là pour veiller à ce  que Massada ne retombe pas une nouvelle fois……


 

 BETTY HAREL,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ambassade d’Israël à Paris
Yaron Gamburg,

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 10:07
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Un groupe d'étudiants israéliens, venus parler de leur pays sur les campus français, a été l'objet de manifestations de haine impressionnantes. L'un d'entre eux décrit ici, au prisme de sa subjectivité d'Israélien, ce qu'il a observé et compris de la France d'aujourd'hui.(NdT)

********
En Israël, ces derniers mois, on a beaucoup parlé et écrit concernant la France, et ce n'était pas très flatteur.
C'est précisément pour cette raison qu'un groupe d'étudiants de l'organisation Israël c'est ça, dont j'ai fait partie, a décidé de faire un voyage dans les campus de ce pays en compagnie de l'Union des étudiants juifs de France (U.E .J.F.) pour promouvoir un dialogue plus équilibré sur Israël.

Les difficultés étaient innombrables.
Jusque récemment, le spectacle le plus populaire des jeunes français était celui du comédien antisémite Dieudonné, qui a ressuscité un salut nazi inversé, faisant éclater la France de rire et provoquant un tollé en Europe.
Ce tumulte connut un pic à Paris, au cours d'une grande manifestation de plusieurs milliers de personnes, en plein jour, qui appela à jeter les Juifs hors de France et scanda :
« Juifs, ce n'est pas votre pays. » 

D'autres furent plus concrets et promirent d'envoyer les Juifs français dans ...des chambres à gaz !!!
Cela conduisit à de nouveaux incidents antisémites qui contribuèrent au sentiment que quelque chose de très fâcheux était en train d'arriver dans la demeure de Voltaire de Descartes.
Au cours de nos activités sur les campus, et avec mes yeux d'Israélien, j'ai vu beaucoup de sourires et une formidable curiosité pour Israël.
Mais il y a eu des circonstances où j'ai réalisé que la haine des Juifs savait se dissimuler avec habileté.
À l'université Lyon I, j'ai rencontré Nicolas.
Quand il a vu que des Israéliens étaient sur le campus, il s'est approché de notre stand et il a posé plusieurs questions sur le processus de paix israélo-palestinien.
Quand nous avons terminé notre discussion, il s'est interrompu un moment, et puis il a dit qu'il était venu avec une solution simple au conflit du Moyen-Orient.
« Il suffit de démanteler Israël » dit-il avec un sourire.
Pour ma part j'ai ri, car je croyait qu'il persiflait, et je lui ai demandé pourquoi.
«Vous voyez,» poursuit-il «ce qui arrive au Moyen-Orient, c'est la même chose que ce qu'il y a ici en France. Les Juifs sont riches et achètent des biens pour jeter les gens hors de leur maison. Comment ces types peuvent avoir tant d'argent ?» 
Nicolas continuait à sourire, et je manquais de mots.
Il ne persiflait pas.
Ce n'était pas un jeu.
Il croyait réellement à ce qui venait de sortir de sa bouche.
À l'université Paris VIII, située dans la banlieue nord de la ville des Lumières, personne ne riait, à aucun moment.
Le bruit de la venue d'Israéliens sur le campus, et l'audace effrontée qu'ils avaient de vouloir parler avec des étudiants français, se répandit comme une traînée de poudre.
Tout a commencé par une manifestation silencieuse, avec une musique de fond, qui se transforma rapidement en hurlements, en appels au boycott d'Israël, en injures, et en franches menaces.
Quand j'ai essayé de fixer sur la pellicule ce qui était en train de se produire, j'ai été physiquement attaqué par l'un de ces activistes.
Honteusement, la sécurité du campus, soutenue par les responsables de l'université, décidèrent que c'était nous qui troublions l'ordre public, et ils démontèrent notre stand.
Le porte-parole de l'université alla même jusqu'à me conseiller de rassembler mes affaires, «avant que les gardes ne vous mettent dehors par la force.»
Peu de temps après, nous avons été poussés hors du campus, sous les clameurs des activistes anti-israéliens qui chantaient que les Juifs sionistes n'étaient pas les bienvenus dans leur université.
Quelques minutes plus tard, je fis en sorte d'avoir une brève conversation avec l'une d'entre eux.
«Pourquoi Israël ? » lui demandai-je.
«Parce que je suis contre le racisme, et vous êtes des racistes, des impérialistes, des colonialistes, des fascistes et des nazis.» répliqua-t-elle.
«Prenez vous parti contre les autres injustices qui se produisent dans le monde ?»
«Non, » répondit-elle avec fermeté. «Je ne m'occupe que d'Israël
Elle ne releva pas naturellement la contradiction qu'il y avait dans ses paroles.
Pourquoi les activistes favorables au boycott m'empêchèrent-ils de filmer leur action ?
Tout simplement parce qu'ils avaient peur.
Ils avaient peur que je montre leur vrai visage, peur que je découvre la nature violente de leurs activités, et plus important encore, ils avaient peur que je mette en lumière le plus terrible secret du mouvement de boycott : une haine ardente contre les Juifs et leur droit à l'autodétermination, l'unique secret dissimulé sous le voile de leurs slogans creux sur «les droits de l'homme» et «la justice».
L'antisémitisme a plusieurs visages.
Cependant contrairement à ce que l'on croit généralement, il ne s'est jamais réinventé lui-même.
L'image du « Juif » au cours des années est passée de «bourgeois capitalistes,» «banquiers avides,» «saboteurs communistes» et «traîtres bellicistes.»
« Le Juif-sioniste» n'est pas différent, il a des caractéristiques très similaires : le colonisateur voleur de terres, l'oppresseur raciste des minorités, et même le meurtrier de masse national-socialiste.
La même France a établi les valeurs de base de la société moderne avec la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; elle a tendance à oublier ce rôle qu'elle a joué, un peu plus, jour après jour.
L'année prochaine marquera le 120e anniversaire de l'affaire Dreyfus et de la bataille d'Émile Zola pour la liberté d'expression dans la République française : il serait bon qu'au Palais de l'Élysée on se rappelle aussi du jour où des étudiants, Israéliens et Juifs français ensemble, ont été expulsés d'une université qui porte le nom d'une ville où les grands philosophes de notre temps sont nés, ont vécu et sont morts.
Il y a quelques années, le lauréat du prix Nobel de la paix, Élie Wiesel, a demandé à l'Assemblée générale des Nations unies, rassemblée à l'occasion de la journée mondiale de la Shoah :
« Le monde a-t-il retenu cette leçon ? »
Ce vendredi après-midi à l'université Paris VIII, j'ai réalisé que le monde n'avait pas encore retenu quoi que ce soit.
Ido Daniel,
par Ido Daniel Times of Israel 24 avril 2014
Traduction: Jean-Pierre Bensimon
thetimesofisrael-fr
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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 21:24

