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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 13:03

Jean-Corcos-judaiques-fm.jpg

judaiques-FM-Paris.jpg

 

 


Dimanche 19 octobre, mon émission comprenait une interview par téléphone avec mon invité vivant en Israël.

 

Il s'agissait de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de l'agence indépendante Metula News Agency.

 

J'avais eu le plaisir déjà de l'avoir comme invité il y a environ deux ans, le sujet  de notre entretien était alors «Peut-on éviter une guerre avec l'Iran ?».

 

Les sujets de sécurité sont trop graves pour en parler de façon superficielle, au détour d'une ou deux questions en les noyant dans le reste ; or son site est une des meilleures sources francophones pour les matières militaires, et j'ai été à nouveau particulièrement impressionné par les précisions qu'il donnait sur la nouvelle guerre de Gaza.
Nous avons évoqué bien sûr cette confrontation avec le Hamas,  mais je souhaitais surtout que, à la lumière de ce conflit, nous parlions des dangers qui menacent Israël, peut-être dans un très proche avenir.
Guerres asymétriques


Première question posée à Stéphane Juffa à propos de la guerre avec le Hamas : on a dit que c'était un nouvel épisode des «guerres asymétriques» que mènent les démocraties occidentales contre les diverses milices islamistes dont fait partie cette organisation palestinienne.
Beaucoup d'analystes, y compris dans la presse israélienne, ont écrit qu'on ne les gagne jamais ; qu'en pensez-vous ?
Mon invité devait d'abord rappeler qu'effectivement, c'est ce qu'on apprend dans les écoles de stratégie du monde entier, et cela à la lumière de toutes ces guerres, depuis celle contre les Boers en Afrique du Sud qui fut la premier conflit contre une «guérilla».
Il a dit cependant qu'il hésiterait à utiliser ce concept dans le cas de la dernière guerre de Gaza, par opposition par exemple avec la guerre contre le Hezbollah en 2006.
Le Hamas avait de l'artillerie légère (les mortiers), lourde (les roquettes), des bases, des camps d'entrainement ; il y avait certes une disproportion en matière d'effectifs avec Tsahal, et au niveau de la sophistication de l'armement ; et là, effectivement, le conflit était asymétrique.
Buts stratégiques


J'ai évoqué ensuite le trouble qui a gagné l'opinion israélienne à la fin de cette guerre.
Il semble que le flou dans les buts stratégiques du gouvernement israélien a beaucoup joué ; on a eu l'impression d'une cacophonie totale entre les ministres.
Or il y avait une façon très simple pour Bibi Netanyahou de bien placer le curseur en démontrant, par avance, que le Hamas ne gagnerait pas, il suffisait de dire :
«Khaled Mechaal réclame la levée du blocus et la création d'un port et d'un aéroport sans aucun contrôle pour pouvoir importer librement des armes sophistiquées de l'Iran, et il ne l'obtiendra pas».

Pourquoi une si mauvaise communication ?
Stéphane Juffa a répondu en faisant un simple rappel sur la direction des opérations pendant la guerre.
Oui, l'ambiance était mauvaise au sein du cabinet, les ministres ne s'adressaient même pas la parole ; et la décision finale de cessez-le-feu n'a été prise que par le premier Ministre et son chef d'État-Major, sans consulter le cabinet restreint.
Cette mauvaise ambiance demeure, les ministres ne s'aiment pas entre eux ; ils n'ont pas les mêmes vues en matière internationale et ils ne sont ensemble que parce que ce gouvernement n'est qu'une coalition d'intérêts entre partis politiques, qui savent qu'ils risquent de perdre beaucoup en cas d'élections anticipées.
Leçons stratégiques


Nous avons ensuite évoqué les leçons stratégiques de ce conflit.
J'ai rappelé bien sûr le succès impressionnant du «Dôme de fer», les missiles anti-missiles israéliens ayant intercepté plus de 90 % des roquettes du Hamas risquant de tomber en zone habitée.
Il y a cependant deux autres menaces stratégiques qui ont été plus difficiles à contrer.
D'abord les tunnels offensifs ; Tsahal était au courant, mais le renseignement militaire semble avoir été pris de court car on ne savait pas qu'ils étaient tellement sophistiqués et qu'il y en avait des dizaines.
Ensuite, les bombardements d'artillerie par des mortiers à courte portée, qui ont tué beaucoup de monde juste à la frontière : est-ce qu'on ne risque pas, à une échelle bien plus grande, d'avoir ces menaces à la frontière du Liban ?
Stéphane Juffa a relevé qu'il parlait de son bureau, à 400 mètres de la frontière du Liban, et il raconté que beaucoup d'habitants de Metula se réveillent la nuit en pensant entendre le creusement de tunnels.
Pour lui, la nature des sols et de la topographie rendent beaucoup plus difficiles la construction de tels tunnels à partir du Sud Liban.
Par ailleurs, un simple grillage séparant les deux pays, une offensive non souterraine est tout à fait possible, bien qu'une opération locale par des tunnels soit aussi possible, en d'autres points de la frontière.
Faute de temps, mon invité n'a pas parlé de la mise au point d'une réponse aux bombardements par les mortiers.
Toujours à propos d'un futur conflit avec le Hezbollah, j'ai d'abord posé le posé le problème de la puissance de feu de cet ennemi sur un plan quantitatif : les 8 batteries du «Dôme de fer» ont évité le pire, seulement pour le Hezbollah on évalue à 100.000 son stock de missiles, alors qu'il n'était que d'environ 10.000 pour le Hamas.
Mon invité a tout de suite réagi en soulignant un point important : il ne faut pas confondre roquettes et missiles.
Le Hamas ne possédait pas de missiles, mais seulement des roquettes.
Une roquette, c'est une fusée qui n'est pas douée d'intelligence.
D'après mon interlocuteur, il en aurait lancé quelques 4.500 ; c'est l'arme terroriste par excellence, destinée à tuer le maximum de personnes en étant envoyée grossièrement vers des agglomérations.
Les missiles, en revanche, sont dotés d'un système de guidage, et ils sont beaucoup plus dangereux car ils changent de trajectoire pour atteindre leurs cibles : le Hezbollah est capable ainsi de toucher toutes les parties du territoire israélien.
Destructions stratégiques


