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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 18:43

France Israël Basse Normandie (37)

 

François Hollande s'est entretenu aujourd'hui avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu auquel il a souligné que la "France condamne fermement les agressions" contre Israël.

"Prévenir l'escalade des violences"

Francois Hollande "lui a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé que la France condamne fermement ces agressions", écrit l'Elysée dans un communiqué qui précise qu'"il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces".

 

Le président de la République "rappelle la nécessité de prévenir l'escalade des violences".

 

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 20:57

drapeau israel

 

Les pages du manuel scolaire des Editions Nathan, présentées ici, sont encore à l’état d’ébauche et de projet d’impression pour la rentrée prochaine.

 

Jérusalem, lieu saint "musulman" sur une carte, insistance sur le conflit palestino-israélien comme source de tous les malheurs du Moyen-Orient, voire du monde, disparition totale du terme hébreu "Shoah", pour "génocide des Juifs et des Tziganes"...

 

Des irrégularités flagrantes et des sur-interprétations politiques des conflits ou évènements du passé deviennent, peu à peu, la norme qu’on souhaite enfoncer dans l’esprit de nos jeunes "têtes (pas toujours) blondes".


Les mots valant pour définition du cours des événements, prennent une importance cruciale, dans la codification des messages que l’on souhaite faire passer aux générations, actuellement, en formation de l’esprit.

 

Dans le document, les programmateurs scolaires prennent, sciemment, des libertés avec les faits.

 

Plusieurs exemples :


 sur la carte illustrative des conflits récents ou en cours, les "pédagogues" fournissent la clé supposée de ces luttes en ne signalant sur la carte du Moyen-Orient, Jérusalem que comme "Lieu Saint musulman", au même tire que la Mecque, Médine, Kerbala ou d’autres, extensibles à merci.

 

De fait, les Juifs ou les Chrétiens sont, d’emblée, exclus de toute prétention à y voir aussi et surtout leur Ville Sainte.

 

A quoi bon, même, négocier son statut, si la Ville n’est pas "ouverte" aux autres confessions, mais bouclée, une fois pour toutes, dans la définition islamophile de nos joyeux révisionnistes ?

 

Si, jamais, Jérusalem fait partie des enjeux du conflit ou de négociations, c’est uniquement pour affirmer que des étrangers, Juifs (ou Américains en Irak) foulent les terres et les lieux de culte musulmans pour se les réapproprier.

 

Automatiquement, l’enfant ou l’adolescent doit adhérer à la thèse de la "colonisation", lorsque la fondation du foyer juif, promis par la Déclaration Balfour, en 1917, précède et de loin toute autre revendication politique.

 

S’il ne s’agissait que d’une "erreur" par simplification outrancière (et alors même que la question posée en en-tête porte sur : " Comprendre la "complexité" des conflits ? ), on lit ensuite que la présentation de l’origine des conflits régionaux (et pas seulement palestino-israélien) repose sur l’assertion suivante :

 

 "Depuis le XXème siècle, il (le Moyen-Orient) est une des principales zones de conflits dans le monde. >

 

La Création de l’Etat d’Israël est une source constante de conflits avec les Palestiniens et ses voisins arabes.

 

Si on veut comprendre la "complexité" des enjeux mondiaux, il faut d’abord "constater" que le conflit directeur et principal, celui qui fait obstacle à la "paix" (par opposition à "conflit") c’est la Création de l’Etat d’Israël et nul autre.

 

On note, tout d’abord, l’inversion chronologique, faisant passer le conflit avec les Palestiniens avant même toute intervention Arabe (dont rien ne dénote l’hostilité fondamentale à cette "Création").

 

Or, chacun, membre de notre génération, est censé savoir que 5 états arabes ont déclaré la guerre à Israël naissant, dès sa déclaration d’Indépendance, avec ce programme pacifique et humanitaire :

 

"Jeter les Juifs à la Mer".

 

Israël n’aurait-il donc jamais "déclaré la guerre " ni aux Palestiniens ni aux voisins arabes ?

 

La question reste en suspens, en faisant de la "création" de l’Etat, l’essence même de tous les conflits.

 

J’ai 14 ou 15 ans et il me vient naturellement à l’esprit qu’en éradiquant cet Etat-obstacle, tous les problèmes pourraient être résolus.

 

Nos éducateurs de jeunes adolescents semblent donc, bien être, avant tout, des adeptes fervents, dévoués et zélés du postulat antisioniste.

 

La complexité voudrait que, sans trancher la question des "réfugiés" de 1948 et d’après, on admette qu’ils sont aussi victimes de la vision arabe optimiste du conflit, pensant faire rapidement avorter le nouvel Etat et renvoyer ceux qui ont quitté, souvent, de leur plein gré, leurs maisons, vers leurs précédentes zones de résidence.

 

Mieux, "en 1948 , une résolution de l’ONU partageait la Palestine en un Etat Juif et un Etat... Palestinien ".

 

D’abord, la date est fausse, puisque c’est le 29 novembre 1947 que cette résolution est présentée et rejetée d’un revers de manche, par tous les Etats arabes et la partie palestinienne.

 

Cette simple erreur de date fait perdre leurs prétentions d’historiens à ce jury, juge et partie.

 

La résolution 181, qui n’a valeur que de recommandation, et non de contrainte, parle, quant à elle, d’un Etat Juif et d’un Etat Arabe.

 

Peu importe les dénominations et l’histoire réelle, pourvu qu’on ait livresque de "redresseurs de torts".

 

Est-ce jouer sur les mots, lorsqu’on a 15 ans ?

 

Si nous voyons que c’est la "Palestine" (région alors géographique ou ne siège aucun Etat déclaré) qui est "partagée", et que les Arabes de Palestine sont bien les "Palestiniens", qualificatif des habitants de cette terre, alors la création d’Israël devient "artificielle", puisque l’ensemble de la Palestine devrait, selon cette logique d’attribution, revenir à ceux qu’on identifie comme les dénommés "Palestiniens".

 

D’où, jusque-là on parlait, bien alors, des Juifs de Palestine et des Arabes de Palestine.

 

Il faut, ici, que seuls ces Arabes soient lésés, en tant que Palestiniens, sans un mot sur le refus arabe de ce plan de partage.

 

L’inversion des deux termes permet de faire glisser la légitimité de cette création, au profit des seuls dénommés "Palestiniens", immédiatement identifiés à la partie lésée, lorsque aucun Arabe ni pays arabe n’a accepté cette résolution-recommandation, la rendant donc caduque .

 

"A la suite des guerres israélo-arabes, Israël occupe l’ensemble de la Palestine" : à aucun moment de la "complexité des conflits", nos pédagogues antisionistes ne vont signaler que l’Egypte occupait Gaza, la Jordanie la Cisjordanie et Jérusalem-Est, interdisant aux Juifs l’accès au Kotel (ou Mur Occidental, dit des "Lamentations").

 

D’autre part, l’ensemble de la "Palestine, de 1921, par exemple, comporte aussi la Transjordanie, où le Royaume hachémite est créé, bien avant (26 ans) Israël.

 

Il ne s’agit donc, plus, que d’une partie et non de l’ensemble de la "Palestine" (géographique ou dénominative, depuis l’Empire romain, sans mention d’une antiquité juive ni d’une aspiration renouvelée à chaque prière, vers ou dans cette région du monde).

 

La logique de la thèse défendue serait donc celle d’une "occupation", lorsque toutes les résolutions, 242 et 323 parleront de territoires "disputés", dans la mesure, où, si on se rapporte à ce que dit précédemment, l’Etat arabe de Palestine a refusé sa création en 1948 et une guerre arabo-israélienne (en posture de défense) s’en est suivi.

 

Concernant les Accords d’Oslo , ce projet de livre stipule qu’ils portent sur la "Reconnaissance mutuelle d’Israël et d’un Etat Palestinien".