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L'antisémitisme, ciment d'une France multiculturelle ? C'est implicitement le message de Dieudonné et de ses comparses...

 

Janvier 2014 restera un mois noir dans la politique française et dans les relations entre la communauté juive française et la nation. Pour la première fois depuis 1945, en effet, un antisémitisme explicite, militant, s’est manifesté à large échelle dans l’opinion publique et dans la rue.

 

Il y a d’abord eu l’affaire Valls-Dieudonné. Le ministre socialiste de l’Intérieur, Manuel Valls, avait pris, dès les premiers jours de l’année, des mesures en vue d’interdire la tournée que l’ex-humoriste franco-camerounais Dieudonné, dont les « spectacles » ne portait désormais que sur des thèmes antisémites, antisionistes et négationnistes, comptait effectuer à travers la France. On aurait pu s’attendre à ce que Valls conforte ainsi sa cote de popularité, qui était déjà la plus élevée de la classe politique française (près de 60 %  d’opinions positives en moyenne). Il n’en a rien été : au contraire, le ministre a chuté de plusieurs points (tombant à 53 %, par exemple, selon un sondage Ipsos/Le Point du 13 janvier).

 

Il y a eu ensuite l’affaire « Jour de Colère », le 26 janvier. Au cours de cette manifestation de rue, dont l’objet premier était de fédérer les oppositions « de base » - indépendantes des appareils politiques – contre le président socialiste François Hollande, un groupe compact – lié à un autre agitateur, Alain Soral - a vociféré sans répit des slogans antisémites, tels que « Juif casse-toi, la France n’est pas à toi ». Le plus grave, ainsi que l’observait Ivan Rioufol le lendemain dans son blog du Figaro, a été que ni les autres manifestants ni les organisateurs du rassemblement n’ont cru devoir intervenir. Des slogans analogues avaient déjà été entendu par le passé lors de manifestations islamistes : mais en arabe, et non en français, et devant des audiences infiniment plus restreintes.