En réaction, j'ai évoqué de mon côté tout ce qui pouvait être détruit en cas de conflit : dégâts sur l'aéroport Ben Gourion, qui serait paralysé ; destructions de bases aériennes ; destruction d'infrastructures stratégiques, comme des centrales électriques, des usines de dessalement d'eau de mer.
J'ai aussi parlé des charges explosives de certains de ces missiles, on parle de 250 kilos ce qui permettrait de détruire un bloc d'immeubles d'après mon invité : le public israélien connait-il vraiment ces menaces ?
Stéphane Juffa a d'abord répondu en rappelant qu'Israël avait toujours été menacé, depuis sa naissance.
L'arsenal du Hezbollah est bien inférieur à celui d'une armée arabe comme celle de la Syrie.
Contrairement à Israël, il ne possède pas d'artillerie, pas de chars, pas d'aviation.
Surtout, il faut considérer au niveau stratégique une guerre dans sa globalité : on ne peut pas empêcher l'ennemi d'avoir des moyens pour nuire, mais ce qui compte au final c'est le résultat ; si on considère la dernière guerre avec le Hamas, l'ennemi a été capable d'envoyer des roquettes jusqu'à la fin, mais - d'après mon invité - il ne lui en restait qu'un millier au moment du cessez-le-feu, donc ce fut une défaite militaire écrasante.
Le Hezbollah «risque de disparaître» à l'issu de la prochaine guerre, mais mon invité a tout de même dit qu'Israël - et singulièrement la zone frontalière où il vit - passerait par des moments très durs ; des infrastructures seraient détruites, et surtout la Metula News Agency évalue le nombre de tués entre 250 et 5.000, civils comme militaires.
Faute de temps, hélas, nous n'avons pas vraiment  évoqué la guerre potentielle avec un autre ennemi potentiel, le fameux «Daesh» ou Califat islamique.
La frontière syrienne s'est réchauffée, les islamistes du Front el Nosra ont chassé les casques bleus,  il y a eu  plusieurs incidents graves où des drones puis un avion syrien ont été abattus par des missiles Patriot.
On a l'impression cependant que l'ennemi prioritaire pour Israël reste l'axe chiite, l'alliance Iran-Hezbollah-Syrie.
Or de plus en plus de voix se font entendre en Occident pour dire que «l'ennemi de mon ennemi étant mon ami», il ne faut plus considérer cet axe comme une menace.
Quelle est l'évaluation stratégique d'Israël ?

 

Stéphane Juffa a confirmé ce que tous les analystes du pays pensent : la menace principale c'est l'Iran, qui possède des missiles balistiques, une marine, une industrie d'armement, un très bon niveau technologique, peut-être demain un armement nucléaire.
Même s'il faut contrer l'Etat Islamique, les alliés occidentaux de l'État hébreu doivent bien réaliser que là est le principal danger.
Lien pour entendre l'émission sur Judaïques FM :

 

 

 

 

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 11:09

Moshe-Ya-alon.jpg

 

Le ministre de la Défense qualifie de "différends" les désaccords avec les USA ; Lapid parle de "crise"

 

Le ministre israélien de la Défense, Moshe Ya'alon a contredit la politique américaine au Moyen-Orient et notamment la centralité du conflit israélo-palestinien en Irak ou en Syrie, lors d'une interview au Washington Post durant sa visite aux Etats-Unis.

"Ils (ces conflits, NDLR) viennent du conflit entre sunnites et chiites, sans aucun lien avec le conflit israélo-palestinien", a-t-il déclaré.

 

Il a ensuite indiqué que la racine du conflit israélo-palestinien était le refus de reconnaitre Israël en tant que nation du peuple juif.

 

Interrogé sur d'éventuelles concessions territoriales pour parvenir à la paix, Ya'alon a répondu "non" catégoriquement.

 

"Nous nous sommes retirés de la bande de Gaza pour satisfaire leurs revendications. Ils ont fini par nous attaquer. Le conflit porte sur l'existence d'un Etat juif, non sur la création d'un Etat palestinien. Chaque parcelle de terres qui leur a été concédée après Oslo est devenue un paradis sûr pour les terroristes", a-t-il précisé.

 

Le ministre israélien a par ailleurs réitéré la position israélienne vis-à-vis du dossier iranien et son opposition à la conclusion d'un accord, soutenant la politique menée par le Premier ministre Benyamin Netanyahou.

 

"Nous sommes préoccupés par cet accord potentiel car le cadre concerne le nombre de centrifugeuses que devrait avoir ce régime. Pourquoi devrait-il obtenir la capacité d'enrichir de l'uranium?", a-t-il dit, ajoutant qu'Israël se réservait le droit de se défendre lui-même.

 

M. Ya'alon a par ailleurs abordé la menace posée par l'Etat islamique en indiquant que "ce n'est pas une menace pour nous, mais pour le monde libre", tout en se montrant optimiste sur les efforts de la coalition pour combattre les djihadistes.

 

Malgré les critiques dirigées à l'encontre de l'administration Obama sur la politique moyen-orientale, le ministre de la Défense a rappelé que les liens entre Jérusalem et Washington était indéfectibles et que les désaccords entre les deux étaient de simples "différends".

 

Néanmoins, le ministre israélien des Finances, Yair Lapid a parlé de "crise" pour qualifier les tensions actuelles entre Israël et les Etats-Unis.

 

"Nous ne devons pas prétendre qu'il n'y a pas crise", a affirmé Lapid samedi exhortant à faire "tout ce qui doit être fait" pour y mettre fin.

 

Vendredi, l'administration Obama aurait rejeté la demande de Ya'alon de rencontrer le vice-président américain Joe Bidden, le secrétaire d'Etat John Kerry et sa conseillère à la sécurité nationale Susan Rice, selon le site d'information y net news com

 

 

 

 

 

 

 

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 12:08

Yossi-Gal

Photo prise d'Erez Lichtfeld

 

 

Par M. Yossi Gal, Ambassadeur d’Israël en France, tribune publiée dans le Figaro le 17 octobre 2014


Le Moyen-Orient traverse un séisme politique.

 

Quel que soit l’endroit où l’on regarde, on constate un bouillonnement :

 

l’Iran poursuit sa course à l’armement nucléaire, Daesh continue d’horrifier la planète, le massacre d’innocents perdure en Syrie, les organisations terroristes du Hamas et du Hezbollah ne cessent d’amasser des missiles et des roquettes, et on pourrait citer encore tant d’autres exemples …

 

Après 50 jours d’attaques terroristes du Hamas à partir de Gaza, la communauté internationale s’efforce de réintroduire l’Autorité palestinienne à Gaza, de reconstruire Gaza et d’assurer le désarmement du Hamas.

 

Dans un tel contexte, il y a quelques impatients qui poussent à une reconnaissance unilatérale de l’État palestinien.

 

Une telle annonce ferait preuve d’une bien courte vue et ceux qui l’applaudissent ne le font que d’une main !

 

Non seulement cela ne résoudra rien, mais cela portera un coup sérieux aux perspectives de paix.