 

Preuve en est que ce serait "vendre la peau de l’Ours avant de l’avoir tué", dans la mesure où aucun accord ni traité signé en 1993 n’évoque la reconnaissance d’un Etat Palestinien, -auquel Itzakh Rabin était opposé, alors que Shimon Peres y était plutôt favorable - mais bien de l’ouverture d’un processus de négociation, devant accorder une large autonomie à la future Autorité Palestinienne, en prévoyant, mais seulement plus tard, lors "d’Oslo 2" (1995, appliqué sous Binyyamin Netanyahu, en 1998) la restitution de l’administration de 7 villes principales et de secteurs les raccordant (zones A et B, avec des secteurs en cogestion - et zone C sous contrôle israélien).

 

Un processus, une démarche, une méthodologie n’augurent pas des "résultats". Un enseignant devrait le savoir et privilégier une telle approche. Il s’agissait, d’abord, d’énumérer les problèmes qui fâchent et d’organiser des cycles de négociation, pour résoudre, point par point, le(s) différend(s).

 

Mais "puisque", dans la logique des "enseignants", la reconnaissance de fait d’un Etat "palestinien" préfigure et préjuge de tout le reste, on ne peut que blâmer et accuser, à 15 ans, la partie déjà reconnue depuis 1948 de ne pas jouer le jeu des "promesses" auxquelles elle ne s’est jamais engagé, ou pas en ces termes, ni selon un tel postulat de départ, inventé par les "pédagogues".

 

"Intifada" (définition) : "Révolte des jeunes palestiniens des "Territoires Occupés" contre l’Armée Israélienne " :

 

On croirait revoir un fameux feuilleton de France 2 !

 

Le cadre et les rôles manichééns : de la victime ’spontanée" en révolte et de l"’Occupant" (au sens du Hamas et du Hezbollah, est bien clairement posé.

 

Il n’y a aucune place pour tous les documents sortis depuis, sur la planification de la Seconde Intifada, par Arafat, de nombreux mois et années avant l’expression de la moindre "spontanéité".

 

D’autre part, d’un point de vue israélien, le fait marquant de cette Intifada et de sa lente germination, de 1993 (surtout, 1996) à 2000, c’est que les "négociations" sont régulièrement ponctuées d’attentats-suicide dans toutes les villes israéliennes (à parti d’avril 1994).

 

Parler, en ce cas (de négociation en cours) de territoires "occupés" est plus qu’une faute, cela devient un crime.

 

Car, en négociation, ces territoires sont, une fois encore "disputés", objets de controverse.

 

Et chaque attentat interrompt ce cycle, car chacun des partenaires-adversaires devrait aussi faire montre de sa volonté de paix.

 

Ce qui augure, justement, de l’échec de ces pourparlers.

 

Pour ne pas faire trop long, nous sommes passés sur beaucoup de "points de détails" qui tuent, quant à la présentation de ce manuel :

 

notamment, toute la guerre d’Irak, qui devrait redevenir un vif sujet de débat historique, avec sa fragmentation actuelle, sous les coups de boutoir de "l’Etat Islamique", n’est perçu qu’à travers le prisme des mensonges de Colin Powell sur les ADM (vision orientée).

 

Il ne semble pas indiqué qu’avant, et comme pour l’Afghanistan, les Etats-Unis ne sont pas seulement intervenus pour le "pétrole" [-voir présentation de la région dans le document- , mais parce que les Twins Towers étaient la cible du pire attentat s’étant jamais produit sur leur territoire... Que l’Amérique ce soit ou non trompée sur le diagnostic.

 

En bref, on pourrait croire à un manuel d’incitation au Jihad, tel que distribué dans les territoires palestiniens ou autres Madrassas à travers le monde. Et ces fonctionnaires travaillent, paraît-il, pour l’Education Nationale (française, ni juge ni partie).

 

D’autres pages mériteraient une attention, au moins, aussi grande, quant à l’effacement définitif de toute spécificité juive dans la"Shoah", puisque ce terme est gommé, au profit d’une notion où toutes les meurtres de masse se valent : le "Génocide des Juifs et des Tziganes".

 

Rien de l’ampleur, des bilans minimalistes, une déportation "vers l’Allemagne", lorsqu’il s’agit de Vichy - et non Drancy-Auschwitz, comme la plupart des convois ayant pris cette destination - le nombre des râflés du Vel d’Hiv subit une amputation (de 13.152 à 12.884, sachant que chaque "numéro" incarne un être humain)...

 

A aucun moment, l’élève ne semble vraiment disposer des clés pour répondre aux exercices et questions qui lui sont posées -et les réponses déjà soufflées par les rédacteurs-, au seulement, selon la version déformée que lui communique le manuel.

Nous le répétons, de tels projets "éducatifs" (d’endoctrinement) ne sont pas encore publiés et chaque année, il reste aux parties impliquées, dont les Institutions juives ou le Consistoire, un laps de temps substantiel où ils sont encore en capacité d’intervenir, de questionner, de provoquer le débat nécessaire... avant qu’il ne soit trop tard.

 

 

Marc Brzustowski,

 

jforum portail juif francophone

 

Pour accéder aux pages stipulées,

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 16:30

France Israël Basse Normandie (37)

 

L’exposition avait été annulée sous la pression arabe, la nouvelle version ne fait référence qu’à la « Terre sainte »

 

Il y a six mois, lorsque l’UNESCO avait annulé une exposition sur la connexion du peuple juif à la terre d’Israël juste avant son inauguration, le professeur Robert Wistrich, son auteur, en était devenu livide.

L’annulation, due à la pression arabe, était honteuse, a-t-il fulminé, une « trahison » épouvantable qui a prouvé que l’organisation est « soumise, entièrement, à des considérations politiques », car « il y a une norme pour les Juifs, et il y a une autre norme pour les non-Juifs, surtout s’ils sont Arabes, mais pas seulement ».


La situation s’est beaucoup améliorée depuis, Wistrich et d’autres personnes impliquées dans le projet expliquent, alors que l’exposition ouvrait ses portes mercredi après-midi au siège de l’UNESCO à Paris.

 

Et pourtant, des changements ont été apportés à l’exposition depuis son abandon en janvier.

 

Plus frappant encore, le mot « Israël » a été supprimé du titre de l’exposition et remplacé par « Terre sainte ».

 

Une exposition qui a été initialement intitulée « Le peuple, le livre, la terre : une relation de 3 500 ans entre le peuple juif et la terre d’Israël » est désormais appelée « Les 3 500 d’années de relation du peuple juif avec la Terre sainte ».


Wistrich, l’unique auteur de l’exposition, affirme qu’il n’est plus furieux contre l’UNESCO.

 

S’adressant au Times of Israel cette semaine, il déclare que l’organisation semble avoir radicalement changé son attitude, appelant le fait que l’exposition ait finalement ouvert ses porte est une « percée ».


Cette fois-ci, explique-t-il au Times of Israel cette semaine, l’UNESCO a annoncé officiellement l’exposition sur son site internet, et sa directrice générale, Irina Bokova, lui a envoyé une invitation personnelle dans laquelle elle a exprimé son grand plaisir d’accueillir l’exposition – des choses qui ne se sont pas produites avant la date d’inauguration originale en janvier.

 

« C’était un ton complètement différent », raconte Wistrich, qui dirige le Centre international Vidal Sassoon pour l’étude de l’antisémitisme de l’Université hébraïque.

 

« J’ai pris cela comme un signe sûr que cela allait arriver. Parce que j’avais des doutes jusqu’à très récemment ».

 

En outre, Mme Bokova est remontée un peu dans l’estime de Wistrich.

 

Ces derniers jours, elle a fait deux déclarations publiques qui pourraient être qualifiées de fortement « pro-juives », ce qui est « quelque chose de relativement nouveau », a-t-il déclaré.

 

« Cela pourrait devenir une exposition itinérante. Parce que l’UNESCO a une influence dans de nombreux pays, en particulier dans les pays du Tiers monde et les continents comme l’Asie et l’Afrique », a-t-il expliqué.