 

Il serait absurde de conclure de ces deux cas que la France est désormais globalement antisémite. Mais il serait également absurde de nier que l’antisémitisme soit en progrès, aussi bien à gauche qu’à droite, et tout particulièrement chez les jeunes.

 

Après la Libération et la découverte des crimes nazis, l’antisémitisme avait été hors-jeu en France, ou plutôt hors-discours, comme dans la plupart des autres pays occidentaux. Ce consensus devait être pourtant ébranlé de façon spectaculaire le 27 novembre 1967, par l’homme qui était, a priori, le moins susceptible de le faire : Charles de Gaulle, ancien chef de la France libre, restaurateur des droits des Juifs dès 1943 en Afrique du Nord et dès 1944 en métropole, président de la République.

 

Cela se passa au cours d’une « conférence de presse » du chef de l’Etat, un de ces événements que d’aucuns, non sans ironie, qualifiaient plutôt de « grand messe » : un long exposé, devant la presse écrite et audiovisuelle française et étrangère, sur la politique française. Au mois de juin précédent, au lendemain de la guerre des Six Jours, de Gaulle avait adopté une attitude de « neutralité » entre Israël et les Arabes, qui, compte tenu de l’alliance et de l’entente qui avait existé jusque là entre Paris et Jérusalem, équivalait déjà à une rupture : d’autant plus qu’il avait assorti cette prétendue neutralité d’un « embargo » sur les armes destinées aux « belligérants » ne pouvant frapper, les Arabes n’achetant pas de matériels français à l’époque, que le seul Etat hébreu.

 

On s’attendait à des éclaircissements. On eut droit à une charge d’une violence inouïe : les Juifs, affirmaient de Gaulle, étaient « un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur » ; l’Etat d’Israël, dont la création, sur des terres « acquises dans des conditions plus ou moins justifiables » avait soulevé des « appréhensions », avait prospéré grâce aux « vastes concours en argent, en influence et en propagande » des « milieux juifs » en Amérique et « dans beaucoup de pays » ; et maintenant il s’engageait, dans les nouveaux territoires dont il s’était « emparé »,  une « occupation » qui ne pouvait aller « sans oppression, répression, expulsion » et qui susciterait nécessairement un « terrorisme ». L’homme qui avait incarné la résistance française face à l’Allemagne nazie et au régime de Vichy renouait, dans des termes d’autant plus blessants qu’ils étaient mélangés de quelques simulacres de compliments ou d’apitoiements, avec la thématique antisémite classique : dotés de pouvoirs occultes et ténébreux, avides et impitoyables, les Juifs avaient montré, en « attaquant » les Arabes, qu’ils étaient bien les éternels ennemis du genre humain…

 

Ce revirement stupéfia les Juifs, et avec eux une bonne part de l’opinion française. Pour ceux qui n’avaient jamais cessé d’être antisémites depuis 1945, il constituait une absolution. Si un homme tel que de Gaulle s’exprimait ainsi, que pouvait-on encore leur reprocher ? Et comment désormais leur interdire de reprendre à voix haute les vieilles rengaines ? Néanmoins, l’antisémitisme resta encore largement tabou pendant plusieurs décennies. Quand il s’exprimait, c’était presque toujours derrière les masques et paravents de l’antisionisme. Jean-Marie Le Pen, le chef du parti d’extrême-droite Front national, se livrait souvent à des « dérapages » verbaux à caractère antisémite : mais ceux-ci suscitaient en général de la réprobation, y compris dans son électorat. En lui succédant à la tête du parti en 2011, sa fille Marine s’est gardée de l’imiter sur ce point.

 

Comment expliquer la dégradation actuelle ? La crise économique mais aussi sociale et politique que traverse la France constitue un facteur important : le désarroi nourrit l’extrémisme. Le 22 janvier, Le Monde publiait un autre sondage Ipsos, selon lequel 8 % seulement des Français faisaient confiance à leurs partis politiques, tandis que 73 % faisaient confiance à la police et 79 % à l’armée. De tels chiffres annoncent souvent une révolution ou un coup d’Etat. Mais pourquoi cède-t-on plus particulièrement, dans un tel contexte, à une paranoïa antijuive ?