 

Cela compliquera les chances de réel compromis et contreviendra à toute logique en ce sens.

 

Le seul moyen de progresser en faveur d’une résolution du conflit reste une négociation directe des deux parties, qui prouveraient, en face à face, leur bonne volonté à parvenir à des concessions sur tous les sujets actuellement sur la table des pourparlers : la sécurité, les frontières, les réfugiés, les implantations, Jérusalem, etc.

 

Une déclaration de reconnaissance unilatérale ne résoudra aucune de ces questions !

 

Au contraire, il y a de fortes chances pour qu’elle durcisse les positions de chacune des parties et les chances de compromis s’éloigneront encore davantage.

 

C’est vrai, ces sujets ne sont pas simples  à résoudre. Cela nécessitera d’énormes efforts de la part de chacun des partenaires. Mais la paix est faite de compromis.

 

Certains se plaindront que cela prend tant de temps.

 

C’est sans doute vrai, mais où étaient-ils lorsque les Palestiniens ont refusé les offres successives des gouvernements israéliens antérieurs, à l’époque de Barak ou d’Olmert ?

 

Un État ne se construit pas en vendant des illusions.

 

Un État se construit en faisant des choix difficiles, en parvenant à des compromis, en faisant le vœu sincère d’abandonner quelques rêves tout en construisant un futur commun.

 

Le Quartet (qui comprend la France, en sa qualité de membre de l’Union européenne) a déclaré à de nombreuses reprises –notamment le 6 septembre 2010 et le 26 août 2011 :

 

« le Quartet réaffirme que tout acte unilatéral … ne préjugera en rien du résultat des négociations et ne sera pas reconnu par la communauté internationale ».

 

Car toute étape unilatérale délivrerait simplement le message qu’il est payant de refuser toute négociation.

 

Selon les termes du Premier Ministre Netanyahu lors de son discours à l’ONU (2011) :

 

« les Palestiniens devraient d’abord faire la paix avec Israël et ensuite obtenir leur État … Dès la signature d’un tel accord de paix, Israël ne sera pas le dernier État à accueillir un État palestinien en tant que nouvel État à l’ONU. Nous serons le premier. »

 

Ne donnons pas l’illusion qu’à travers un exercice de relations publiques – faire reconnaître un État – on parvient à remplacer la réalité du processus de négociation qui mène à la création d’une entité réelle, honorée et acceptée par les deux parties.

 

Le moment venu, il y aura un accord autour d’une solution négociée.

 

Tout le reste n’est que mirage.

 

 

 

 

Yossi Gal

Ambassadeur d'Israël en France


france israel paris


France Israël Paris

 

 

 

 

 

 

 

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 06:29

total---de-margerie.jpg

 

Le PDG de Total Christophe de Margerie, 63 ans, s’est tué lundi soir dans le crash d’un jet à l’aéroport Vnukovo à Moscou.

 

Le nom de Christophe de Margerie est totalement inconnu en Israël.

 

Sa mort dans un terrible accident en Russie n’a pas fait l’objet de la moindre news dans les grandes chaînes de TV.

 

Très peu de personnes savent, malgré des rumeurs insistantes, que Total ne boycotte pas Israël.

 

Une information parue en 2011 dans IsraelValley:

 

“Le Groupe Total basé à Courbevoie rentre en Israël dans le domaine du solaire. L’entreprise Française a racheté en début de semaine la majorité des actions de SunPower (pour 1,38 milliards de dollars), elle même propriétaire de l’israélien SunRay (SunPower avait racheté SunRay pour 277 millions de dollars en 2010). Sun Power (et donc SunRay) vont bénéficier de très large investissements du pétrolier Français”.

 

L’ancien PDG de Total, qui connaissait parfaitement la géo-politique du Moyen-Orient avait presque "ignoré " Israël.

 

Pas complètement.

 

Quelques informations :

 

“TOTAL, qui a récemment visité le Technion, fait partie des entreprises qui souhaitent investir, croient au développement durable, et sont notamment intéressées par la découverte de solutions en dehors de l’hexagone” selon Muriel Touaty de l’Association technion France.

 

Un article de Caroll Azoulay :

 

« Au Technion , un nouveau projet phare mené par le professeur Gideon Grader est entièrement dédié aux solutions innovantes liées à l’énergie. Les grands groupes, conscients du potentiel de haut niveau qui existe en Israël dans le domaine de la recherche, montrent un intérêt tout à fait sensible pour d’éventuels partenariats », explique t-elle.

 

A l’appui, la décision prise par le groupe Total, à la suite d’une toute récente rencontre avec les chercheurs du Technion, de lancer deux programmes de recherche dans le domaine de l’énergie et des sciences informatiques ou du génie mécanique".

 

En 2012 dans notre site :

 

Selon des sources IsraelValley et confirmées par un site économique Russe :

 

“Gazprom et Total pourraient se lancer dans la production de gaz en Israël. Les chances de Gazprom de participer au projet Léviathan sont assez élevées. Israël voit dans la compagnie russe l’un des plus sérieux candidats afin de participer à la mise en valeur du vaste champ pétrolier. Le français Total pourrait également faire partie de la coentreprise”.

 

ISRAELVALLEY PLUS. Rue 89 : "Total est une entreprise privée fondée en 1924, et a une longue histoire tumultueuse qui va de la Compagnie française des pétroles d’un côté, à Erap, ancêtre d’Elf Aquitaine de l’autre, auxquels il faut ajouter le belge Petrofina, pour aboutir à un groupe consolidé en 2000 sous le seul nom de Total, devenu l’un des plus grands groupes d’hydrocarbures au monde.

Mais l’émergence des grands groupes pétroliers français doit tout à la volonté gaullienne de construire dans les années 60 des géants français à l’échelle mondiale dans les secteurs-clés de l’économie. Ça a marché dans le pétrole (Elf, Total), ça a échoué dans l’informatique (Bull…).

 

Elf et Total ont été longtemps le fer de lance de la France gaulliste sur un terrain dominé par les majors anglo-saxonnes, BP, Shell, Exxon, etc.

 

Total n’a eu de cesse de se faire une place au soleil du Golfe arabo-persique, au risque d’entraîner la France dans une alliance durable et hautement controversée avec le régime de Saddam Hussein en Irak ; Elf a déployé ses activités en Afrique, en étroite symbiose avec les services secrets français, à partir de son fief gabonais, avec des entreprises de déstabilisation partout où il y avait un parfum d’hydrocarbures : enclave angolaise de Cabinda ou réduit biafrais au Nigeria.

 

Des activités génératrices de corruption avec leurs retombées en France comme l’ont montré les années 80 et 90.

