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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:22

Daniel charles Badache

 

Je ne pense pas à celui de 1852, qui marqua l'histoire de France et assassina la Seconde République, mais au 2 Décembre 1971, à propos d'un bien triste événement lié à Israël et à la problématique du Proche-Orient, survenu sur le campus de l'université de Caen.

 

Etudiant de 3eme cycle à la Faculté de Droit, je coprésidais alors le Cercle d'Etudes Internationales, avec mon alter ego...Alain Tourret, à l'époque plus sioniste qu'avait pu l'être David Ben Gourion ! Je ne serai pas digressif à l'excès, me contentant de souligner l'évolution -le mot est euphémisme- de l'actuel député et président de l'Institut International des Droits de l'Homme et de la Paix, officine largement dédiée à la cause palestinienne dans un unilatéralisme confondant...

 

Ce soir du 2 décembre 1971, notre Cercle recevait un conférencier qui, attendu par un amphithéâtre comble, devait s'exprimer sur le droit de l'Etat d'Israël à vivre en paix et dans la sécurité : il s'agissait de Jacques Soustelle, de retour d'un exil helvétique que lui avait valu sa fidélité à l'approche gaulliste de la première heure du dossier algérien. Avec la complicité de telle ou telle autorité universitaire, le Secours Rouge se fit attribuer une salle proche de l'amphithéâtre, lieu de préparation de ce qui fut ni plus ni moins que l'enlèvement du conférencier, retrouvé seulement à 3 heures du matin, blessé, en un lieu isolé du campus caennais...

 

Le Secours Rouge... peuplé assurément des pères biologiques ou à tout le moins spirituels de ceux qui ont alimenté pour partie de leurs troupes les récentes manifestations de Paris et de Sarcelles, au cœur desquelles l'antisionisme masquait à peine de nauséabonds relents d'antisémitisme...

 

C'était donc un 2 décembre. Clin d'œil de l'histoire, le vote de la résolution par l'Assemblée Nationale appelant à une reconnaissance par l'Exécutif de la Palestine aura été également programmé un 2 décembre... décidément "jour noir" dans notre hexagone, que ce soit à Caen ou à Paris, pour Israël. 

 

Les effets du parlementarisme majoritaire ne laissent en effet place à aucun doute quant à l'issue de la consultation à intervenir...

 

Cette adoption de la résolution, déjà acquise, n'est pas critiquable en ce qu'elle exprime une adhésion au principe de deux Etats, seule issue à l'actuel contentieux, si l'on veut bien écarter la perspective d'un "Grand Israël" qui ne pourrait prétendre à constituer un "Etat juif" qu'en empruntant aux canons d'un apartheid ressuscité au cœur du Proche Orient au mépris tant du droit international que des valeurs du sionisme.

 

Elle pourrait être querellée sur le plan de sa constitutionnalité, étant aussitôt ajouté que le chef de l'Etat, de toute façon, aura final pouvoir de décision en la matière. 

 

La véritable contestation de cette initiative se situe sur un tout autre plan. Les députés, comme les sénateurs qui s'exprimeront un peu plus tard sur le même sujet, sont des législateurs. En d'autres termes, ils se doivent de connaître au moins les fondamentaux du droit, qu'il soit interne ou international. Et c'est là que le bât blesse...

 

Reconnaître un Etat suppose, à l'aune d'une théorie publiciste universelle, que soit vérifiée préalablement l'effectivité de la réunion des trois éléments constitutifs de celui-ci : un territoire, une population et un pouvoir politique identifiable ayant acquis légitimité. 

 

Même si le propos relève de l'antienne, je redirai ici que deux de ces éléments font défaut : le premier et le troisième. 

 

Il n'est point de territoire sans frontières le délimitant. Or l'actuelle entité palestinienne en est dépourvue. A entendre tels des résidents du Palais Bourbon, l'Etat palestinien aurait un territoire formaté par les "frontières" de 1967, visant ces lignes qui séparaient Israël de... la Jordanie, jusqu'au déclenchement  de la Guerre des Six Jours le 5 juin de cette année-là, qui n'étaient que d'armistice et qui prévalaient depuis les accords de Rhodes de 1949...

 

En aucune manière, et depuis la signature des accords dits d'Oslo sur la pelouse de la Maison Blanche le 13 septembre 1993, n'ont été établies par le Gouvernement de Jérusalem et l'Autorité Palestinienne de frontières selon un mode contradictoire.

 

A ceux qui diront que le contentieux entre les protagonistes est aujourd'hui trop dense pour voir prospérer une négociation bilatérale, il sera rétorqué qu'ils auraient meilleur temps, plutôt que de se dédier au vote d'une résolution inappropriée, de suggérer qu'une structure arbitrale internationale se substitue à l'impuissance des deux parties en la matière...

 

Quant au pouvoir palestinien, il se présente sous la forme d'un Exécutif bicéphale, le Président, Mahmoud Abbas, et un Gouvernement par lui concocté, avalisé par le Hamas... qui revendique, de par sa Charte fondatrice et son verbe récurrent, le démantèlement des structures sionistes en terre d'Islam ! Ce en totale contradiction avec les engagements pris par l'Autorité Palestinienne...

 

Faut-il ajouter que si cet "Etat" reconnu frappait ensuite à la porte des Nations Unies, il devrait, pour en devenir membre, démontrer son caractère pacifique, donc s'assurer préalablement d'une auto-dissolution de la filiale palestinienne des Frères Musulmans!

 

La résolution soumise au vote des parlementaires bafouera donc  le droit international.

 

L'entêtement de bon nombre de députés de gauche interpelle, dans la mesure où ils ne peuvent être totalement ignorants des incontournables ci-dessus évoqués. Sans procéder à une généralisation qui ne serait que paresse de l'esprit, n'y aurait-il pas pour certains quelques considérations relevant, dans leurs circonscriptions, de la pure sociologie électorale ?