 

L’antisémitisme français et occidental s’inscrit dans une très vieille tradition. Il remonte en fait au marcionisme, une hérésie chrétienne du IIe siècle. Marcion, évêque de Sinope, dans le nord de l’Anatolie actuelle, avait résolu à sa manière le dilemme fondamental du christianisme - comment se réclamer de la tradition juive tout en s’en écartant - en recourant à une réinterprétation dualiste : selon lui, loin de compléter l’Ancien Testament, l’Evangile s’y opposait. Car le Dieu de l’Ancien Testament, démiurge du Monde matériel, était en réalité le Diable ; et le Dieu spirituel de l’Evangile – Jésus – sauvait l’humanité de son emprise. Dans cette perspective, les Juifs, peuple élu de l’Ancien Testament, ne pouvaient être qu’intrinsèquement pervers et malfaisants. Ils avaient « tué » Jésus ; ils propageaient le vice et le malheur.

 

Les grandes chrétientés historiques, qu’il s’agisse de l’orthodoxie, du catholicisme ou du protestantisme, ont rejeté le marcionisme sur le plan doctrinal : elles s’en sont tenues au « mystère d’Israël », tel que Paul l’expose dans L’Epître aux Romains : « les Juifs n’ont jamais été rejetés par Dieu » (XI, 1) ; leur effacement, après la Passion, n’est que provisoire, et n’a d’autre but que de faciliter la conversion des païens « jaloux »  à la foi chrétienne (XI, 11) ; à la fin des temps, quand les Juifs « reviendront à Dieu », ils retrouveront le rang « suprêmement élevé » qui est le leur (XI, 12) ; et attendant, les chrétiens doivent savoir que ce sont les Juifs qui les « soutiennent », comme « les racines soutiennent un arbre » (XI, 18).

 

Mais dans la pratique, il était plus facile aux Eglises, en particulier quand elles s’adressaient à la foule, de recourir à une rhétorique binaire analogue au marcionisme – pureté du christianisme, perversion du judaïsme – que d’enseigner les paradoxes pauliniens ; et par voie de conséquence de traiter les Juifs en ennemis ou en parias plutôt qu’en « frères aînés ».

 

Ce marcionisme de fait s’est incrusté, de manière systémique, dans la culture occidentale au Moyen-Age, puis dans les cultures occidentales ultérieures, au prix de divers aménagements ou ajustements. On peut se faire une idée de sa rémanence à travers le film récent de Mel Gibson, La Passion du Christ (2004). Reprenant des « révélations » attribués à une mystique allemande du XIXe siècle, Catherine Emerich, cette œuvre lie constamment les Juifs à des puissances démoniaques. Elle a rencontré un grand succès dans le public chrétien, tant chez les catholiques que les protestants, et jusque dans des milieux professant des sentiments judéophiles ou pro-israéliens.

 

En termes politiques modernes, le marcionisme s’est traduit au XIXe siècle par deux doctrines  : un antisémitisme d’extrême gauche, laïcisé ; et un antisémitisme d’extrême droite, ultracatholique. Il s’est réunifié au XXe siècle, à travers des mouvements politiques hybrides tels que le fascisme ou le stalinisme, puis s’est divisé à nouveau. De Gaulle, patriote républicain pendant sa maturité – les années 1930 et 1940 - , était né dans une droite catholique et « sociale » marquée par les deux antisémitismes, et peut-être n’a-t-il fait, à la fin de sa vie, que revenir à l’état d’esprit où il avait baigné pendant son enfance et son adolescence.

 

Nous assistons aujourd’hui en France à une nouvelle réunification de l’antisémitisme. Mais aussi à son extension: au marcionisme traditionnel français et europeen s’ajoute en effet, par le biais d’une immigration de plus en plus importante venue du Maghreb, d’Afrique sahélienne et de Turquie, un quasi-marcionisme musulman, une déviation parallèle de l’islam tendant, elle aussi, à résoudre le dilemme des origines en diabolisant les Juifs bien au-delà de ce que suggèrent le Coran ou la Sunna.