 

medal.jpg 

 

 

Le roi Abdallah se voit décerner la plus haute distinction de l’UNESCO par sa présidente, Irina Bokova (Crédit : Ahmed Al Omran, via Twitter)

 

 

 

 

 

 

 

« Une fois qu’elle aura reçu l’autorisation de l’UNESCO, ce qui est important aussi bien symboliquement, que politiquement et culturellement ».

 

En effet, le Centre Wiesenthal a le projet concret d’organiser l’exposition au Parlement européen à Bruxelles, au Congrès des États-Unis à Washington DC, au siège des Nations Unies à New York et dans des églises, des synagogues, des écoles, des centres culturels et autres lieux en occident.

 

« On espère que cette exposition trouvera son chemin dans les capitales du monde », déclare le rabbin Abraham Cooper, doyen associé du centre, en ajoutant que même les Israéliens pourraient aussi avoir besoin d’une leçon d’histoire.

 

« Nous avons besoin d’une telle exposition en Israël. Une grande partie de cette période de l’histoire juive, sur cette terre, est inconnue ».

 

Jusqu’à présent, il n’y a pas de projets pour montrer les panneaux en Iran ou le monde arabe, mais il estime que l’exposition « pourrait contribuer » au processus de paix, car elle donne un aperçu de l’état d’esprit juif, a-t-il déclaré au Times of Israel lors d’une récente interview à Jérusalem.

 

« Je ne sais pas si ça va changer les cœurs. Mais il peut avoir un impact sur certains esprits ».

 

Tout en reconnaissant l’importance du timbre officiel de l’UNESCO sur l’exposition, ni Cooper, ni Wistrich n’était prêt à féliciter l’organisation pour avoir reconsidéré sa décision d’annuler et d’aller de l’avant en laissant l’exposition presque inchangée.

 

« Ils ont pris la bonne décision », a déclaré Wistrich.

 

« Je ne les loue pas. Je pense qu’ils font ce qu’ils auraient dû faire en premier lieu. Et je suis très heureux qu’ils le fassent maintenant. Ce n’est pas une louange. C’est un fait ».

 

Il est difficile de savoir si les délégués arabes de l’UNESCO qui avaient fait pression pour faire annuler l’exposition en janvier ont de nouveau exercé des pressions sur l’organisation, a-t-il indiqué.

 

Ainsi, il « ne dirait pas que c’est un cas de résistance à la pression arabe ».

 

L’UNESCO ne pouvait tout simplement pas annuler deux fois, surtout après l’indignation internationale causée par la première annulation, présume-t-il.

 

Elle ne pouvait pas annuler.

 

Mais elle a changé le nom de l’exposition.

Que s’est-il passé ?

Pour ceux qui ne se souviennent pas de toute la saga, voici un résumé rapide de la façon dont l’exposition en est venue à être, pourquoi a-t-elle été reportée indéfiniment en janvier et comment elle a été reprogrammée par la suite.

 

Il y a deux ans et demi, le Centre Wiesenthal a approché Wistrich, professeur vétéran de l’histoire européenne et juive moderne, et lui a demandé de créer une exposition sur la relation vieille de 3 500 ans du peuple juif avec la terre d’Israël, qui sera affichée au siège de l’UNESCO.

 

Wistrich a accepté, et même s’il était sceptique sur le fait qu’un organe de l’ONU largement accusé de parti pris anti-Israël mènerait à terme le projet, il a écrit 24 panneaux, d’environ 800 mots chacun.

 

L’UNESCO a insisté sur la nomination de ses propres experts scientifiques pour avoir un droit de veto sur le travail de Wistrich mais ils ont finalement approuvé l’exposition, qui a été coparrainée par Israël, le Canada et le Monténégro.

 

Les invitations à la cérémonie d’ouverture, prévue pour le 20 Janvier 2014 ont été envoyées.

 

Invitation-a-lexposition-de-LUNESCO-au-Centre-Simon-Wisent.jpg

 

 

 

Invitation à l’exposition de L’UNESCO au Centre Simon Wisenthal

 

 

 

 

 

 

 

Six jours avant l’ouverture prévue, Abdullah Alneaimi, à la tête du groupe arabe de l’UNESCO, a écrit une lettre à Bokova, la directrice générale de l’organisation, exprimant sa « profonde inquiétude » sur l’exposition, en faisant valoir qu’elle pourrait perturber les pourparlers de paix israélo-palestinien, qui étaient toujours en cours à l’époque.

 

« Le thème de cette exposition est très politique, bien que le titre semble être trivial », écrit-il.

 

« Cette cause est défendue par ceux qui s’opposent aux efforts de paix. La campagne médiatique qui accompagne l’exposition endommagera inévitablement les pourparlers de paix, les efforts incessants du Secrétaire d’Etat américain John Kerry et la neutralité de l’UNESCO ».

 

Bokova a rapidement capitulé.

 

Il restait « des questions en suspens relatives à des points de vue textuels et historiques potentiellement contestables, ce qui pourrait être perçu par les États membres comme mettant en danger le processus de paix », a déclaré l’UNESCO dans un communiqué de presse le 17 janvier.

 

« Dans ce contexte, malheureusement, l’UNESCO a dû reporter l’inauguration de l’exposition ».

 

Dans une lettre aux dirigeants du Centre Wiesenthal, Mme Bokova a rappelé son « engagement très ferme à un consensus dans toutes les décisions et résolutions prises par les États membres sur les questions relatives au Moyen Orient de l’UNESCO ».

 

Il n’y a eu aucune consultation avec le Centre Wiesenthal, ou quelqu’un d’autre, selon Wistrich.

 

« C’était tout simplement un acte arbitraire rempli de cynisme total et, vraiment, de mépris pour le peuple juif et son histoire », a-t-il déclaré au Times of Israel à l’époque.

 

Le Département d’Etat américain a également joué un rôle dans la saga.

 

On leur avait demandé à plusieurs reprises de coparrainer l’exposition mais a refusé, en invoquant un argument similaire à celui utilisé par les délégués arabes.

 

« A ce stade sensible dans le processus de paix en cours au Moyen-Orient, et après mûre réflexion avec l’avis du plus haut niveau, nous avons pris la décision que les Etats-Unis ne seront pas en mesure de co-parrainer l’exposition actuelle », a expliqué Kelly Siekman, la directrice du Département d’État aux affaires de l’UNESCO.

 

« En règle générale, les États-Unis ne coparraine pas les expositions à l’UNESCO sans surveillance de l’élaboration du contenu, de la conception à la production finale ».

 

Le Département d’Etat a plus tard condamné le report de l’exposition, et a dit qu’il avait discuté avec des hauts fonctionnaires de l’UNESCO pour affirmer son vif intérêt pour « voir l’exposition progresser
rapidement ».


L’ambassadeur de Washington à l’ONU, Samantha Power, a déclaré que la décision de l’UNESCO était « mauvaise et doit être inversée ».


Quelques jours plus tard, l’UNESCO reporté l’ouverture de l’exposition pour juin.

 

Selon Cooper, ce rapide volte-face de l’organisation est en grande partie du aux mots forts de Power.

 

« Ses commentaires publics ont probablement eu la plus grande influence sur le processus», a-t-il déclaré, ajoutant qu’elle s’engage à accueillir l’exposition à New York.

 

Les États-Unis a également depuis décidé de devenir un partenaire de parrainage officiel de l’exposition, après avoir fait passer en revue le contenu par plusieurs bureaux qui n’ont rien trouvé à redire.

 

Cela aurait aussi contribué à convaincre l’UNESCO de donner son feu vert à l’exposition, selon Cooper.

 

« La bourse du professeur Wistrich a prévalu. Ce n’est pas une polémique. Il s’agit d’une exposition ».

 

wiesenthal-.jpg

Irina Bokova et le Rabbi Marvin Hier

au centre Simon Wiesenthal

avec une affiche originale de l’exposition

(Crédit : autorisation du Simon Wiesenthal Center)


Qu’est-ce qui a changé depuis janvier ?