 

A l'approche d'échéances législatives qui mettent dans le paysage de la gauche française un cours d'eau au doux nom de Bérésina, il est des pans de l'électorat plus consistants que d'autres, pans dont les bulletins de vote  pourraient s'avérer fort précieux, le moment du scrutin venu...

 

 

Daniel Charles Badache,

Président France Israël

Basse Normandie

 

AFIBN 14 24

 

 

 

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 15:49
Daniel charles Badache

Saviez vous que l'Etat d'Israël était situé en Europe et que son voisin contigu libanais,dont les côtes prolongent au nord les siennes,appartenait au continent asiatique?

 

Si vous en étiez dans l'ignorance,c'est probablement qu'en raison de votre agenda du printemps 2000,ou de votre désintérêt à l'égard du basket ball,vous n'aviez pas suivi,à quelques jours d'intervalle, deux finales de compétitions continentales,l'une, européenne, remportée par le club du Maccabi de Tel Aviv (qui,depuis,a "récidivé"),l'autre,asiatique,ayant couronné celui de la Sagesse de Beyrouth...

 

Pauvres collégiens qui réalisaient en ces occasions que leurs professeurs de géographie "ne valaient pas tripette" ou que les cartographes étaient de notoires incompétents !

 

Trêve de plaisanterie.

 

Cette lourde orthopédie qui transgresse la réalité - Israël est en Asie - n'est que la conséquence du jeu de la "loi du nombre",qui a fait que les fédérations sportives internationales - F.I.F.A  également et entre autres - ont été soumises aux chantages des fédérations nationales arabo-musulmanes  mettant dans la balance leur boycott des compétitions concernées si des clubs ou sélections israéliennes y participaient...

 

Qu'il soit rappelé ici,autant que de besoin,que les fédérations sportives nationales sont délégataires de prérogatives attachées à leurs gouvernements respectifs...

 

Ainsi le monde sportif est le sinistre reflet,jusqu'à ce jour,de l'ostracisme dont une bonne partie de la communauté internationale fait preuve à l'égard d'Israël...

 

Poeur qui entretiendrait encore quelque doute,il conviendrait alors de se reporter au listing des participants aux Jeux Asiatiques et même...aux Jeux Méditerranéens !

 

Un "flash back" final sur une réalité convergente imputable à l'URSS brejnevienne.

 

En suite à la Guerre des Six Jours,le Kremlin avait rompu ses relations diplomatiques avec Israël. Or année après année,à l'epoque, la poule finale du championnat d'Europe des clubs comptait au nombre de ses participants,"rituellement",leMaccabi de Tel Avivet et le CSKA Moscou, avec matchs aller-retours dans le sdeux cités. 

 

Les Soviétiques ont donc refusé tout à la fois de recevoir,des années durant,le Maccabi à Moscou,comme de voir le CSKA se déplacer à Tel Aviv.

 

Si le règlement de la compétition avait été appliqué, le Maccabi aurait remporté toutes les rencontres concernées"par forfait".

 

Mais la F.I.B.A a décrété que tous les matchs israelo-sovietiques se derouleraient sur terrain neutre...à Bruxelles !

 

Sera saluée la grandeur d'âme d'Israël, qui a obtemperé...

 

Israël, un Etat "normal", dirait "qui vous savez" ?

 

 

 

 

Daniel Charles Badache,

Présidente France Israël

Basse Normandie

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 15:39

Daniel Charles BADACHE

 

Pour ceux qui pourraient aujourd’hui encore en douter, l’opération « Bordure Protectrice », qui a eu le mérite de détruire un réseau de tunnels « agressifs » dans la Bande de Gaza et de démontrer l’efficacité du « Dôme de Fer » à la face des ennemis d’Israël, n’a en revanche induit une quelconque ouverture sur le plan diplomatique.

 

Le discours prononcé par Mahmoud Abbas le 26 septembre dernier à la tribune de l’Assemblée Générale des Nations Unies aura ébranlé les analystes qui avançaient bien imprudemment que l’issue du dernier épisode guerrier, « riche » de ses plus de 2 000 morts, allait permettre une relance du processus de paix avec une maîtrise retrouvée des autorités de Ramallah sur l’ensemble de la partie palestinienne.

 

L’on savait déjà que le Hamas avait proclamé avec véhémence son refus de toute démilitarisation du territoire gazaoui.

 

L’on découvre maintenant que le Président de l’Autorité Palestinienne en personne accuse Israël de génocide et en appelle à la condamnation des responsables de ce prétendu crime par la juridiction pénale internationale.

 

Certes, il est permis de penser que ce propos hautement diffamatoire participe d’un jeu diplomatique tendant à affaiblir au maximum l’Etat qui en est destinataire – et que Mahmoud Abbas ne veut pas « juif » - aux yeux du monde, afin d’atteindre un objectif qui n’est autre que l’admission de la Palestine en tant que membre à part entière de l’ONU, après avoir obtenu de celle-ci il y a peu la reconnaissance du statut d’Etat non membre…

 

Assurément, le but sera difficile à atteindre, du fait de la procédure d’admission elle-même, laquelle exige que dans un premier temps, les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité soutiennent pareille demande en s’associant au vote d’une recommandation que l’Assemblée Générale, en large majorité pro-palestinienne, entérinera ensuite par son vote, sans coup férir.

 

L’on imagine mal les Etats-Unis ouvrir une telle boite de Pandore…

 

Ce même si l’organisation universelle pourrait considérer que le dossier palestinien réunit désormais les conditions mises par la Charte des Nations Unies à l’admission :

 

  • être un Etat – ce qu’elle a d’ores et déjà avalisé, au mépris des exigences d’une doctrine de droit public universellement consacrée

 

  • un Etat pacifique, l’argument étant à présent la référence à un gouvernement palestinien d’unité nationale formé avec l’assentiment du Hamas, un gouvernement qui n’a pas remis en cause les engagements pris dans le cadre des Accords d’Oslo, mais que la succursale gazaouie des Frères Musulmans égyptiens n’a pas expressément avalisés.