 

Les antisémitismes chrétien, postchrétien et musulman avaient commencé à se côtoyer et à s’interféconder dès le XIXe siècle : la haine d’un même Démon étant plus forte, apparemment, que la croyance en des Dieux différents – ou que les mépris et ressentiments liés à la domination coloniale européenne.

 

Avant et pendant la Seconde guerre mondiale, ces convergences se sont précisées. On sait que l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste ont conclu une alliance générale avec l’islam, aussi bien dans le monde arabe (à travers le Grand Mufi de Jérusalem, le nationaliste irakien Rachid Ali, ou le Tunisien Habib Bourguiba) que dans les Balkans ou les régions occupées d’URSS, où ont été levées de nombreuses unités musulmanes SS. On sait moins que les collaborationnistes français ont fait de même en France occupée ou en Afrique du Nord : le PPF de Jacques Doriot et le RNP de Marcel Déat (issus respectivement du communisme et du socialisme) avaient mis sur pied des sections musulmanes, et organisaient à leur intention des meetings à la Mutualité ;  la « Gestapo française » de la rue Lauriston recrutait massivement chez les Maghrébins, au point d’être quasiment devenue en 1944 une « Gestapo arabe ». Et ce qui est encore moins clairement perçu, c’est que des pogroms et des législations antisémites se sont multiplié dans le monde musulman sous l’influence directe du nazisme et du fascisme dès les années 1930 et le début des années 1940 : avant que le conflit israélo-arabe ou le sort des réfugiés arabes de Palestine ne servent de prétextes. Les pogromes se sont succédé en Algérie et en Turquie en 1934, en Irak en 1941, au Maroc en 1942, en Libye et en Egypte en 1945 ; une législation implicitement discriminatoire a été promulguée en Egypte à partir des années 1930, une législation explicitement discriminatoire en Turquie en 1942-1944.

 

Les convergences entre les antisémitismes occidentaux et musulmans se sont poursuivies, et renforcées, après la Seconde Guerre mondiale : de nombreux anciens nazis ont trouvé refuge en terre d’islam ; et le néo-islam radical, tant sunnite (wahhabisme, Frères musulmans, salafisme, néo-ottomanisme) que chiite (khomeinisme), a conforté son antisémitisme propre par une doxa pseudo-scientifique empruntée aux antisémitismes européens (notamment à travers des ouvrages tels que Les Protocoles des Sages de Sion et Mein Kampf). De nouveaux pogromes ont eu lieu – dès 1947 en Syrie et au Yémen ; des législations ouvertement antisémites ont été promulguées à partir des années 1947-1948 dans presque tous les pays arabes ; des politiques d’exclusion puis d’expulsion ont été presque partout mises en place et menées à leur terme. A terme, c’est toute la culture des pays d’islam, savante ou populaire, véhiculée par l’Etat, les universités, les médias, l’édition, le cinéma, les mosquées et les madrassas, qui a été saturée d’antisémitisme occidental.

 

Mais à la pénétration des antisémitismes occidentaux dans le monde islamique fait aujourd’hui suite un phénomène inverse : la remontée vers l’Occident des antisémitismes islamiques. La culture « marcionisée », voire nazifiée, qui prévaut dans le monde musulman reste en effet, dans une large mesure, celle des communautés musulmanes qui s’implantent dans les pays européens et qui en bouleversent peu à peu la démographie et la sociologie. En France, en particulier, les musulmans, immigrés ou enfants d’immigrés pour la plupart, forment aujourd’hui 10 % au moins de la population globale, mais 20 à 25 % des classes d’âge les plus jeunes.

 

Les élites et la classe politique françaises ont longtemps cru que les néo-Français musulmans s’accultureraient par le biais de « l’école républicaine » et des « droits de l’homme ». L’amère réalité, c’est qu’ils y parviennent bien plus facilement et bien plus complètement par le biais de l’antisémitisme, mythe fondateur qu’ils partagent avec un grand nombre de « Français de souche ». Si Dieudonné, humoriste de seconde zone, et son compère Alain Soral, acteur raté, ont acquis un tel poids, une telle auctoritas prescriptrice dans la France de 2014, c’est parce qu’ils effectuent cette alchimie dans leurs personnes. Dieudonné est franco-camerounais, à la fois Blanc et Noir, Français de souche et  immigré. Soral, communiste devenu « nationaliste », puis « national-socialiste », prône « l’égalité et la réconciliation » entre Français et néo-Français musulmans. Mais l’alliage ne prend, pour l’un et l’autre, qu’à travers le discours et l’engagement antisémites.