Cooper et Wistrich insistent pour dire qu’ils n’ont apporté aucune modification significative à l’exposition, depuis qu’elle a été annulée en Janvier – bien que les fonctionnaires de l’UNESCO ont essayé, selon Wistrich.

 

« Ils ont essayé de tout rouvrir, mais cela a été catégoriquement refusé. Et c’était tout sur le sujet. Parce qu’ils avaient déjà accepté [le contenu avant janvier] de sorte qu’ils ne pouvaient pas revenir et dire maintenant, nous voulons changer le texte et les images. C’est tout simplement ridicule », explique-t-il.

 

Le Centre Wiesenthal a accepté d’effectuer des changements très mineurs, Cooper et Wistrich ont affirmé.

 

« Vous enlevez une citation ici, supprimer quelque chose là, mais ce n’était rien de concret du tout », selon Wistrich.

 

« Le contenu est à 99,9 % celui d’origine», a confirmé Cooper.

 

Et pourtant, au moins deux changements ont été effectués entre janvier et juin et sont évidentes pour tout le monde qui compare les deux invitations officielles adressées avant les cérémonies d’ouverture.

 

Il ya six mois, l’invitation avait bien en vue une image des manuscrits de la mer Morte.

 

unesco.jpg

Le Rabbi Abraham Cooper à l’exposition le 11 juin à Paris

avec l’affiche ultime sans le mot « Israël »

(Crédit : Simon Wiesenthal Centre)

 

Sur l’invitation à l’événement de mercredi, l’image est aux abonnés absents.

 

Wistrich a confirmé que l’UNESCO a demandé que l’image soit supprimée, même s’il ne sait pas ce qu’il y a de répréhensible sur les vieux rouleaux de Qumran.

 

« Peut-être qu’il rappelle trop évidemment, pour ainsi dire, la longévité de l’association du peuple juif avec la terre d’Israël» affirme-t-il.

 

« C’est un affichage très concret du fait que 2 000 années auparavant nous étions là-bas ».

 

Le même hébreu que l’on trouve dans ces rouleaux, dont certains mots remontent à 400 ans avant notre ère, est encore parlée aujourd’hui dans l’État d’Israël, rappelle-t-il, « et ceci est une manifestation frappante de l’intimité de la connexion. C’est ce que je pense, mais ils peuvent avoir d’autres considérations ».

 

Beaucoup plus spectaculaire, tandis que l’invitation originale parle du « Le peuple, le livre, la terre : une relation de 3 500 ans entre le peuple juif et la terre d’Israël », la version actuelle a supprimé le mot «Israël», le remplaçant par le terme évidemment moins problématique de « Terre Sainte ».


À la cérémonie d’ouverture de mercredi, il est devenu clair que le changement sur l’invitation reflète le titre modifié de l’exposition elle-même.

 

Alors qu’en janvier Bokova de l’UNESCO pose avec le rabbin Marvin Hier du Centre Simon Wiesenthal et une affiche pour l’exposition sur « Le peuple, le livre, la terre : une relation de 3 500 ans entre le peuple juif et la terre d’Israël », mercredi Cooper du centre Wiesenthal et Hier ont été photographiés devant une affiche portant un nouveau titre sans Israël mentionné.

 

 

Raphael-Ahren

Raphael Ahren,
correspondant diplomatique du Times of Israel

 

 

 

 

 

 

 

thetimesofisrael-fr

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 17:12

AFIBN (11)

 

L’exposition de l’UNESCO sur l’histoire des liens du peuple juif à la terre d’Israël ouvrira ses portes mercredi à Paris, six mois après la date initiale prévue. L’exposition avait été annulée quelques jours avant son début sous la pression des Etats membres arabes.

L’exposition intitulée « Le peuple, le livre, la terre : une relation de 3 500 ans entre le peuple juif et la terre d’Israël », avait été conçue par l’historien Robert Wistrich pour le centre Simon Wiesenthal qui était en partenariat avec l’UNESCO sur ce projet.

 

Mercredi après-midi, Wistrich et plusieurs représentants du Centre Wiesenthal seront accueillis par le président François Hollande à l’Elysée, quelques heures avant que l’exposition soit solennellement inaugurée en présence de quelque 300 diplomates et autres dignitaires.

 

« Hollande sait tout sur cette exposition », a déclaré Wistrich, qui dirige le Centre international Vidal Sassoon pour l’étude de l’antisémitisme de l’Université hébraïque.

 

« Il s’intéresse également au problème de l’antisémitisme, en particulier depuis qu’il a été aggravé par ce qui s’est passé à Bruxelles », a déclaré Wistrich, se référant à la fusillade du 24 mai au Musée juif de la ville, au cours de laquelle quatre personnes ont été tuées.

 

L’exposition a été initialement prévue pour le 20 janvier, mais en raison de la pression des délégués arabes de l’UNESCO, qui ont fait valoir qu’elle perturberait les pourparlers de paix israélo-palestiniens, l’événement a été reporté indéfiniment.

 

Il restait « des questions non résolues relatives à des points de vue textuels et historiques potentiellement contestables, ce qui pourrait être perçu par les États membres comme mettant en danger le processus de paix », a déclaré l’UNESCO dans un communiqué de presse le 17 janvier.

 

« C’est une telle trahison. Faire cela de cette manière est si honteux », avait déclaré Wistrich au Times of Israel à l’époque.

 

Un « acte épouvantable », l’annulation a « complètement détruit toute revendication que l’UNESCO puisse être la représentante des valeurs universelles de tolérance, de compréhension mutuelle, de respect de l’autre et que les récits sont différents, le dialogue avec les organisations de la société civile et l’importance de l’éducation. Parce qu’il y a une norme pour les Juifs, et il y a une autre norme pour les non-Juifs, surtout s’ils sont arabes, mais pas seulement ».


Essuyant de vives critiques pour sa décision, y compris de hauts fonctionnaires américains, l’organisation a rapidement reprogrammé l’exposition pour le 11 juin.

 

Le Département d’Etat américain a depuis décidé de coparrainer l’exposition, rejoignant Israël, le Canada et le Monténégro comme co-sponsors officiels.

 

L’exposition se compose de 24 panneaux d’environ 800 mots chacun, détaillant les différents aspects de la connexion du peuple juif à Israël à travers les générations.

 

Il pourrait être exporté vers d’autres endroits dans le monde, où les gens connaissent très peu de choses sur ce sujet.

 

« Chaque panneau est une tranche très succincte, non seulement de l’histoire juive, mais plus particulièrement de la relation historique entre le peuple juif de l’aube de son histoire et de la Terre d’Israël, jusqu’à l’heure actuelle », a déclaré Wistrich.

 

« Les spectateurs repartiront avec un fort sentiment de la continuité de la présence juive en Terre d’Israël, l’intensité unique de la centralité spirituelle, religieuse, nationale, historique et traditionnelle de la Terre d’Israël dans la conscience juive ».


L’exposition couvre trois millénaires de l’histoire juive, qui commence par le personnage biblique d’Abraham jusqu’aux efforts de l’Etat d’Israël pour utiliser sa « prouesse » technologique pour faire du monde un endroit meilleur, explique Wistrich.

 

« L’accent n’est pas tant sur ce que les différents conquérants de la Terre sainte ont fait – bien que cela doit de toute évidence être décrit, parce que c’est dans le cadre – mais sur ce qui se passait pour les Juifs à chacune de ces époques historiques : où est-ce qu’ils étaient concentrés, ce qu’ils faisaient, quelles étaient leurs professions, quels étaient les liens spirituels."

 

« La multiplicité de la présence juive est étonnante lorsqu’on l’examine de près, même dans les pires périodes de persécution et de discrimination contre les Juifs, et parfois de massacres de Juifs en Terre d’Israël », a-t-il raconté. « Il y avait toujours des communautés juives quelque part ».