 

Au-delà de la probable sinon certaine infortune de la démarche diplomatique programmée par l’Autorité Palestinienne, c’est sa concrétisation qui, en elle-même, apparaît contreproductive.

 

Elle ne pourra que figer en conséquence une partie israélienne qui dénoncera une nouvelle fois un unilatéralisme qu’elle réprouve à juste titre.

 

Devons-nous pour autant prétendre que la voie bilatérale constitue la bonne projection pour l’avenir ?

 

Mahmoud Abbas, dans son allocution, a eu raison sur un seul point : toutes les négociations « à deux » ont échoué jusqu’à ce jour.

 

Israéliens et Palestiniens ont démontré une incapacité, une impuissance récurrente.

 

Ce constat conduit à poser la question d’une immixtion de la communauté internationale dans le processus dit de paix, autre que celle, parfaitement stérile, du dénommé « Quartette » formé depuis 2003 par l’ONU, les Etats-Unis, l’Union Européenne et la Russie…

 

Certains crieront à l’ingérence. A tort.

 

A tort parce qu’à l’origine de la création de l’Etat d’Israël et de celle d’un Etat palestinien dont le monde arabe dans son ensemble n’a pas voulu, se trouvait la jeune Organisation des Nations Unies.

 

Et quelle que soit la réluctance légitimement éprouvée par nombre d’acteurs des relations internationales à l’égard de la Maison de Verre new yorkaise, il incombe à la génitrice du partage de la Palestine du mandat britannique de « reprendre la main » et, dans le cadre du chapitre 7 de sa Charte dédié à la préservation de la paix, chapitre mettant à la disposition de l’organisation universelle des moyens contraignants, d’imaginer le moment venu les ajustements que les intéressés n’ont pu finaliser d’eux-mêmes.

 

La perspective n’est certes pas séduisante.

Elle n’est que tristement réaliste…

 

 

Daniel Charles Badache,

Président France Israël

Basse Normandie

FRANCE ISRAËL BASSE NORMANDIE.2

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 09:45

Daniel Charles BADACHE

 

A chaque soir de l’opération « Bordure Protectrice », j’ai eu la tentation de m’exprimer au nom de notre Association.

 

Mais tant d’autres l’ont fait, relayés par notre site, que j’avais préféré attendre le terme de cette opération pour en esquisser – avec la plus grande prudence – un bilan premier.

 

La reprise des hostilités dans la nuit du 19 au 20 août, au demeurant quelque peu surprenante, ne me fera pas attendre plus avant.

 

J’évoquerai ici le caractère juste d’une guerre que n’a pas voulue Israël, avant de m’interroger sur l’identité de son provisoire bénéficiaire, provisoire puisque les hostilités ont repris… jusqu’à un nouvel appel au cessez-le-feu ou à une trêve dite humanitaire.

 

Une guerre juste. Elle l’a été par référence à une doctrine de longue date admise et consacrée par l’Article 51 de la Charte de l’ONU, qui veut que la légitime défense valide le recours aux armes. Le Hamas, le Jihad Islamique et quelques groupuscules œuvrant dans la mouvance de ces deux « premiers violons » de l’intégrisme et du terrorisme réunis n’ont eu de cesse de gratifier le territoire israélien de roquettes destinées non pas spécifiquement à des cibles militaires, mais à une population civile prise dans son ensemble.

 

Est-il besoin de rappeler qu’il s’est alors agi de la commission de crimes de guerre, au regard du Droit International Public ?

 

D’aucuns objecteront que la guerre justifiée par la légitime défense doit s’inscrire dans la proportionnalité de la réplique à l’agression. A entendre Laurent Fabius, le chef de notre diplomatie, un « carnage » (sic) opéré par Tsahal aurait délégitimé le déploiement par Israël de sa force militaire.

 

La proportionnalité… un concept qu’il est plus aisé de manier sous les lambris du Quai d’Orsay que lorsque l’on est confronté sur le terrain à un ennemi qui se fond dans la population civile et qui n’hésite pas à faire d’un hôpital, d’une école ou d’une mosquée le supposé sanctuaire privilégié d’un site de lancement de roquettes.

 

Au-delà, qu’il me soit permis une digression, sous la forme d’une question posée à l’actuel locataire du Quai, lequel s’est récemment présenté à Bagdad et Erbil comme le chantre d’une lutte sans merci contre le jihadisme, justifiant une ligne interventionniste face à l’Etat Islamique en Irak et au Levant (E.I.I.L) : ce combat doit-il exclure le maillon – qui n’a rien de faible – constitué par la Bande de Gaza ?

 

Que l’on nous mentionne en outre le nom d’un seul Etat dont l’armée aurait pris le soin de la prévenance des populations civiles de telle ou telle zone de frappe aérienne, navale ou terrestre avant mise en œuvre : envois de SMS, largage de tracts d’information, etc… ! Tsahal a entrepris tout ce qui pouvait l’être pour faire en sorte que soit minimisé le nombre de victimes non pas de sa force, mais de la stratégie mortifère du Hamas et de ses acolytes…

 

Malgré cela, il est une guerre qu’Israël aura – au moins pour le moment -  perdue : celle revisitée par les médias, d’autant plus corrosive que ses effets se trouvent démultipliés par l’impact de chaînes de télévision dédiées à l’information continue, « gloutonnes d’images-choc » déversées à l’envi sans la moindre restitution des éléments ayant pu, en amont, conduire aux drames ainsi révélés, trop souvent selon un mode ostentatoire.