 

Peut-on devenir un géant pétrolier sans en passer par de telles turpitudes ?

 

La question mérite d’être posée, mais la réponse apportée par tous les pouvoirs français, de droite et de gauche, jusqu’ici, a été négative : de la Birmanie, où Total a été accusé de complicité avec la junte militaire (souvenez-vous du « rapport Kouchner »…), mais où Christophe de Margerie rencontrait aussi l’ex-dissidente et prix Nobel Aung Sang Suu Kyi ; à l’Irak où les casseroles de l’affaire « pétrole contre nourriture » ont valu une mise en examen au défunt PDG de Total (relaxé en première instance), et continuent de hanter les palais de justice.

 

A l’exception de la Norvège et du Royaume-Uni, on trouve plus souvent des hydrocarbures dans des pays aux régimes autoritaires, et les groupes pétroliers avancent qu’ils ne peuvent faire autrement que de se plier aux mœurs de leurs interlocuteurs.

 

Mais il faut être deux pour se livrer à la corruption…

 

Le secteur a certes connu une grande internationalisation :

 

aujourd’hui, le PDG de Total doit aussi bien séduire les fonds de pension américains qui figurent massivement dans son capital, que le pouvoir de l’heure en France dont l’appui diplomatique reste indispensable dans un secteur marqué par les enjeux géopolitiques.

 

Thierry Desmarest, le prédécesseur de Christophe de Margerie, fut sans doute le premier des PDG du groupe à consacrer autant d’énergie aux « road shows » bi-annuels aux Etats-Unis auprès des investisseurs, parallèlement à son travail habituel auprès des dirigeants iraniens, kazakhs ou angolais…

 

Cette internationalisation ne change pas, bien au contraire, la compétition acharnée que se livrent les grands groupes pétroliers.

 

Les Français ont réussi, depuis la période gaullienne, à se hisser au niveau des plus grands, et c’est assurément un élément important dans la concurrence internationale.

 

Aujourd’hui, ce sont les pétroliers chinois, indiens, brésiliens, qui sont entrés dans cette course de rattrapage, cherchant à assurer l’approvisionnement énergétique de leurs pays, rendant un peu plus complexe la dimension géopolitique du secteur.

 

Ce qui fait du futur PDG de Total un mélange de capitaine d’industrie classique, doublé d’un ministre des Affaires étrangères-bis, d’un patron-bis de la DGSE, et de communicant à la Séguéla pour améliorer l’image publique d’un secteur synonyme de pollution et de frein aux transition énergétiques plus propres et plus éthiques.

 

Christophe de Margerie avait tous ces talents, qui vont avec leur zone d’ombre.

 

Grande compagnie pétrolière cherche oiseau rare…

 

 

 

 

 

Yotan Frishman,

 

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 05:23

1062-hamas

 

La violence bouillonnante à Jérusalem avec comme point culminant l’attaque terroriste de mercredi n’a peut-être pas de nom, mais c’est la flamme que le Hamas veut répandre en Cisjordanie

 

On ne saura qu’avec le recul si la violence à Jérusalem depuis le meurtre horrible de Muhammad Abu-Khdeir en juillet correspond à une troisième Intifada.

 

Pourtant, ce que le meurtre de mercredi de Chaya Zissel Braun a montré, au delà de la cruauté de l’acte et la tension durable à Jérusalem, c’est la perspicacité de la stratégie du Hamas pour renverser l’Autorité palestinienne en Cisjordanie en tuant continuellement des Israéliens innocents.


C’est une des manières dont Israël devrait interpréter les récentes évolutions de la situation à Jérusalem.

 

Lorsqu’Abdel Rahman al-Shaludi, membre du Hamas et proche d’un ancien chef de l’aile armée de l’organisation, a transformé sa voiture en une arme mortelle mercredi, il a agi, que cela ait été planifié ou non, exactement selon les plans d’un coup d’État du Hamas dévoilés en août.

 

Dans le même temps, le Shin Bet a déclaré qu’il avait dévoilé un plan du Hamas pour « renverser l’Autorité palestinienne et prendre le contrôle de la Judée et de la Samarie ».

 

On se faisait déjà une idée du coup d’État : l’encerclement de al-Muqata (siège de l’AP) et le renversement du président de l’Autorité palestinienne.

 

Pourtant, ce que le Shin Bet a découvert était en réalité un plan, coordonné depuis les quartiers généraux du Hamas en Turquie, pour établir un réseau de cellules terroristes.

 

Ce réseau devait comprendre un total de 93 agents « qui destabiliseraient la situation sécuritaire en Cisjordanie et mèneraient une série d’attaques graves en Israël ».

 

Le Shin Bet n’a pas dit la suite : Israël, comme à Gaza, critiquerait l’Autorité palestinienne, la tension monterait, et au final, Israël riposterait.

 

Cela affaiblirait l’Autorité palestinienne au point que le Hamas pourrait entrer en action et finir le travail.

 

Et les réactions à l’attaque terroriste ont été, en effet, inhabituellement dures et dirigées directement contre l’Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas.

 

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon, s’exprimant depuis Washington, a déclaré qu’ « il n’y a pas, et qu’il n’y a jamais eu, une culture de paix au sein de l’Autorité palestinienne, mais plutôt une culture de haine et de djihad contre les juifs ».

 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a considéré que le Hamas était responsable, mais aussi Abbas « qui, il y a seulement quelques jours, a incité à attaquer les juifs à Jérusalem », a-t-il déclaré.

 

Le Hamas, bien sûr, ne peut pas revendiquer à son compte la tension croissante et la violence constante dans la partie nord de la ville depuis le meurtre de juillet.

 

D’autres forcent, opèrent aussi, la friction au mont du Temple et le status quo qui sépare de nombreux résidents arabes de Jérusalem Est de la Cisjordanie. Ils ne sont pas affiliés, au moins par la citoyenneté, avec Israël.

 

Pourtant, il est clairement dans l’intérêt de l’organisation d’entretenir l’instabilité afin que la moindre petite étincelle puisse déclencher une troisième Intifada.

 

« Je le dis et je le répète, je ne reconnaîs pas une Intifada », a insisté le ministre de l’Intérieur Yitzhak Aharonovitch mercredi après l’attaque terroriste.

 

Au lieu de cela, a-t-il déclaré, il y a eu « une augmentation des incidents » depuis peu, mais c’est une augmentation qui, avec l’aide d’une présence policière renforcée dans la capitale, « sera maîtrisée ».

 

Pour Aharonovitch et la police d’Israël, ce ne sera pas une mince affaire. Il faut espérer que la situation soit réglée avant que le feu ne passe par-dessus la barrière pour se propager en Cisjordanie. 