 

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Raphael Ahren,

correspondant diplomatique du Times of Israel

 


 

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 16:56

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« Les incidents antisémites sont des quasi-quotidiens en France », a déclaré le président du BNVCA Sammy Ghozlan

 

 

La police se penche sur des rapports décrivant qu’un adolescent juif s’est fait taser par un gang de jeunes en plein centre de Paris.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, ou BNVCA, a déclaré qu’il avait pris contact avec la police sur la base de rapports dans les médias juifs français de l’agression alléguée, qui, selon le site d’information Alliancefr.com serait survenue mardi sur la place emblématique de Paris : République.

 

Selon le rapport, un groupe de six adolescents noirs ont utilisé un Taser électrique sur un garçon juif identifié par Alliancefr.com uniquement par son prénom, Raphaël.

 

Il portait une kippa et des tsitsit ["franges" au coin des vêtements] et a été attaqué à cause de son apparence juive dans ce qui semble être une attaque antisémite.

 

Un passant est intervenu et la bande a quitté les lieux avant que la police ne puisse les appréhender, selon le site.

 

Un des membres du gang était armé d’un club.

 

Les faits ont été révélés alors que la région parisienne connait une série d’incidents antisémites, dont deux lynchages à Créteil le mois dernier et un incident similaire à Sarcelles en Seine St-Denis.

 

Lundi, des étoiles de David ont été peintes à la bombe sur plusieurs maisons appartenant à des Juifs à Gradignan près de Bordeaux dans le sud-ouest de la France, selon le site d’information alyaexpress-news.com.

 

« Les incidents antisémites sont des incidents quasi-quotidiens en France », a déclaré le président du BNVCA Sammy Ghozlan au JTA.


« Ils sont de plus en plus fréquents, avant les cibles étaient des synagogues, il y a maintenant plus d’agressions physiques sur les personnes : des jeunes Juifs religieux ».


Ghozlan a noté que la série d’incidents pourrait être une résurgence de la violence antisémite dans le sillage de l’assassinat des quatre personnes le 24 mai au Musée juif de Bruxelles.

 

Les autorités belges et françaises soupçonnent le tireur d’être un djihadiste de 29 ans.

 

« Après chaque acte majeur de violence commis récemment, nous avons ressenti une augmentation des attaques, y compris après celle de Toulouse en 2012 », a déclaré Ghozlan en référence à l’assassinat de trois enfants et d’un rabbin dans une école juive par le musulman radical Mohamed Merah.

 

« Malheureusement, ces meurtres inspirent les admirateurs de ces assassins qui imitent leurs actions ».

 

Alors que les nationalistes d’extrême-droite comme Jean-Marie Le Pen « génèrent certainement un discours de haine antisémite, la grande majorité des attaques physiques sont commises par des musulmans », a déclaré Ghozlan.

 

La SPCJ, l’unité des communautés juives de France en matière de sécurité, a enregistré une série de 90 actes antisémites dans les dix jours qui ont suivi les meurtres du 19 mars à Toulouse – qui font partie de l’augmentation de 58 % des incidents antisémites en 2012 par rapport à 2011.

 

 

 

 

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 15:57

Elie-Kakou.jpg

 

Une pensée pour Elie Kakou, parti il y a 15 ans.

 

Mme Sarfati, un classique !

 

Un petit clin d'œil à mon ami Jacques Baranes de Paris qui sait depuis bien longtemps lui rendre magnifique et bel hommage. (Laurent Quinton Secrétaire Général France Israël Basse Normandie)

 

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 19:10

France Israël Basse Normandie (37)

 

(...) Il est inadmissible aujourd’hui d’être raciste en France, impensable, inimaginable. Et c’est une très bonne chose, martelons-le. Mais en voulant chasser à tout jamais les relents nauséabonds de la fièvre nationaliste, on a jeté le bébé avec l’eau du bain.(...)

 

Scandaleux, honteux, inadmissible, tragique…

 

Les adjectifs éplorés pleuvent sur les réseaux sociaux depuis la victoire du Front National aux élections européennes.

 

Avec 25,1% des voix, loin devant l’UMP (20,2%) et très loin devant le PS (14,3%), il y a en effet de quoi donner le sourire à Marine Le Pen.

 

La classe politique n’est pas en reste, filant la métaphore de la catastrophe naturelle (un séisme, a dit Manuel Valls).

 

Et déjà, on explique que ce sont les jeunes et les ouvriers, autrement dit les couches les plus précaires, qui ont joué l’élection.

 

Et déjà on propose des baisses d’impôts…

 

Le problème n’est pas (qu’)économique. Il est avant tout identitaire.

 

« Vive la France! » lançait d’une voix cassée François Hollande quand il n’était encore que candidat.

 

Le président a-t-il seulement prononcé cette même phrase en deux ans ? Non, il n’est plus en campagne.

 

Il est désormais en charge des mauvaises nouvelles.

 

Il gouverne.

 

Plongé dans les méandres de la régulation, il ne propose plus d’idée nationale.

 

Peut-être au motif que ce n’est plus son rôle depuis qu’il incarne les ors de la République.

 

Peut-être parce que le président ne peut pas avoir les mêmes phrases que le candidat.

 

Mais combien de fois ne s’est-on pris à penser, avant les affaires, avant la dégringolade définitive dans les sondages, qu’il suffirait d’insuffler un peu de l’énergie de la campagne pour combattre cette morosité hexagonale qui n’en finit plus, que les Français sont en quête d’idéal et non de réformes.

 

Les temps sont durs pour l’Europe. La domination économique et culturelle appartient au passé.

 

Les candidats promettent beaucoup et les politiques peuvent peu, c’est le jeu de la démocratie, les leaders, aussi volontaires soient-ils, sont soumis à la réglementation européenne, aux lois du marchés, à la lourdeur étatique, aux considérations politiques, aux contre-pouvoirs.

 

Cela, il faut sans doute le dire plus souvent, le répéter, pour contrer le désir infantile d’élire un dirigeant pour le voir tout changer en trois coups de cuillère à pot.

 

Reste qu’accuser les électeurs du FN de pusillanimité est trop facile à ce stade.

 

Et relève du même niveau que de pleurer sur les sort des institutions démocratiques, sur l’abstention, sur ces citoyens trop égoïstes désormais, trop mesquins pour prendre le chemin des urnes.

 

Les électeurs ne sont pas égoïstes ;  ils ne se sentent plus rien à voir avec la chose publique.

 

Et pour cause. L’ère post-moderne a vidé la res publica de son sens.

 

Il n’est quasiment plus aucun domaine où les droits de la personne ne prennent pas le pas sur la collectivité, où la liberté individuelle n’entaille pas l’ethos national.

 

La France chrétienne ? Terminé, la religion n’a plus droit de cité.

 

La France impériale ? Le vilain mot ! La France révolutionnaire, championne des droits de l’Homme ?

 

D’autres ont repris le flambeau, guère plus rien d’enthousiasmant la-dedans…

 

Qu’est-ce que la France aujourd’hui ?

 

Qu’est-ce qui représente aujourd’hui un pays où l’on n’est plus d’aucune religion, d’aucune ethnie et où le credo du vivre ensemble, plaqué par le haut, a crée de facto une société multiculturelle qui s’épuise à n’être jamais rien de trop tranché ?

 

La question mérite d’être posée et elle ne l’est jamais, ou si peu.

 

Il est inadmissible aujourd’hui d’être raciste en France, impensable, inimaginable.

 

Et c’est une très bonne chose, martelons-le.

 

Mais en voulant chasser à tout jamais les relents nauséabonds de la fièvre nationaliste, on a jeté le bébé avec l’eau du bain.

 

On a jeté la fierté nationale, le rassemblement autour de valeurs communes.

 

Valeurs qui, oui, sont forcément identitaires, culturelles, religieuses, ethniques. 

 

Valeurs qui, par définition, se distinguent et parfois s’opposent à d’autres valeurs venues d’ailleurs.

 

Valeurs qui célèbrent un peuple, une particularité, une nation.

 

Qui donnent un sentiment d’appartenance, qui rendent fiers.

 

Qui définissent une communauté pas complètement impénétrable, mais pas complètement perméable non plus.