 

Téléspectateurs de ces chaînes et internautes auxquels l’on ne reprochera pas une fréquente inculture par rapport à un « Orient compliqué » retiendront uniquement l’ « offrande » de visages d’enfants palestiniens terrorisés, en pleurs, voire celle de cadavres de jeunes innocents jonchant une plage gazaouie…

 

C’est à partir de ces images douloureuses, et à partir d’elles seules, qu’ils se sont forgés une conviction les ayant conduits à grossir les rangs de manifestations de soutien à « la cause palestinienne », vite transformées en démonstrations d’antisionisme primaire voire, nombre de caricatures exhibées le prouvant, d’antisémitisme.

 

Il y a maintenant plus de dix ans que Pierre-André Taguieff identifiait une « nouvelle judéophobie », dont il sera dit aujourd’hui qu’elle réunit une insolite dominante islamo-gauchiste et un bataillon imprégné des riches pensées de Soral et Dieudonné…

 

Un façonnage de larges pans de l’opinion publique, non seulement française mais aussi européenne, s’est inéluctablement produit, ce qui incite à considérer qu’Israël a perdu une première guerre, la guerre médiatique. Dans une société qui privilégie le « paraître » et non le « fond », cette conclusion n’est pas à être traitée avec légèreté. L’inculture, la désinformation doivent induire une parade efficiente, et il appartiendra à toutes celles et ceux qui se sentent concernés par le destin d’Israël de se mobiliser, de faire preuve d’imagination et de ténacité pour ne pas laisser se propager une gangrène observée à Paris, à Sarcelles et dans tant d’autres villes de nos provinces…

 

Quant au conflit pris en lui-même, est-il possible en ce 21 août 2014 de déterminer si se profilent un vainqueur et un vaincu ? Une question à propos de laquelle la plupart des observateurs se répandent aussi abondamment que vainement. Une question qui n’est pas la plus pertinente, sauf à penser qu’Israël serait prêt à « sacrifier » des dizaines de milliers de civils gazaouis pour anéantir « physiquement » le Hamas, le Jihad Islamique et consorts, ou à envisager que des pluies de roquettes additionnelles feraient in fine plier le Gouvernement de Benjamin Netanyaou, qui souscrirait aux exigences des milices précitées.

 

Au-delà et de surcroît, il est évident que le jour où les armes se seront tues, chacune des parties proposera sa propre lecture et conclusion de l’épisode guerrier.

 

Non, la bonne question est la suivante : l’opération « Bordure Protectrice » aura-t-elle servi la paix ?

 

Oui, si l’affaiblissement du Hamas – destruction de ses tunnels, élimination de nombre de ses combattants – le contraindra finalement à admettre le retour de l’Autorité Palestinienne sur la Bande côtière, condition nécessaire au rétablissement du calme intégral auquel aspirent les habitants des localités israéliennes proches de Gaza.

 

Nécessaire mais insuffisante, tant le besoin d’un investissement international ou multinational sera criant, s’agissant de la mission de contrôle qu’appellera le desserrement progressif des blocus israélien et égyptien jusqu’à leur disparition, laquelle ne pourra que s’accompagner d’une démilitarisation du territoire gazaoui.

 

Oui, si en d’autres termes le Hamas renonce à sa Charte fondatrice et consent à ne constituer désormais qu’une composante de la « partie palestinienne », ne remettant pas en cause le droit de l’Etat d’Israël à l’existence et à la sécurité.

 

Pareille évolution ne sera envisageable que dans l’hypothèse d’une nette défaite de la succursale gazaouie des Frères Musulmans égyptiens aux prochaines élections présidentielles et législatives qui seront organisées tant en Cisjordanie que dans la Bande de Gaza. L’expression démocratique palestinienne – si elle n’est pas confisquée – révèlera alors le futur de la région : chemin de la paix ou sentier de la guerre.

 

 

D.C. Badache,

Président France Israël

Basse Normandie

AFIBN

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 15:04

Daniel Charles BADACHE

 

Quel utopiste pourrait imaginer aujourd’hui que l’islamisme radical s’estimera comblé par les seuls deux massacres perpétrés dans une école et un musée juifs, de Toulouse à Bruxelles ?

 

D’aucuns regretteront qu’il y a un peu plus de deux ans, ce soit Marine Le Pen la première qui ait évoqué, certes pour alimenter son fonds de commerce politicien anti-immigration, la prolifération de clones de Merah sur le territoire national. Mais force est d’admettre que la France souffre de la présence de multiples « cellules dormantes » qui représenteront autant de potentialités d’actes terroristes promis essentiellement à des cibles juives ou réputées liées au sionisme.

 

Aucun procès majeur ne sera fait à nos autorités, lesquelles semblent avoir appréhendé l’ampleur du mal. Un mal qui ne saurait être limité dans ses racines, comme le laisserait penser l’actuelle médiatisation, à une motivation née dans l’apprentissage du djihad, quelque part en Syrie.

 

Un mal qui ne saurait être expliqué exclusivement par le désoeuvrement de nombre de jeunes de telles banlieues, proies faciles pour les tenants de la radicalité, experts en recrutement.

 

Un mal qui ne saurait non plus être analysé comme la conséquence du seul séjour éventuel en milieu carcéral, propice, cela ne doit pas être nié, à l’endoctrinement.

 

La Syrie, le chômage d’éléments demeurant en marge de la société, la prison constituent des « facilitateurs » ou des « accélérateurs » d’un passage à l’acte puisant sa source dans une imagerie frelatée : celle diabolisant l’Etat d’Israël, jusqu’à l’accuser de la commission de crimes contre l’humanité dont serait victime le peuple palestinien.