 

 

 

Mitch Ginsburg,

correspondant des questions militaires

du Times of Israel

thetimesofisrael-fr

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 17:33

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Jérusalem - Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mis en garde jeudi contre toute tentative d'attaque à Jérusalem, après qu'un Palestinien a lancé mercredi soir sa voiture contre des passagers qui descendaient du tramway, tuant un bébé.

Jérusalem unifiée était et restera la capitale d'Israël pour l'éternité.

Toute tentative d'attaquer des habitants de Jérusalem sera sévèrement punie, a affirmé M. Netanyahu dans un communiqué de son bureau.

La police applique depuis jeudi matin la tolérance zéro à Jérusalem, après l'attentat qui fait craindre que les tensions grandissantes ne dégénèrent en embrasement général dans la partie palestinienne occupée et annexée de la ville.

Nous allons ramener le calme et la sécurité à Jérusalem, a promis M. Netanyahu dans ce communiqué.

Il s'était entretenu dans la matinée avec les responsables de la sécurité israélienne et avec le policier qui a abattu l'auteur de l'attaque, un Palestinien de 21 ans, membre du mouvement Hamas selon le gouvernement israélien.

Cette attaque, qui a coûté la vie à un bébé de trois mois, avive les troubles qui agitent depuis des mois Jérusalem-Est, annexée et occupée par Israël.

Des heurts opposaient jeudi des Palestiniens et des policiers israéliens dans différents quartiers arabes de la partie orientale de Jérusalem, comme Silwan et Essaouiya, ont constaté des correspondants de l'AFP.

Le Premier ministre israélien a également dénoncé le soutien apporté selon lui à l'attaque par le président palestinien Mahmoud Abbas.

Cet attentat est soutenu par le président de l'Autorité palestinienne Abou Mazen (Mahmoud Abbas) qui glorifie les assassins et congratule l'organisation d'où viennent les terroristes, le Hamas, a affirmé M. Netanyahu dans ce communiqué.

Le Premier ministre avait accusé mercredi Mahmoud Abbas d'avoir participé à échauffer les esprits par de récentes déclarations à propos de l'esplanade des Mosquées, site ultra-sensible vénéré à la fois par les juifs et les musulmans.

(©AFP / 23 octobre 2014 15h43)

 

 

france israel parisFrance Israël Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


http://www.romandie.com/news/Toute-attaque-a-Jerusalem-sera-severement-punie/530257.rom  ©

 

Desinfo.com

 

 

 

 

 

 

 

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 03:23

Old City Jerusalem

Un jeune Palestinien membre du Hamas, a tué un bébé et fait six blessés mercredi à Jérusalem en lançant sa voiture sur un groupe à un arrêt de tramway.


Le conducteur de la voiture bélier, Abed Abdelrahmane Shaloudeh, 21 ans, avait été stoppé par un policier qui a ouvert le feu sur lui alors qu’il tentait de prendre la fuite à pied.

 

Il a succombé jeudi matin à ses blessures.

 

Sept personnes ont été blessées dans l’attaque, dont deux sérieusement et une fillette transportée dans un état désespéré à l’hôpital, où elle a succombé à ses blessures.

 

Les funérailles de Haya Zissel Braun, petite citoyenne américaine de trois mois, ont eu lieu mercredi soir à Jérusalem.

 

L’attaque et les opérations de police qu’elle a provoquées ont encore exacerbé ces tensions mercredi soir, notamment dans le quartier de l’auteur de l’attaque.


Silwan, quartier populaire palestinien à l'est de Jérusalem, résonnait dans la soirée de détonations et du vrombissement d’un hélicoptère en survol.

 

D’autres quartiers à l'est de Jérusalem étaient en proie à des heurts.

 

Deux Palestiniens ont été arrêtés pour avoir lancé des pierres sur des juifs non loin du lieu de l’attaque à la voiture bélier.

 

L’attaque à la voiture bélier est un nouvel accès de violence dans une ville où les troubles s’intensifient depuis plusieurs mois.

 

« ON VENAIT DE SORTIR DU TRAMWAY »

Une vidéo des faits postée sur internet montre une voiture grise braquant brutalement après un croisement sur une importante artère entre l'ouest et l'est de Jérusalem, tout près du quartier général de la police.

 

Elle monte sur un terre-plein utilisée par des piétons entre la route et les rails du tramway.

 

Elle prend en enfilade les piétons qui se trouvaient là.

 

Sur place, l’état de la voiture immobilisée par un poteau au milieu des débris de verre, rendait compte, avec son avant complètement enfoncé, de la violence de la scène.

 

« On venait de sortir du tramway », a raconté sur place Eli Dayan, un témoin, « on a vu une voiture arriver du nord à toute vitesse.

 

On a compris qu’il se passait quelque chose.

 

A quelques centimètres près, il nous écrasait.

 

Il s’est fracassé sur un poteau.

 

Il est sorti de la voiture et s’est enfui en courant. Deux personnes en civil lui ont couru après et on a entendu des tirs ».

 

Une autre vidéo le montre au sol, tenu en respect sous la menace d’un pistolet tenu par un homme en civil.

 

SORTI RÉCEMMENT DE PRISON

Le jeune homme était sorti récemment d’une prison israélienne où il avait purgé une peine d’environ 18 mois, ont dit des membres de sa famille.

 

Il était un neveu d’un ancien faiseur de bombes notoire du Hamas, Muhi al-Din Sharif, tué à Ramallah en Judée Samarie (cisjordanie) dans des circonstances mystérieuses en 1998, ont indiqué des proches.

 

Sa page Facebook montre des posters affichés dans son quartier pour célébrer sa sortie de prison et le présentant par photomontage avec son oncle et Ahmed Yassine, l’ancien leader spirituel du Hamas éliminé en 2004 par Israël dans la bande de Gaza.

 

Le jeune homme vient du quartier populaire de Silwan au coeur de l’actualité récente à cause des crispations et des heurts provoqués par l’installation de juifs au milieu des Palestiniens.

 

Devant ces évènements, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a « donné l’ordre de renforcer la présence policière à Jérusalem ».

 

Les Etats-Unis ont fermement condamné l’attentat, que la porte-parole du département d’Etat, Jennifer Psaki, a qualifié dans un communiqué d’ »abject ».

 

Les tensions permanentes à l'est de Jérusalem ont été exacerbées au cours des derniers mois par une série d’évènements qui ont culminé avec la guerre dans la bande de Gaza.

 

Certains quartiers sont le théâtre d’affrontements quasiment quotidiens entre Palestiniens et policiers.