 

Le noir janvier de 2014 servira-t-il de cote d’alerte ? Pour l’instant, la classe politique ne se préoccupe que… de politique, c’est à dire des élections municipales de mars et des européennes de mai. C’est peut-être un peu court.

 

 

 

Michel gurfinkiel,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : haut

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 21:41

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Soral au mémorial de la Shoah à Berlin

 

 

L’ONG Europe Israël a dénoncé depuis son apparition que la quenelle est un geste antisémite.

 

Le tribunal correctionnel de Bordeaux vient de lui donner raison.


Un homme de 28 ans, né au Maroc et travaillant dans le bâtiment, avait été interpellé le 17 janvier, après avoir été identifié par la police via son compte Facebook, sur lequel il avait posté des photos de lui faisant la quenelle nazie inversée devant une synagogue.

 

Il a été condamné à 3.000 euros d’amende, dont 1.500 avec sursis, par le tribunal correctionnel de Bordeaux.


Jugé pour « provocation publique à la discrimination et à la haine raciale », l’homme a également été condamné à verser 1.500 euros de dommages et intérêts à la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) partie civile au procès.


Il s’agit du premier procès contre les quenelles antisémites, geste popularisé par Dieudonné, et bien entendu considérées par ses partisans comme un geste « anti-système » afin de pouvoir continuer à s’adonner en toute impunité à ces gestes devant des monuments juifs ou rappelant les crimes nazis.

 

Nous avons été nombreux à soutenir qu’il s’agissait d’un salut nazi inversé.

 

Le tribunal nous a donné raison.


Plusieurs photos avaient été diffusées sur Facebook entre le 28 décembre 2013 et le 7 janvier 2014.

 

Sur l’une, le prévenu était vu avec une autre personne effectuant une quenelle devant la synagogue de Bordeaux.

 

Une autre le montrait effectuant une double quenelle devant un portrait d’Adolf Hitler avec la légende :  

 

« J’ai été con de me suicider, aujourd’hui je serais prix Nobel de la Paix ».

 

Il a été condamné à supprimer cette dernière photo (avec Hitler), la seule en fin de compte qualifiée pénalement car restée accessible au public, jusqu’à ces derniers jours, a-t-on précisé de source judiciaire.


A la barre, le prévenu, sans casier judiciaire, s’est défendu de tout antisémitisme.  

 

« Je n’ai rien contre les Juifs. Sur mon Facebook, je fais attention à ne pas faire l’amalgame entre antisioniste et antisémite », a-t-il affirmé. « Ce n’était pas mon but de blesser le peuple juif » (ben voyons).

 

Concernant la photo devant le portrait d’Hitler, il a évoqué une « photo ironique (…) pas un geste antisémite » (il prend les gens pour des...).


« Il y a bien intention d’insulter les victimes du génocide », a plaidé Me Clothilde Chapuis, avocate et présidente de la Licra, estimant que le prévenu « a le verbatim de l’antisémitisme qui ne se connaît pas ».


« En droit, le geste de la quenelle n’est pas incriminé en tant que tel. C’est parce qu’il s’intègre dans un contexte qu’il peut être considéré (…) comme provocation à la haine raciale », a rappelé la procureur Marie-Madeleine Alliot, qui a dénoncé des « faits contraires à notre système républicain ».

 

Elle a aussi souligné que le prévenu a refusé de donner le nom de la personne posant avec lui devant la synagogue de Bordeaux.

 

La procureur avait requis 3.000 euros d’amende.


La Licra s’est dite « un peu déçue » de la clémence du jugement, mais satisfaite qu’en lien avec le contexte, la quenelle « a bien été considérée comme un geste antisémite et une provocation a la haine raciale », un jugement selon elle « important ».


Plusieurs procédures ont été ouvertes en France ces derniers mois, portant sur la réalisation de quenelles par des individus, et à la diffusion de photos de celles-ci.