 

Pierre-André Taguieff, évoquant à l’aube de ce siècle la « nouvelle judéophobie », avait mis opportunément l’accent sur l’incidence de la seconde intifada sur ceux qui, dans les banlieues, voulaient importer le combat anti-israélien en s’en prenant aux ressortissants de la communauté juive, gommant toute distinction entre la réalité proche-orientale et la société française, prise dans ses diverses composantes.

 

Pour ces « frères » des Palestiniens, il n’y a pas de frontière entre antisionisme et antisémitisme. Tout juif à travers le monde est un serviteur de l’Etat d’Israël, et donc un homme à abattre dans la mesure où la finalité est de détruire précisément cet Etat. C’est ce que leur enseigne notamment la Charte fondatrice du Hamas, qui, au-delà de son credo antisioniste, redonne vie aux poncifs véhiculés par l’antisémitisme européen du début du XXème siècle…

 

Il n’est pas douteux que la passivité de la communauté internationale, voire la complexité de certains de ses segments, ont permis à cette image d’Israël que nous avons dite frelatée de prospérer.

 

Raisonnons sur le seul cas français… et même caennais. Nous connaissons depuis le 1er juillet 1901 la liberté d’association. Par référence à cette loi essentielle de la IIIème République, s’est constituée l’ « Association des Femmes en Noir », qui, sur l’ensemble du territoire national et donc à Caen, prétend servir la cause du peuple palestinien.

 

Rassemblements périodiques sur les places publiques, appels récurrents au boycott des produits israéliens avec éventuelles opérations « coup de poing » dans les lieux les commercialisant sont ses modes d’expression privilégiés, même si venant en violation de la loi française qui punit toute discrimination sur le plan économique en fonction de l’origine des produits…

 

Ce qui n’a pas pour autant dissuadé le Conseil Municipal de la Ville de Caen de voter une subvention aux Femmes en Noir lors de la précédente mandature !

 

Des Femmes en Noir qui viennent de diffuser sur la capitale bas normande un tract dénonçant, entre autres supposés méfaits, les crimes commis par l’armée israélienne lors de l’opération « Plomb Durci » dans la Bande de Gaza à l’hiver 2008-2009. Une armée « jugée » coupable de la mort de centaines d’enfants palestiniens…

 

Qui rappellera que cette opération, conséquence de la rupture par le Hamas d’une trève de six mois et de l’ « arrosage » du sud d’Israël par des centaines de roquettes, a révélé la « stratégie » de ces « combattants » islamistes, ayant fait des civils gazaouis -  et notamment des enfants – de véritables boucliers humains, du fait de leur immersion dans les écoles, les hôpitaux, voire dans les mosquées ?

 

Qui a commis en ces circonstances des crimes contre l’humanité ? Ceux qui promettaient des innocents à la mort ou ceux qui n’avaient pour objectif que de faire cesser une entreprise de destruction de leur Etat ?

 

Qui, en amont de cet épisode de belligérance, rappellera que le blocus – au demeurant sélectif – de la Bande de Gaza a été induit par le positionnement officiel du Hamas, quelque temps après sa prise de pouvoir dans ce territoire à la mi-juin 2007, rejetant toute reconnaissance de l’Etat d’Israël et le promettant à l’anéantissement ?

 

Tant que la société internationale, tant que l’espace français laisseront se répandre de telles contre-vérités, il y aura, dans l’Hexagone et en tout autre lieu exposé à la radicalité islamiste, tragique manifestation d’émules de Merah et de Nemmouche…

 

 

  D.C. BADACHE
Président

France Israël Basse Normandie

 

 

 

France Israël Basse Normandie (83)

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 16:23

Daniel Charles BADACHE

 

Mahmoud Abbas, entre Hamas et Shoah ou la synthèse de deux évènements qui ont marqué le mois d’avril 2014…

 

D’une part, l’accord survenu entre l’Autorité Palestinienne de Ramallah et les « maîtres de Gaza » quant à une prochaine constitution du Gouvernement d’Union nationale ; de l’autre la dénonciation sans ambiguïté – en langues arabe et anglaise – de l’Holocauste comme crime le plus odieux de l’ère contemporaine.

 

Prétendre que ce dernier propos – qui reprend la teneur des messages antérieurement délivrés en ce sens, mais avec plus d’intensité – est dénué de sincérité et n’est que manœuvre interprétée dans le contexte de négociations israélo-palestiniennes en grande souffrance relèverait du procès d’intention.

 

En revanche, dénoncer une antinomie en l’état irréductible s’impose.

 

Référence sera faite à la Charte constitutive du Hamas, filiale palestinienne des Frères Musulmans égyptiens.

 

La fibre de ce texte fondateur n’est pas seulement antisioniste.

 

Si elle est arme manuscrite dirigée contre l’Etat d’Israël, dont le droit à l’existence se trouve exclu, elle est aussi vecteur de l’antisémitisme le plus traditionnel, celui qui a conduit précisément, à travers le temps et l’espace, à la Shoah.

 

La Charte en question pose, au nom d’un Islam entendu dans la radicalité, le principe selon lequel toute parcelle de terre qui a connu dans le passé la souveraineté islamique ne peut que revenir à celle-ci, au besoin par l’élimination violente de toute autre autorité qui exercerait une juridiction sur elle.

 

De surcroît la même Charte, digne pendant en terre d’Orient des Protocoles des Sages de Sion, concoctés en leurs temps par la police tsariste, dénonce un gouvernement mondial qui serait actionné par les communautés juives…

 

L’OLP, organisation nationaliste, pouvait revoir « à la baisse » ses ambitions territoriales sans se renier : ce qu’elle fit, en exécution des accords d’Oslo, en effaçant toute référence à la destruction de l’Etat d’Israël.

 

Un philosophe et homme politique français, Royer-Collard (1763-1845), a pu déclarer non sans pertinence que « les constitutions n’étaient pas des tentes dressées pour le sommeil », voulant ainsi signifier qu’elles étaient destinées à connaître, par des révisions appropriées, des mutations imposées par l’évolution de leur substrat économique et social.