 

NETANYAHU ACCUSE ABBAS

Jérusalem a connu le 4 août, en pleine guerre à Gaza, son premier attentat mortel depuis plus de trois ans quand un jeune Palestinien à bord d’une pelleteuse a percuté et retourné un bus, tuant un juif orthodoxe et blessant cinq autres personnes, selon la police.

 

Il a été abattu par des policiers.

 

JERUSALEM 23Les tensions ont atteint l’esplanade des Mosquées proche du Kotel(Lieu Saint Juif appartenant à l'ancien Temple du roi Salomon).

 

Le Premier ministre israélien a accusé le président palestinien Mahmoud Abbas d’avoir incité à l’acte terroriste à Jérusalem par de récentes déclarations à propos de l’ultra-sensible site religieux.

 

D’après AFP

 

 

 

 

 

 

tribune juive info


 


 


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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 19:45

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150px-Likud Logo

 

Moshe Kahlon, né le 19 novembre 1960 à Hadera, a été l’un des hommes politiques israéliens les plus en vue.

 

Député du Likoud, il a détenu les portefeuilles ministériels des Communications, de la Santé et des Affaires sociales.

 

Entré à la Knesset pour la première fois en 2003, alors qu’il avait été élu en troisième position  durant les primaires du Likoud, il avait annoncé à la grande surprise  des dirigeants de son parti, trois mois avant les élections anticipées, qu’il avait décidé d’une pause politique en ne se présentant pas aux élections du 22 janvier 2013.



Désaccords idéologiques


Il n'avait pas voulu trop s’étendre sur les raisons de son désistement alors qu’il était pratiquement certain d'obtenir la première place aux primaires.
Il ne voulait pas porter préjudice à son camp en affichant ouvertement ses divergences idéologiques et économiques avec le gouvernement.
Il avait en effet peu apprécié l'alliance surprise entre les listes du Likoud avec celles d’Israël Beiteinou d’Avigdor Lieberman.
Il ne trouvait pas les décisions économiques du gouvernement suffisamment dynamiques pour enrayer la pauvreté en Israël. Sa décision brutale avait surpris tous les politiques,  et surtout le premier d’entre eux.
Ce fut un coup dur pour Netanyahou car Moshé Kahlon, issu d'une famille nombreuse modeste, était la caution orientale du premier ministre par ses origines libyennes.
Il représentait aussi sa caution sociale car, durant son mandat à la Knesset, il s’était attaché à améliorer la situation financière des catégories sociales défavorisées. Il avait présenté en particulier un projet de loi visant à réduire la facture d’électricité des familles pauvres.
Par ailleurs, il avait réussi à casser le monopole des opérateurs de téléphonie mobile en libéralisant le marché.
Les coûts des forfaits ont subi alors une baisse de moitié.
Système sclérosé


Depuis quelque temps déjà, la situation politique ronronnait devant l’absence flagrante d’une opposition digne de ce nom.
La situation économique était passée au second rang à la suite de la guerre de Gaza qui nécessitait la mobilisation de toutes les énergies.
Mais rien n’a changé après le cessez-le-feu, avec les mêmes causes et les mêmes effets, puisque déjà les élections de 2013 avaient été anticipées par suite d’une absence de majorité pour le vote d’un budget d’austérité.
Kahlon n’a pas voulu cautionner cette politique économique trop libérale à son gré et a préféré quitter le navire.
Netanyahou perdait un symbole social qui devait jouer un rôle primordial au Likoud mais il n’a rien fait pour le retenir.
Le premier ministre avait du mal en effet à partager son pouvoir omnipuissant devant le vide d’une opposition atone.
Mais paradoxalement le monde politique israélien, avec son système sclérosé, élimine ses meilleurs éléments, les hommes d’initiative et ambitieux, les créateurs et parfois les génies politiques.
Les jalousies au sein des formations mettent souvent à mal la montée en puissance des étoiles qui se voient bloquées dans leur ascension jusqu'à être découragés.
La politique est ainsi faite que les hommes n’arrivent plus au sommet pour leurs compétences mais plutôt pour leur capacité à avaler des couleuvres et à se courber face au chef.
Alors les meilleurs se dirigent vers le secteur privé, avide de ce genre de personnages qui révolutionnent les habitudes.
Révolution des tentes 2011


Moshé Kahlon était la pointure qui aurait pu empêcher la droitisation extrême du Likoud, abandonné aux nationalistes.
Il était le symbole de la réussite d’un oriental face à la puissance établie au point que certains attribuent son élimination au résidu de guerre sournoise entre séfarades et ashkénazes.
La force de sa personnalité indépendante lui avait permis de prendre position en faveur de la contestation lors de la révolution des tentes en Israël durant l’été 2011.
D’ailleurs il avait été le seul ministre du Likoud à voter contre les coupes budgétaires parce qu’il estimait qu’elles touchaient particulièrement les classes défavorisées.
Certains se demandent comment il a pu se fourvoyer parmi les gens de droite alors  que par idéologie, sa place aurait été mieux adaptée parmi les Travaillistes ou les Centristes avec lesquels il partage les mêmes convictions sociales.
Mais il voulait combattre de l’intérieur de son parti et il se voyait bien en ministre des finances pour infléchir la politique économique du gouvernement.
C’était sans compter sur Benjamin Netanyahou qui craignait qu’il prenne trop d’ascendant sur lui et qu’il lui fasse de l’ombre au point d’en faire un concurrent sérieux.
Mais à trop se méfier, la grande assurance du premier ministre était devenue un fardeau qui l’éloignait systématiquement de ses meilleurs éléments.
Opportunité politique



 À la fois le dernier rapport du contrôleur de l’État, qui a pointé l’augmentation de la pauvreté en Israël, et le fiasco politique du leader du centre Yaïr Lapid ont dû le convaincre qu’il était temps de retourner à la politique et qu’une fenêtre politique s’ouvrait pour lui.
Il avait annoncé qu’il ne réintégrerait pas le Likoud qu’il juge pollué par «la droite radicale».

Il vient de sauter le pas en annonçant officiellement qu’il reprenait ses activités politiques en créant un nouveau parti qui sera présent aux prochaines élections législatives.
En effet, il ne mâche pas ses critiques contre le gouvernement actuel et son ancien parti débordés par «une droite radicale qui a contraint le Likoud à plier son drapeau socio-économique pour des gains de sécurité sachant pourtant que nombreux électeurs du Likoud veulent un parti plus social».

Il rêve encore au Likoud de Menahem Begin qui avait pris le pouvoir grâce aux classes défavorisées et qui «représentait une vision sociale avec l’objectif de réduire l’écart entre riches et pauvres, de renouveler les quartiers pauvres, d’œuvrer pour la réinsertion sociale et pour la réforme de l’éducation».