A Toulouse, un dessinateur a été mis en examen fin janvier pour avoir diffusé la photo d’un homme faisant une « quenelle » devant l’école juive Ozar Hatorah, le lieu de la tuerie du terroriste français Mohamed Merah contre des enfants juifs et un parent, en 2012.


A Limoges, le parquet a ouvert en février une enquête préliminaire après la découverte, sur le site internet de Dieudonné, de la photo de deux hommes faisant des quenelles dans les ruines du village martyr d’Oradour-sur-Glane.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 16:03

France Israël Basse Normandie (30)

 Par Marc Knobel,

 


À ceux et celles qui ont scandé « Juif, la France n’est pas à toi » ;

À ceux et celles qui se délectent, qui se régalent en faisant la quenelle devant des lieux de culte ou devant le Mémorial de la Shoah ;

À ceux et celles qui profanent des tombes juives, chrétiennes ou musulmanes ;

À ceux et celles qui hurlent « Mort aux Juifs » ou « Mort à Israël », lors de manifestations propalestiniennes ;


 

 

À ceux et celles qui injurient, insultent des fidèles, des enfants, se vautrant dans l’indignité et la violence ;

 

À ceux et celles qui postent des messages antisémites sur l’Internet ;

 

À ceux et celles qui alimentent cette haine à coup de textes furieux, de « pitreries » malsaines et glauques ;

 

À ceux et celles qui font de l’antisémitisme leur fonds de commerce ;

 

À ceux et celles qui se veulent les héritiers de leur(s) maitre(s) à (mal) penser : les Céline, les Drumont, les Maurras ou les Brasillach ;

 

À ceux et celles qui veulent en découdre avec les Juifs dans les quartiers difficiles ;

 

À ceux et celles parmi les prêcheurs de haine qui veulent chasser les « judéo-croisés », disent-ils ;

 

À ceux et celles qui alimentent en propagande les futurs terroristes ;

 

À ceux et celles qui jouent avec la misère sociale et cherchent forcément des boucs émissaires ;

 

À ceux et celles qui nient la Shoah ;         

 

À ceux et celles qui crachent sur nos tombes ;

 

À ceux et celles, dont la pensée unique est constituée uniquement d’américanophobie ou d’israélophobie ;

 

À ceux et celles qui, de l’extrême droite à l’extrême gauche, font renaître les passions antijuives ;

 

À ceux et celles parmi les despotes et les fabricants d’ « islamikazes » qui jouent avec le feu et la mort ;

 

À ceux et celles qui défilent avec des banderoles sur lesquelles on lit : « Hitler, Obama, Netanyahu, au nom de Dieu on assassine… »

 

À ceux et celles qui soutiennent les tyrans sanguinaires en Syrie et en Iran ;

 

À ceux et celles qui jouent sur les aspirations de telle ou telle minorité ethnique ;

 

À ceux et celles qui se réfèrent aux Protocoles des Sages de Sion ;

 

À ceux et celles dont les accusations sont si stéréotypées, qu’ils jouent avec le feu ;

 

À ceux et celles qui allument les brèches ;

 

À ceux et celles, les intolérants, les petits, les grossiers, les violents, les méchants, les insupportables, les fanatiques, les méprisables… ;

 

À ceux et celles qui jettent en pâture les Roms ;

 

À ceux et celles qui comparent un Ministre de la République à un singe ;

 

À ceux et celles qui taguent une église, une mosquée ou une synagogue ;

 

À ceux et celles qui jettent en pâture si ce n’est aux chiens des minorités ;

 

À ceux et celles dont le populisme, l’intolérance, le mépris, la haine gangrènent notre société ;

 

À vous…

 

Vous n’êtes pas la France, car la France n’est pas un cri de haine.

 

Vous n’êtes pas la France, car La France n’est pas, ne peut pas être recroquevillée sur elle-même.

 

Vous n’êtes pas la France, car la France ne peut pas se confondre avec quelques promesses démagogiques, quelques slogans malsains et quelques insultes ignobles. Elle n’est pas non plus le terrain de jeu d’islamistes fanatisés.

 

Vous n’êtes pas la France, car les exécrables et les misérables qui veulent diviser, jeter l’anathème et détruire les fondements mêmes de NOTRE République, seront balayés par le vent de l’Histoire.

 

Balayés par le vent de l’Histoire…

 

Balayés...

 

 

Marc Knobel,

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