 

Cela étant, pour ce qui est du Hamas, il ne s’agirait pas d’un simple besoin de « toilettage », mais d’une abrogation pure et simple de son acte fondateur, donc d’une disparition de ses instances…

 

A l’aune de ce constat, quel avenir prêter à ce futur gouvernement d’union nationale ?

 

Comment imagier qu’il puisse reprendre utilement avec Israël le fil de négociations que la seule Autorité Palestinienne, pourtant acquise au processus de paix, n’a su faire vivre, en raison d’un fossé déjà irréductible entre les positions des parties en présence et malgré le réel investissement du Secrétaire d’Etat américain, John Kerry ?

 

Les plus optimistes – ou ceux qui croient aux miracles – mettront en avant le fait que le Hamas a perdu deux atouts majeurs :

 

d’une part celui incarné par une Egypte qui fut placée l’espace de quelques mois sous la souveraineté des Frères Musulmans de l’ex-président Morsi,

 

d’autre part celui représenté par la Syrie « d’avant la guerre civile », c’est-à-dire d’une époque où la direction politique du Hamas, en la personne de Khaled Mechaal, était domiciliée à Damas et bénéficiait du soutien très actif d’un régime non encore internationalement discrédité…

 

Un Hamas qui semble aussi chroniquement contesté à l’intérieur de la Bande de Gaza, dont les habitants, déjà exposés aux conséquences d’un « enfermement » de ce territoire, supportent de moins en moins bien, pour une bonne part d’entre eux, les oukases réducteurs de liberté adoptés par le pouvoir local…

 

D’aucuns ont été convaincus qu’en 1992, Yasser Arafat a opté pour « la paix des braves » avec Israël – tels furent ses mots  - uniquement parce que les caisses de l’OLP étaient vides, du fait de la perte des subsides jusqu’alors versés par les monarchies pétrolières du Golfe, celles-ci ayant sanctionné l’organisation en raison du soutien qu’elle avait bien maladroitement assuré à Saddam Hussein, envahisseur de l’une d’entre elles, l’Emirat du Koweït…

 

Envisager qu’un Khaled Mechaal ou un Ismaïl Hanyeh soit susceptible d’annoncer ex abrupto que le Hamas s’engagera sur la voie de la reconnaissance du droit à l’existence de l’Etat d’Israël relèverait de la spéculation la plus insolite.

 

Patientons quelques semaines avant de vérifier à l’instar des tentatives de réunification précédentes, que celle-ci échouera en raison de deux conceptions inconciliables de la défense de la cause palestinienne.

 

 

Daniel-Charles BADACHE
Président France Israël Basse Normandie

France Israël Basse Normandie (83)

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 16:38

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Deux évènements viennent de laisser penser à certains que nous assistons à un tournant dans les relations entre Washington et Jérusalem.

 

D’une part le Secrétaire d’Etat John Kerry n’a pas dissimulé son agacement, consécutif à l’annonce par le Ministre du Logement du Gouvernement Netanyahou d’un programme additionnel de construction de logements à Jérusalem Est et en Cisjordanie. « Voulez-vous une troisième Intifada ? » a-t-il questionné en substance…

 

D’autre part, les négociations de Genève sur le nucléaire iranien ont révélé que l’Administration Obama, à la différence du Ministre des Affaires Etrangères français, Laurent Fabius, a manifesté, au moins dans un premier temps, un réel empressement à voir finaliser un accord que certaines fuites laissaient apparaître comme préjudiciable aux intérêts existentiels d’Israël.

 

Même si une « pause » de quelques jours a été décidée dans le cadre de cette avancée diplomatique, n’en demeure pas moins, de la part de la Maison Blanche, une approche de ce dossier identifiée dans sa relative singularité.

 

Pour autant, pouvons nous affirmer qu’il y a bel et bien « tournant » ? Il convient d’éviter en l’état toute dramatisation, et ce pour les raisons suivantes :

 

  •  ce n’est pas la première fois que les relations américano-israéliennes subissent quelque secousse ayant pu induire un questionnement de fond. Il faut se remémorer, à l’aube des années 90, le heurt frontal entre l’Administration Bush I, plus particulièrement son Secrétaire d’Etat Baker, et le Gouvernement Shamir dont la rigidité avait provoqué la formulation d’une menace de reconsidération de l’aide US à Israël,

 

  •  force est ensuite d’admettre que dans le contexte d’une reprise délicate, depuis trois mois maintenant, du processus diplomatique israélo-palestinien, l’annonce du programme de construction susévoqué était à tout le moins incongrue. Benjamin Netanyahou  lui-même n’a-t-il pas, le 12 novembre dernier, fustigé son Ministre du Logement, sinon pour le contenu du projet, du moins pour la publicité qui lui a été donnée, le Premier Ministre allant d’ailleurs jusqu’à annuler l’ensemble de cette nouvelle programmation immobilière ?

 

Que Washington ait manifesté quelque mauvaise humeur, après le lourd investissement de John Kerry dans la reprise de la négociation entre Jérusalem et Ramallah est fort compréhensible…

 

  •  s’agissant du nucléaire iranien, il n’est pas douteux que Barak Obama est particulièrement las des guerres menées en terres musulmanes, quelles qu’aient été leurs justifications. Après l’Afghanistan et l’Irak, de nouvelles initiatives militaires lui semblaient et lui semblent proscrites : la « reculade syrienne » est encore très fraîche dans les mémoires !

 

Quant à l’Iran, la tentation est grande, pour un Président américain qui ne sera pas concerné par les exigences d’une nouvelle candidature en 2016, d’être celui qui aura permis, non sans prise de risques, une spectaculaire réconciliation entre le régime des mollahs et la démocratie chère à l’Oncle Sam.