Il voulait retrouver le parti «pragmatique qui a su faire la paix quand c’était nécessaire or mon Likoud n’existe plus aujourd’hui». 
Il se plaint que le parti de Netanyahou ne défend plus «les deux drapeaux du social et du politique».

Momentanément hors de la politique, il savait qu’il  n’avait pas de vision solitaire.
Il est certain que, dans le nouveau parti qu’il vient de créer, il pourra être suivi par de nombreux militants qui pensent comme lui et qui sont désemparés par la tournure que prend le Likoud, entièrement aux mains des éléments les plus radicaux à droite.
Il avait patienté mais «le gouvernement a été mis en place depuis presque cinq ans et nous ne voyons que des résultats négatifs : résultats négatifs concernant le coût de la vie, résultats négatifs liés à la fuite des cerveaux, des résultats négatifs en ce qui concerne les prix de la nourriture».

Devant l’arrivée d’un agitateur d'idées charismatique et d’un concurrent sérieux, les leaders des partis de droite savent qu’ils ont affaire à un dirigeant de premier plan qui peut donner un souffle nouveau à une politique qui ronronnait face à l’absence d’un leader d’opposition dynamique.
Or Moshé Kahlon est en mesure d’impulser des idées centristes originales qui peuvent s'opposer à la poussée de droite des partis nationalistes en déplaçant le curseur vers des options plus sociales.
L’échec de Yaïr Lapid, qui a tout promis mais qui n’a rien fait, lui a ouvert un boulevard.
Kahlon s'engage à lutter contre l’augmentation du coût de la vie :  

«Le coût élevé de la vie n'est pas une fatalité, il peut être résolu si le gouvernement décidait».

Il pense avoir le temps, en un an et demi, de s’organiser pour mettre des structures «pour ouvrir le marché et casser tous les monopoles afin de revenir à des prix normaux».
Pour régler les problèmes du logement il veut briser les «monopoles des comités de planification, de l’administration des terres qui délivre les autorisations de planification et des municipalités locales.»
 
 
Mais la réussite de Moshé Kahlon ne peut se situer uniquement dans le cadre d'un programme économique.
Il doit disposer autour de lui de personnalités politiques expérimentées, charismatiques.
Il a déjà obtenu le concours de Rami Levy le propriétaire des chaînes de supermarchés à bas-coûts qui certainement sera l’un de ses sponsors.
Il devra amener à lui des transfuges célèbres qui ne se reconnaissent plus dans leur parti actuel. Il devra ratisser large à droite, au centre et même à gauche pour donner plus de crédibilité à son parti.
Enfin en ces temps de troubles, la présence à ses côtés d’un spécialiste des problèmes sécuritaires est une condition de réussite.
Il lui faudra trouver le général qui acceptera de se mouiller dans les problèmes politiques.
La partie n’est pas gagnée car il s’agit d’un pari hasardeux mais il dispose d’un préjugé favorable face à la lassitude de la population israélienne.
Jacques Benillouche
Jacques Benillouche,

temps contretemps
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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 16:56

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Claude Lanzmann fustige dans son très bel éditorial des Temps Modernes la soi-disant "Lettre au président de la République" d'une petite phalange d'anti-israéliens obsessifs, Edgar Morin, Rony Brauman, Régis Debray, et Christiane Hessel.

*****
Cela s'appelle « l'échange inégal ». Éric Marty en avait impeccablement parlé dans le numéro 677 des Temps Modernes.

Pour récupérer et restituer aux siens un seul de leurs soldats, Gilad Shalit, otage du Hamas depuis plus de cinq ans, les Israéliens avaient rendu à la liberté 1027 prisonniers palestiniens, purgeant de longues peines pour crimes de sang, la plus lourde étant la perpétuité puisque la condamnation à mort n'existe pas là-bas.

1027 contre un !
Et ce n'était pas le premier troc de ce type.

Quatre ou cinq fois auparavant, la théorie de l'échange inégal avait déjà été mise en œuvre par les gouvernements successifs d'Israël - de droite comme de gauche (cf. note 13, du même numéro des T.M.).

Nul alors, aussi bien parmi les parties qui s'était entendues sur l'échange que chez les vigilants et les sourcilleux par état, pointilleux comptables des méfaits d'Israël, ne s'était avisé de hurler à la disproportion, n'avait dénoncé le scandale ontologique de l'échange inégal, scandale parce qu'il impliquait au premier chef que les vies humaines n'ont pas le même prix !
La vérité est que, depuis la Shoah et la mort de six millions de juifs, on a presque honte d'oser rappeler, les Israéliens accordent à la vie de chacun des leurs un prix sans mesure, une valeur telle que ce pays semble autoriser ses ennemis à exercer sur lui un chantage permanent, qui débouche sur des provocations de la pire espèce.

Ce n'est pas le lieu ici de disserter sur la relation unique entre le judaïsme et la vie qui, depuis la Shoah précisément, n'a cessé de croître et de s'approfondir.

Mais les soixante-quatre jeunes recrues qui viennent de perdre la leur à Gaza ont eu à peine droit à une mention de compassion dans l'étonnante « sommation » à François Hollande, Président de la République, publiée par Le Monde et cosignée de Messieurs Rony Brauman, Régis Debray, Edgar Morin, accompagné, pour faire bonne mesure et museler toute objection, d'une quatrième mousquetaire, épouse de feu l'indigné Stéphane Hessel, Christiane de son prénom.
Texte partisan, menteur, sans courage et racoleur, dont les esprits augustes qui l'ont rédigé ne pouvaient pas ne pas avoir conscience de sa fausseté, de sa faiblesse, de son vide en un mot.

On comprend qu'au cœur du mois d'août et pour être certains qu'on prêterait à leur propos la gravité requise, ils aient imaginé d'appeler à la rescousse le Président de la République, en l'enrôlant sous leur bannière pour se donner chair et poids, lui assénant qu'il était « comptable » (sic) d'une certaine idée de la France et le sommant (c'est leur mot !) d'agir, autrement dit de déclencher une croisade anti Israélienne et d'en prendre la tête.

Ils n'ont pas osé recommander de déploiement d'une ou deux escadrille de Rafales, qui réglerait la question à la libyenne et garantirait à la France qu'elle n'avait pas perdu son honneur.

Mais ne doutons pas que cette brillante idée ait été caressée par quelques-uns.