 

Qui relient les sujets les uns aux autres, à un niveau très concret, quotidien, accessible.

 

C’est de cela aujourd’hui que les grands partis sont punis.

 

C’est de cela qu’est sanctionnée une société qui n’ose plus dire qui elle est, ou pire, n’ose plus poser la question.

 

Non, les électeurs du FN ne sont pas tous chauvins et racistes, et non les abstentionnistes ne sont pas tous bovinement indifférents.

 

Ils sont, au contraire, en quête d’une autre citoyenneté, d’un autre débat public.

 

D’un débat dans lequel la France ne se réduit pas à son art de vivre, à sa bonne chère et à ses frasques galantes.

 

D’un débat dans lequel il ne reste pas qu’un folklore édulcoré destiné au tourisme, tandis que les jeux sont faits ailleurs, en de lointaines institutions, sur les rivages du multiculturel et les sommets du politiquement correct.

 

 

Myriam Shermer,

Ancienne rédactrice en chef du Jérusalem Post - Édition française,

chroniqueuse sur i24news et journaliste free-lance vivant à Tel Aviv

 

 

 

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 11:16

France Israël Basse Normandie (37)

 

L’un des deux frères a dû être hospitalisé. Le cadet, Raphaël, a raconté l’incident sur BFMTV et RTL, affirmant que leurs agresseurs étaient des Maghrébins

 

 

 

Les autorités françaises ont ordonné un renforcement de la protection des lieux de culte juifs, après l’attaque de Bruxelles, tandis que deux Juifs ont été agressés samedi soir à la sortie d’une synagogue en région parisienne.

 

Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve a, dès samedi soir, « donné instruction à tous les préfets de renforcer immédiatement la sécurisation des établissements liés au culte israélite ou à la culture juive », a annoncé dimanche le ministère dans un communiqué.

 

Cette instruction est intervenue quelques heures après une fusillade au Musée juif de Bruxelles faisant trois morts et un blessé grave.

 

En région parisienne, deux hommes « de confession israélite » ont été agressés samedi soir à la sortie de la synagogue de Créteil, a également annoncé dimanche Bernard Cazeneuve, condamnant cet acte « avec une très grande sévérité ».

 

Samedi soir vers 20h30, à la sortie de cette synagogue, deux frères ont été agressés par deux hommes qui les ont roués de coups, a-t-on précisé de sources policières.

 

Le plus âgé, frappé au niveau de l’œil, a dû être hospitalisé.

 

Le cadet, Raphaël, a raconté l’incident sur BFMTV et RTL, affirmant que leurs agresseurs étaient des Maghrébins.

 

« On était en train de marcher dans la rue avec nos kippot (calottes juives), on était en costume de ville normal. Il y a deux Maghrébins qui sont arrivés et qui nous ont frappés. Ils ont commencé avec mon frère avec un poing américain. Ils lui ont balafré tout le visage et après, ils m’ont roué de coups et sont repartis avec leurs vélos », a dit le jeune homme.

 

« Ils disaient juste entre eux, ‘frappe plus fort !’. Il n’y a pas eu de dialogue entre nous. On a réalisé que c’était un acte antisémite. C’est tout simplement parce qu’on est juifs et qu’on a des kippot », a-t-il assuré.

 

Les Juifs de France devront faire attention, a poursuivi le jeune homme.

 

« Sous prétexte que l’on a une kippa, il y a des gens qui arrivent et viennent nous frapper par derrière, et armés. Ils n’ont pas le courage de venir par devant, c’est honteux, de la vraie lâcheté ».

 

Les agresseurs sont activement recherchés, alors que la police judiciaire a été saisie d’une enquête.

Les victimes, âgées de 19 et 21 ans, qui se rendaient à l’office du soir, font partie d’une famille très respectée de la communauté juive de Créteil, selon le responsable religieux de la synagogue, Salomon Ben Admon.

 

« Doit-on mobiliser des camions de policiers pour venir prier dans un lieu de culte ? », a demandé Albert Elharrar, président de la communauté juive de la ville, l’une des plus importantes de la région parisienne.

 

Le président François Hollande a affirmé « la volonté de la France pour que tous les Juifs de France se sentent en parfaite sécurité et tranquillité ».

 

Le ministre de l’Intérieur a indiqué qu’il « tient à réaffirmer sa détermination sans faille à combattre celles et ceux qui, par leurs actes meurtriers ou leurs paroles nauséabondes, propagent le racisme et l’antisémitisme et mettent à mal la cohésion dont notre société a plus que jamais besoin ».

 

M. Cazeneuve a promis aux victimes de l’agression de Créteil « le plein engagement des services de police pour identifier et interpeller dans les meilleurs délais les auteurs de ces actes intolérables ».


L’attaque de Bruxelles a été sévèrement condamnée samedi soir par le président François Hollande et les principaux responsables de la communauté juive de France.

 

 

 

 

 

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 16:56

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Depuis quelques années, on peut parler de déferlante antisémite (ou raciste) sur les réseaux sociaux.

 

On se souvient que sur Twitter, le « hashtag #unbonjuif » de certains internautes, avait suscité un nombre record de tweets à caractère antisémite qui témoignaient de la résurgence d’un racisme à l’égard des juifs particulièrement inquiétant.

 

Ce dérapage avait été dénoncé par plusieurs associations qui avaient assigné Twitter en justice pour contraindre le réseau à lui communiquer, avec l'autorisation du juge, les données permettant d'identifier les auteurs de tweets racistes et antisémites. 

Après des mois de bataille judiciaire, le réseau social américain avait finalement livré « les données susceptibles de permettre l'identification de certains auteurs » de tweets antisémites.

 

Autre exemple :

 

les « pièges à juifs », une soi-disant « plaisanterie » qui sillonnent en Belgique les réseaux sociaux.

 

Il s'agit de clichés qui ciblent les juifs comme celui-ci : sur son compte Facebook un internaute a déposé une image qu’il a trouvée sur Twitter.

 

Sur ce cliché, on peut y voir un four avec deux billets de banque qui représente un… « Piège à juif.»

 

Sur Twitter, la « blague du piège à juifs » est répandue depuis longtemps.

 

On trouve plusieurs clichés similaires, souvent avec un four renfermant des billets, parfois avec une boîte contenant quelques pièces.

 

Plusieurs sont signalés et retirés au fur et à mesure par le réseau social, mais de nouveaux clichés plus ou moins identiques fleurissent aussitôt.

 

Heureusement, certains twittos et membres de Facebook soulignent le mauvais goût de ces sorties ou en essayant de faire la « morale » à ceux qui postent de telles choses.

 

Et sur Facebook, que trouve-t-on ?

 

Cela fait depuis plusieurs années que des supporters probables et autres fans de Dieudonné M’bala M’bala notamment ont investi les réseaux sociaux, en premier lieu Facebook.

 

Les messages qu’ils déposent sont particulièrement violents et le nombre de pages antisémites et racistes ne cesse d'augmenter.

 

Mais ce sont surtout les messages et vidéos négationnistes qui prennent de l’ampleur.

 

Nous avons mené l’enquête.

 

Voilà ce que l’on trouve ici ou là. Un vrai petit musée des horreurs.

 

Sur un compte Facebook, un photomontage négationniste.

 

La page « Quenelle » l'a repris le 5 mars.

 

On y voit Adolf Hitler, au téléphone et les phrases suivantes apparaissent :

 

« 6.000, 600.000, 6 millions. J’en sais rien, moi… C’est l’intention qui compte… Mais vu le nombre en 2014, c’est à se demander si on n’avait pas installé des couveuses… ».

 

Sur un autre compte Facebook, une affiche (de film) a été détournée.

 

En plein milieu de celle-ci, on voit Alain Soral, il porte un casque de soldat américain et la légende est la suivante :

 

« Un film de Robert Faurisson. Il faut sauver le soldat Soral avec Dieudonné M’Bala M’bala et Alain Soral. Leur mission : sauver la bête immonde. »

 

Sur une autre page, on proclame qu’ « Hitler a cofondé Israël avec les Juifs sionistes. »

 

Là, on affirme que l’on est pour la « séparation de l’Etat et de… la religion de la shoah ».