 

En d’autres termes, le locataire de la Maison Blanche serait séduit d’être dans son rapport au Guide Suprême iranien Ali Khamenei ce que fut, 41 années plus tôt, Richard Nixon dans sa relation au Grand Timonier Mao Tse Toung…

 

Toujours à propos de ce dossier, il importe de ne pas négliger une réalité constitutionnelle et politique. La levée des sanctions américaines prononcées contre Téhéran suppose l’aval d’un Congrès dont l’on sait le soutien indéfectible à Israël. Nul doute que la machine bien huilée du lobbying traditionnel assurera la fonction, en tant que de besoin, de soupape de sûreté…

 

  • enfin, le conjoncturel pourra toujours, ponctuellement et superficiellement, écorner le structurel. Mais il ne saurait le défaire. Le lien entre Etats-Unis et Israël a de profondes racines. La société d’outre-Atlantique, dans sa globalité, perçoit l’Etat hébreu comme le reflet de sa propre épopée : le « pioneer mind », l’esprit pionnier qui véhicule entre Atlantique et Pacifique, comme entre Méditerranée et Jourdain, un attachement à des valeurs identiques.

 

Le rappeler n’est pas minoration de l’incidence d’intérêts stratégiques qui font d’Israël le seul allié de fiabilité absolue dans un environnement géographique traversé par des « printemps arabes » qui ont fait l’économie de la saison estivale pour devenir, directement, des « automnes » voire des « hivers » islamistes…

 

Daniel Charles BADACHE

  D.C. BADACHE

Président Alliance France Israël

Basse Normandie,

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 17:50

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IMPRESSIONS DE BEYROUTH

 

 

Mercredi 10 juillet 2013, Maison de l’Avocat de la capitale libanaise. Je participe à la deuxième édition du Concours International de Plaidoiries « Louis Delamare pour les Droits de l’Homme » (le précité, Ambassadeur de France à Beyrouth, né à Trouville sur Mer et reposant au cimetière de Tourgeville, avait été assassiné au pays du Cèdre en 1981 sur volonté syrienne…).

 

Qu’un jury libano-français ait fait du Président de France-Israël Basse Normandie le lauréat de cette compétition doit être salué. A l’époque d’Internet, tout beyrouthin sait pertinemment quel est mon engagement majeur. Il s’est avéré que celui-ci n’a pas été une cause de « disqualification » et l’on doit s’en réjouir. Cela étant, ce constat ne doit pas faire oublier ce que demeure l’image d’Israël au Liban…

 

Le mardi 9 juillet, à la veille du Concours, Beyrouth Sud résonnait de l’explosion provoquée par le premier des trois attentats qui allaient maculer de sang l’été libanais. La lecture de la presse, le lendemain, fut édifiante. Une partie substantielle de la « mosaïque » partisane du pays –intégrant jusqu’à la formation politique de Saad HARIRI- crut pouvoir désigner les autorités de Jérusalem comme commanditaires d’actes dirigés à l’évidence contre le Hezbollah !

 

Mieux, Michel SLEIMANE, Président de la République, qui réserva à la délégation caennaise une réception officielle au Palais de Baabda au lendemain du concours, et se présenta à elle comme un homme d’Etat de grande modération, n’hésita pas à fustiger « la main d’Israël » qui apparaissait derrière cet acte terroriste…

 

La représentation du « voisin du sud » n’a pourtant pas été toujours aussi négative au Liban. Pour avoir été fréquemment l’hôte de ce pays, il m’est permis de faire état d’une évolution. Doivent être distingués l’ « avant » et l’ « après » juillet 2006, année et mois qui virent le déclenchement des opérations militaires de Tsahal en terre libanaise ; opérations menées contre le Hezbollah en réplique aux provocations du « Parti de Dieu » auteur de l’enlèvement et du meurtre de deux de ses soldats.

 

Deux anecdotes permettront d’illustrer la dégradation de l‘image d’Israël, consécutive à une guerre qui, au demeurant, et de l’aveu majoritaire, avait été mal préparée et en conséquence avait induit de réels « dérapages ».

 

Avril 2006, Hôtel Phenicia, Beyrouth. Un Karaoké. Je crois rêver : « Hava Naguila » !!!

 

Avril 2007, un restaurant du bord de mer à Tyr, dans le sud du pays. Neuf mois après la guerre, le tourisme est tout sauf florissant. Pour saluer une « table française », le serveur nous gratifie des vocalyses d’un chanteur supposé « de chez nous », Mike BRANDT… Je me permets de lui faire remarquer que le défunt interprète de « Qui saura » était israélien ! Quelques secondes après, le même serveur revenait à notre table… et brisait devant nous le « CD sacrilège »…

 

Certes, ce ne sont que des anecdotes, ponctuelles. Mais en 2013, « Hava Naguila » n’a plus droit de cité à Beyrouth et Mike BRANDT n’est pas réhabilité dans le restaurant de Tyr. Pour autant, il faut se garder de verser dans l’extrême simplification et l’absolu pessimisme.

 

En effet, l’un des éditoriaux de juillet dernier de « L’Orient le Jour », le grand quotidien francophone du Liban, n’hésitait pas à mettre en garde contre tout réflexe pavlovien consistant à dénoncer systématiquement Israël comme le responsable des plaies libanaises. Son auteur appelait ses compatriotes à « balayer devant leurs portes » avant toute recherche de culpabilité au-delà des frontières. Et l’auteur de l’éditorial de vilipender le microcosme politique national, bon à être jeté par-dessus bord avant refondation des institutions politiques libanaises. Exit le « Mouvement du 8 Mars », Exit le « Mouvement du 14 Mars », Exit le Hezbollah, exit le parti de Michel AOUN…

 

Le Liban de 2013 affiche toute sa fragilité. Exposé notamment aux débordements du conflit syrien, il connaît aujourd’hui une quête identitaire : quel partage de valeurs réel entre les ressortissants du Hezbollah évoluant à Beyrouth Sud et la jeunesse festive qui anime les nuits de Jounieh ?