Faisons confiance à François Hollande : « Pour qui se prennent-ils ? », pensera-t-il à l'instar de François Mitterrand qui savait répondre à toutes les formes de sommation : « Pour qui vous prenez-vous ? Pour qui me prenez-vous ? », avait-il coutume de dire à ceux qui prétendaient lui forcer la main.
Actif fera-t-on croire que le Hamas, ennemi numéro un d'Israël et de son existence (les programmes scolaires enseignés à Gaza aux filles comme aux garçons sont sur ce point d'une évidence et d'une unanimité sans espoir), ait été pris par surprise par les bombardements israéliens ? Il les a voulus.

Quelles que puissent être l'horreur et la colère inspirées par le nombre des morts et des blessés civils, c'est le Hamas qui en est le premier responsable.

Il joue les vierges effarouchées avec un cynisme froid relayé par les quatre belles âmes de la « sommation » qui ont toutes - c'est leur problème - des comptes à régler avec leur propre judaïsme et qui devraient-si elles avaient un semblant de bonne foi-se récuser comme témoins, acteurs ou même simples commentateurs des événements du Moyen-Orient.

Ce n'est pas la première fois que l'armée d'Israël pénètre dans Gaza et, chaque fois, ses pertes sont si lourdes, au trébuchet de l'histoire de ce peuple, qu'on comprend ses réticences à envoyer ses enfants à la mort.

Une réglementation unique, propre à Tsahal, ordonne que si, parmi deux ou trois membres d'une même famille mobilisés dans des unités combattantes, l'un d'eux est tué, les autres doivent immédiatement quitter le combat et rentrer chez eux.

Personne ne déroge à cette loi : la perpétuation de la famille est primordiale et la référence à la Shoah est explicitement revendiquée dans le texte qui la fonde.
Mais telle est cette bête, méchante quand on l'attaque, elle se défend.

Elle attaque même, sans s'attacher aux « disproportions » qui lui seront de toute façon reprochées.

Nos mousquetaire s'enferment dans une comparaison grotesque entre l'accident d'avion de la Malaysia Airlines, imputé à Poutine, et les morts palestiniens, victimes « ciblées » et revendiquées d'Israël.

Le fait qu'Israël « cible » ses victimes doit être porté à son crédit et à son honneur.

Téléphones, tracts, SMS, préviennent les gens qu'ils vont être bombardés.

On félicite risiblement le Président de la République de « prendre en main le sort et le deuil des familles d'une catastrophe aérienne au Mali » - comme s'il n'avait pas mieux à faire ! - , mais on tait soigneusement les 10.000 missiles au garde-à-vous dans les tunnels de Gaza comme les statues des guerriers Xian du Shaanxi, attendant leur tour d'être lancés d'une façon, elle, indiscriminée sur les villes israéliennes, Jérusalem, Tel-Aviv et Haïfa pour la première fois à portée de ti Les fusées semblent prendre la place des volontaires des attentats suicident qui, jusqu'à la construction du mur de protection, on fait des centaines de morts israéliens, la plupart civils, dans les autobus, les discothèques, les restaurants, les synagogues…
Le Hamas savait parfaitement que l'assassinat de trois adolescents israéliens kidnappés, couplé avec le déferlement des missiles sur les cités juives, entraînerait la riposte, et le voulait.

Sa provocation réussie, ce qui ne veut pas dire qu'elle a été capable de briser l'isolement grandissant du Hamas dans le monde arabe, qui était sans doute le but inavoué du déploiement des grandes orgues.
On parle de Gaza comme d'une prison à ciel ouvert et les protestations du Hamas contre la fermeture par les Égyptiens du point de passage de Rafah et le démantèlement des tunnels de sa frontière Sud sont prises pour argent comptant.

Cette propagande est bien faite, mais elle est menteuse comme toute propagande.

Les gens ne meurent ni de faim ni de soif à Gaza, les magasins regorgent, il suffit d'avoir de l'argent et la lutte de classes existe là-bas comme ailleurs.

Les riches gazaouis, qui vivent dans leur grande villa des hauteurs, ne font pas la charité aux réfugiés qu'ils entretiennent comme un cancer.

« Nous avons eu l'occasion de nous rendre à Gaza où il existe un institut culturel français ; et les SOS que nous recevons de nos amis sur place, qui voient les leurs mourir dans une terrible solitude, nous bouleversent », écrivent Rony, Edgar, Régis et Christiane.

L'Institut culturel français à Gaza, parlons-en : c'est une pétaudière humanitaire qui crée des faux témoins, installée là comme un avant-poste de la propagande anti israélienne relayée parmi mille haut-parleurs qui cherchent à faire passer une ville ennemie, et comme telle soumise au blocus, pour le ghetto de Varsovie.
par Claude Lanzmann,
france israel marseille
Les Temps Modernes Juillet-septembre 2014
repris dans Pour un autre regard sur le Proche-Orient n°15 Octobre 2014
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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 16:59

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Le rapport annuel Global Cleantech Innovation Index 2014, publié par le WWF (World Wildlife Fundation), première organisation mondiale de protection de la nature, et le Clean Tech Group a classé Israël au premier rang parmi les 40 pays au plus fort potentiel dans les Technologies propres cleantech”.

 

Les 40 pays ont été évalués sur la base d’une quinzaine d’indicateurs, se concentrant notamment sur le niveau d’innovation, de subventions étatiques à la recherche et à l’innovation, la qualité des infrastructures et le nombre d’entreprises développant des technologies propres dans les domaines des énergies renouvelables ou alternatives, hydrauliques etc…

 

Les raisons données par le rapport pour la première place d’Israël sont : le nombre imbattable de start-ups par habitant, le fait que “le pays génère la culture, l’éducation et la ‘chutspah’ (l’audace, ndlr) nécessaires à faire émerger l’innovation, le fait que le pays soit doté de “l’instinct de survie indispensable à la gestion d’une géographie aux ressources limitées.””

 

La Finlande est classée à la deuxième place, les Etats-Unis à la troisième.

 

Le rapport montre qu’Israël, dépasse les autres en ce qui concerne le facteur de potentiel d’émergence d’innovation dans le domaine des technologies propres mais rencontre plus de difficultés dans la commercialisation de ces innovations.

 

Confirmant la tendance que même les « pays les plus inspirants » peuvent encore se perfectionner.

 

Le rapport explique également qu’Israël a la plus grande densité de start-ups développant des technologies propres de premier plan, ainsi qu’un haut niveau de sophistication entrepreneuriale, d’importantes opportunités de financement par des sociétés de capital-risque, et de nombreux brevets dans le domaine environnemental.

 

Dans les dernières années, le pays a connu une multiplication de mesures gouvernementales favorisant le développement de fonds orientés vers les technologies propres ainsi qu’une activité de fusions acquisitions de plus en plus importante.

 

 

 

 

 

siliconwadi

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