 

Il est notamment écrit que « malgré toutes ces précautions législatives et « éducatives », des citoyens ont tout de même osé blasphémer cette religion de la shoah en effectuant le geste de la quenelle dans des lieux symboliques (wagons de déportation, camp de Birkenau, mémorial…)… »

 

Autre compte, cette fois une caricature antisémite est publiée.

 

On voit un Rabbin se tenant devant l’entrée du Camp de Birkenau avec la légende « Chacun son business… »

 

Autre page, autre caricature : un professeur écrit « Shoah » au tableau noir.

 

Les élèves réagissent :

 

« Et mon cul sur la commode. » « …nanas », réveille-moi à la fin du cours », « C’est à Gaza en live », « c’est du business », « Lire Faurisson pour cela… »

 

Dans « La marche de la quenelle », on trouve un lien vers un site antisémite, complotiste et délirant, avec la mention : « Hitler n'est pas mort en 1945 », ainsi qu’un photomontage ridiculisant Anne Frank.

 

Dans la page intitulée « Soutien à Noémie Montagne (la compagne de Dieudonné) et Dieudonné M'Bala M'Bala », une vidéo est déposée.

 

Ahmadinejad, l’ancien Président iranien, y nie la Shoah.

 

Sur « La marche de la quenelle », Joe le corbeau qui gravite dans la sphère de Dieudonné et fait des juifs sa principale cible, prend la défense de Vincent Reynouard, un négationniste français qui se réclame de l'idéologie nationale-socialiste, condamné le 8 novembre 2007 à un an de prison et 10 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Saverne (Bas-Rhin) pour contestation de crimes contre l'humanité, pour avoir écrit et fait distribuer la brochure « Holocauste, ce que l'on vous cache » auprès de musées, de syndicats d'initiative et de mairies d'Alsace.

 

Dans le même compte, une vidéo de Vincent Reynouard a été déposée.

 

Dans la page des quenelliers toulousains, on proclame :

 

« Arnaque à la Shoah plus de 42 millions de dollars détournés… »

 

Cet autre « quenellier » publie une photo du mur de séparation dans les territoires.

 

La légende est la suivante : « Auschwitz ? Non Israël. »

 

Là, une vidéo de Faurisson y a été déposée.

 

Ailleurs, le dénommé Dieudovore affiche :

 

« Mensonges sur l’extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ».

 

Plus loin, le même a déposé :

 

« Auschwitz : la surprenante vérité occultée : pourquoi les chambres à gaz sont un mythe ».

 

La page « Vaincre l'Oligarchie pour les Générations Futures », s’ouvre sur une autre vidéo de Faurisson.

 

Quant aux dieudonnistes de Haute-Savoie, ils ont déposé une vidéo négationniste :

 

« La vérité sur les camps de concentration : les preuves ! » 

 

Ailleurs, le « Mouvement Quenellier via Quenellesat », affiche « l’hymne de l’ananas » avec « six millions de vue ».

 

Un peu plus loin encore, une caricature immonde et un champ d’ananas.

 

Conclusion provisoire


Internet peut sembler être un endroit où tout est permis, mais ce n’est pas et ce ne doit pas être le cas.

 

Cet espace d’expression est un espace public comme les autres et il est soumis à des règles de vivre ensemble, où le respect de chacun est de mise.

 

De fait, les messages à caractères racistes repérés doivent faire l’objet d’une demande de suppression auprès du géant américain et s’ils n’obtiennent pas la suppression des propos, du groupe ou du compte Facebook de la personne responsable, les associations peuvent aller jusqu’en justice pour dénoncer ces propos racistes ou discriminatoires.

 

Rappelons ici qu’en septembre 2013, la garde des Sceaux avait réaffirmé dans un communiqué de presse que « les réseaux sociaux ne peuvent être des lieux d’impunité où se répandent et se banalisent la parole raciste et antisémite et les appels à la violence. »

 

Rappelons enfin que lors du 28e dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France, François Hollande s'était élevé contre la diffusion de messages à caractère raciste et antisémite sur les réseaux sociaux, affirmant notamment que leurs auteurs auraient des comptes à rendre à la justice.

 

 

 

 


Marc Knobel,
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Ancien professeur d’histoire-géographie, Marc Knobel a été attaché de recherches au centre Simon Wiesenthal à Paris. Il a été également vice-président de la LICRA et membre de l’Observatoire sur l’antisémitisme. Il est actuellement chercheur au Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Par ailleurs, rapporteur à la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, il remet tous les ans une étude sur le racisme sur l’Internet qui est publiée dans le rapport annuel de la CNCDH, remis au Premier ministre.  En 2000 : avec la LICRA et l’UEJF, Marc Knobel engage une action judiciaire contre le portail américain Yahoo parce que l’on y vendait des objets nazis. Ils obtiennent finalement gain de cause en 2001. En 2001 : Création avec les avocats Stéphane Lilti et Me Richard Sebban de l’association « J’Accuse », dont l’objet statutaire est de lutter contre le négationnisme, l’antisémitisme et le racisme sur l’Internet. De 2001 à 2011, Marc Knobel mène d’autres combats judiciaires contre des sites islamistes, négationnistes (Front 14 et le site de l’AAARGH)  et contre les fournisseurs d’accès sur Internet (FAI) pour leur demander de filtrer l’accès à ce site ; des sites néonazis, des librairies d’extrême droite (OGMIOS, l’Aencre) ... En septembre 2002, en juin 2005, en 2007, 2008, 2009, 2010, Marc Knobel participe à des formations sur « Internet et les atteintes à la dignité humaine » devant des magistrats français et étrangers à l’Ecole nationale de la magistrature, à Paris.  Il est l’auteur de très nombreux rapports, ouvrages, articles sur les thèmes et activités qui portent sur ses domaines de recherches respectifs : racisme et xénophobie ; antisémitisme et antisionisme ; négationnisme, nazisme et néonazisme ; islamisme, fondamentalisme, terrorisme ; et  Internet et les nouvelles technologies. Il publie en mai 2012, un ouvrage de 200 pages : L’Internet de la haine. Racistes, antisémites, néonazis, intégristes, islamistes, terroristes et homophobes à l’assaut du Web (Paris, Berg International Editeurs). Il publie en janvier 2013, Haine et violences antisémites. Une rétrospective 2000-2013, Paris, Berg international éditeurs, 350 pages.

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 04:50

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13 février 2006. Ilan Halimi, un jeune homme de 23 ans, de confession juive, est retrouvé nu, affamé, brûlé et supplicié, agonisant au bord d’une voie ferrée à Sainte-Geneviève-des-Bois. Il meurt pendant son transfert à l’hôpital. Dans «24 jours» – sorti au cinéma ce mercredi 30 avril – le réalisateur Alexandre Arcady revient sur ce crime antisémite perpétré par Youssouf Fofana et son «gang des barbares». Pierre-André Taguieff, philosophe et historien des idées, a vu ce film en avant-première. Il explique pourquoi, loin d’être donneur de leçons, «24 jours» offre à chacun des raisons de s’interroger sur la réalité de l’antisémitisme en France. «Cette terrible vérité, dit-il, il fallait la reconnaître et lui donner le statut symbolique d’un événement digne d’être rappelé pour son exemplarité négative.»


JOL Press : Alexandre Arcady revendique un «devoir de mémoire». Partagez-vous ce point de vue ?

Pierre-André Taguieff : Pour traiter de cette affaire aux multiples dimensions, il fallait nécessairement faire un choix, au risque de mettre entre parenthèses certains de ses aspects. Le choix du cinéaste Alexandre Arcady est clair et assumé : il est celui d’un récit fondé sur le point de vue des victimes, et plus particulièrement sur celui de la mère d’Ilan Halimi, Ruth (incarnée par Zabou Breitman, ndlr), personnage bouleversant qui provoque immédiatement une empathie s’ouvrant sur des interrogations d’ordre moral.

 

 

Si le réalisateur peut invoquer à juste titre un «devoir de mémoire», c’est parce que le meurtre d’Ilan Halimi s’inscrit avant tout dans une logique antijuive, et pas seulement dans le cadre d’une affaire crapuleuse. Il faut rappeler en effet la gêne et la résistance de la police comme de la justice, et aussi d’une partie des médias, face à la dimension antijuive des violences subies par Ilan. Il a bien été torturé à mort parce qu’il était juif. Donc, en vertu d’une perception idéologique de son identité sociale et culturelle. Il n’a pas été choisi par hasard. Ni torturé par hasard. Il était vu par les membres du «gang des barbares» comme un représentant d’un groupe jalousé et haï, les juifs, fantasmé comme formant une caste internationale de gens fortunés. 

On se demande encore si ce refus de voir la réalité venait de ce que le chef des «barbares» était un musulman d’origine africaine, et, qui plus est, vivant dans une cité sensible. Un jeune issu de la «diversité», habitant dans un quartier pauvre, donc une victime de la «discrimination» censée tout expliquer. Un jeune noir musulman qui tue un jeune juif ? Difficile à digérer pour des adeptes du politiquement correct, répétant en perroquets bien dressés que l’islamophobie ne cesse de «monter» tandis que l’antisémitisme ne cesserait de «baisser» (affirmation factuellement fausse).

C’était, pour ces belles âmes, «stigmatiser» une fois de plus les «jeunes des banlieues» issus de l’immigration, les accuser d’être «antisémites». Il fallait donc à tout prix que ce meurtre relève du simple fait divers, qu’il soit dénué d’une signification d’ordre idéologique, et, avant tout, étranger à des sentiments antijuifs. Or, la vérité est que la mise à mort d’Ilan ne peut se comprendre sans faire intervenir la haine et le ressentiment visant les juifs, que partageaient les membres du «gang des barbares». Cette terrible vérité, huit ans après les faits, il fallait la reconnaître et lui donner le statut symbolique d’un événement digne d’être rappelé pour son exemplarité négative.  

L’opération de déshumanisation qu’Ilan a subie avait un caractère systématique et les motivations des tortionnaires étaient sans  ambiguïté : il s’agissait  d’abaisser et d’humilier un supposé représentant des «puissants» et des «riches». Autrement dit, les bourreaux d’Ilan, et singulièrement leur chef hyper-violent Youssouf Fofana, étaient mus par une jalousie sociale fondée sur des clichés et des stéréotypes négatifs visant les juifs, associés au pouvoir et à l’argent. Enfermés dans leur vision manichéenne, inaptes à l’empathie vis-à-vis de leur victime, ces jeunes délinquants se sont montrés totalement dépourvus de sens moral. Comme s’ils vivaient dans un autre monde, un monde à eux.  

JOL Press : Pensez-vous qu’il était important que le cinéma s’empare de cet événement tragique ?

Pierre-André Taguieff : Ce film remplit d’abord une fonction de témoignage, qui relaie celui de Ruth Halimi. Témoigner, c’est refuser d’oublier. Mais, en rappelant les faits à travers les souffrances d’une famille, «24 jours» provoque une émotion intense qui permet au spectateur de se mettre à la place des victimes. Il ne s’agit pas que d’une plongée au cœur d’un drame familial. Il s’agit aussi d’un regard, d’autant plus cruel qu’il est retenu, sur les illusions, les aveuglements et les failles qui ont émaillé l’enquête policière. Le film n’est pas donneur de leçons, il offre à chacun des raisons de se poser des questions et de tirer des leçons de ce qui est raconté.  

L’émotion ouvre ici à la compréhension et alimente une indignation authentique, intelligente, qui pousse à l’interrogation sur les conditions de possibilité d’un tel événement. L’un des enseignements de ce film est que la barbarie n’est pas plus une chose du passé qu’une menace lointaine, venant d’ailleurs. Dans les sociétés mondialisées, la barbarie est au coin de la rue. Toutes ses victimes tendent à poser la question de Ruth Halimi : «Qu’est-ce qui nous arrive ?» On peut espérer que ce film permettra aux citoyens français de réfléchir au sens de cette question. De la poser par exemple à propos de la France, en la jumelant avec un «Où allons-nous ?»

Il importe que le grand public, qui lit de moins en moins, ait accès par ce film à une certaine connaissance de la nouvelle barbarie plus ou moins idéologisée qui surgit dans les sociétés contemporaines déstructurées par la mondialisation, où le règne de l’argent va de pair avec l’explosion des rivalités et des affrontements inter-communautaires. En outre, on peut espérer que les enseignants feront un usage judicieux de ce film constituant un remarquable outil pédagogique, occasion de soulever de nombreux problèmes, concernant la délinquance dans les quartiers sensibles, la passivité des témoins devenant ainsi complices des actes de violence, la «tribalisation» de la société française ou l’évolution contemporaine des formes de la judéophobie.

Car l’assassinat d’Ilan Halimi est emblématique de la vague antijuive qu’on observe depuis l’automne 2000, en France comme ailleurs en Europe. C’est dans ce sens qu’en 2008, dans mon livre La Judéophobie des Modernes, je l’ai analysée, non sans considérer les autres aspects de ce crime crapuleux.

Depuis, le djihadiste Mohamed Merah, formé par les milieux salafistes qu’il fréquentait à Toulouse, après avoir tué trois militaires français en tant que tels, a assassiné des juifs en tant que juifs le 19 mars 2012 à l’école Ozar Hatorah (trois enfants et un adulte). Ces deux criminels antijuifs ne sont pas les héritiers des antisémites français «de souche». Leurs maîtres à penser ne sont pas Edouard Drumont, Maurice Barrès ou Charles Maurras, mais Oussama Ben Laden, Ayman al-Zawahiri ou Youssef al-Qaradâwî, et leurs innombrables émules qui prêchent le djihad dans certaines mosquées ou sur Internet. Voilà qui devrait faire réfléchir les milieux qui se veulent antiracistes, et les amener à ouvrir les yeux sur les spécificités de ce que j’ai appelé la nouvelle judéophobie.     

JOL Press : Quel peut être l'impact de «24 jours» sur la société ? Pensez-vous que ce film puisse attiser la haine antisémite de certains, ou au contraire provoquer une prise de conscience ? 

Pierre-André Taguieff : Pour les antijuifs convaincus, tout est prétexte à renforcer leurs préjugés. Pour les plus subtils ou les plus prudents d’entre eux, ce film peut fournir l’occasion de relancer la concurrence des victimes - en opposant par exemple la victime juive Ilan Halimi aux victimes musulmanes des discriminations en France ou aux victimes palestiniennes dans le conflit israélo-palestinien. Dieudonné et ses disciples ne manqueront pas de montrer une fois de plus, à cette occasion, leur art dans la pratique de la mauvaise foi.

Je crois cependant que le film d’Alexandre Arcady, parce que l’émotion intense qu’il suscite conduit à une réflexion d’ordre moral, nourrira le débat public sur certaines dérives criminelles et contribuera ainsi à élever le niveau de conscience des citoyens français sur des problèmes tels que la violence sociale, les ravages causés par la diffusion de doctrines de haine dans certains milieux, et, plus particulièrement, la fixation sur les juifs de fantasmes et de passions négatives qui les définissent à la fois comme des riches, des dominants et des ennemis.

L’enjeu est de lutter contre la «toxicomanie de la haine» (selon la formule du neurophysiologiste Alain Berthoz) et la «dépendance cognitive» qu’elle implique. Ce film me paraît pouvoir provoquer une prise de conscience salutaire des effets criminogènes de la propagande et de l’endoctrinement à visée judéophobe qui, à travers Internet, ont pris ces dernières années une ampleur inquiétante.   

 

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Pierre-André Taguieff est philosophe et historien des idées, directeur de recherche au CNRS.




Propos recueillis par Marie Slavicek

pour JOL Press

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