 

La France entretient avec le pays du Cèdre des liens indéfectibles d’amitié, forgés au temps du Mandat conféré par la Société des Nations. Pour autant, avant de quitter les rivages de la Méditerranée Orientale, l’ex puissance mandataire avait tracé pour la République à naître le sillon que celle-ci allait emprunter : celui du communautarisme, constitutionnellement traduit par d’immuables dévolutions de fonctions selon les appartenances : un Président de la République chrétien maronite, un Premier Ministre musulman sunnite, un Président du Parlement musulman shiite…

 

Les incertitudes actuelles qui pèsent sur le Liban doivent assurément beaucoup à ce choix originel qui n’a pas servi l’unité nationale et la cohésion sociale…

 

 

Daniel Charles BADACHE

  D.C. BADACHE

Président Alliance France Israël

Basse Normandie,

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 09:12

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D.C. Badache

Président France Israël Basse Normandie

 

ET MAINTENANT ?

 

 

L’intitulé de cette communication n’est pas un hommage à Gilbert BECAUD… la question posée est induite par les résultats des législatives israéliennes du 22 janvier 2013.

 

Les électeurs ont donc choisi, à la surprise des observateurs, une fort timide continuité en gratifiant Benjamin NETANYAHOU d’une très courte « victoire » qui va le contraindre à un choix cornélien à l’heure de constituer une majorité devant le soutenir à la Knesset : ouverture au centre ou coalition avec l’extrême droite, chacune de ces deux options confinant à la quadrature du cercle… Leur option s’inscrit dans un cadre authentiquement démocratique qui apparaît toujours comme une quasi-exception dans l’environnement proche-oriental. Le « so called » printemps arabe semble en effet, dans les lieux de son éclosion, n’avoir induit que des processus confiscatoires du pouvoir conquis (Egypte voire Tunisie) ou des situations relevant de l’anarchie (Lybie)…

 

Par ses statuts, notre association n’a nullement vocation à s’immiscer dans la vie politique israélienne et porter sur celle-ci tels jugements de valeur. En revanche, chacun de ses membres, à commencer par son Président, jouit d’une liberté d’évocation et d’analyse des répercussions des consultations électorales sur les réalités régionales et internationales ; d’une liberté de s’interroger sur les lendemains du vote du 22 janvier dernier.

 

Il est peu vraisemblable que le Premier Ministre probablement reconduit s’éloigne de la ligne qui a été celle, jusqu’à ce jour, de sa gouvernance, spécialement s’agissant de la question palestinienne, ce quelle que soit l’alliance qu’il privilégiera. Certes le Président OBAMA, libre de tout souci de réélection dans quatre ans, aura « les mains libres » pour exercer de fortes pressions sur Benjamin NETANYAHOU et tenter de donner corps aux principes qu’il évoquait non sans solennité dans son célèbre discours prononcé au Caire le 4 juin 2009. Certes encore le choix de Chuck HAGEL comme Secrétaire à la Défense ne signifie pas la promotion, à la tête du Pentagone, d’un inconditionnel de la cause d’Israël, telle qu’entendue par le Likoud. Mais il ne faut pas négliger l’impact d’un Congrès qui, sur la colline du Capitole, reste dans une très large majorité acquis aux intérêts du Gouvernement de Jérusalem, tels que configurés par celui-ci.

 

Surtout, et nonobstant le volume de l’aide financière consentie annuellement par l’Oncle Sam, Israël, dans sa fibre même, n’a jamais considéré que la définition de sa politique pouvait être actée à Washington. Pour mémoire, rappelons la tension qui s’était révélée sous la présidence de George BUSH I, lorsque son Secrétaire à la Défense, James BAKER, avait conditionné la livraison d’armements au constat d’une adhésion du Gouvernement SHAMIR au canevas diplomatique élaboré par l’Administration américaine. La pression de l’époque avait fait long feu…

 

En conséquence, un infléchissement majeur n’est pas à envisager quelle que soit la proportion de « faucons » au sein de la future équipe gouvernementale. La ligne a toutes chances de rester celle de la concession d’un Etat palestinien « minimum », amputé de certains attributs de la souveraineté et territorialement morcelé, s’agissant du socle cisjordanien, du fait du maintien d’un nombre aujourd’hui indéterminé d’implantations…

 

Autant dire que l’Autorité Palestinienne en place à Ramallah persistera à opposer une fin de non-recevoir à cette approche et que subséquemment le « jusqu’auboutisme » du Hamas, au pouvoir dans la Bande de Gaza, se trouvera conforté, avec un risque évident de progression de ses thèses en Cisjordanie même… progression qui amplifiera la conviction des autorités israéliennes d’un refus palestinien de toute issue pacifique.

 

Certes le dossier du nucléaire iranien éclipsera encore pour un temps celui de la relation israélo-palestinienne, d’autant plus que l’accélération observée de la mise en service de centrifugeuses laisse penser que 2013 sera l’année de l’accession de la République Islamique à l’arme atomique. La menace existentielle, aussi réelle qu’imminente, primera légitimement sur une autre, plus sourde mais néanmoins effective : celle née d’une incapacité perdurante à aboutir à l’émergence d’un Etat palestinien évoluant aux côtés d’Israël dans un cadre conventionnel de coopération.

 

Le statu quo est irrecevable. Outre le fait qu’il engendrera une hostilité sans cesse grandissante, il condamnera le Gouvernement de Jérusalem à administrer des territoires à population majoritairement arabe, ce qui impliquera un rapport démographique réduisant la composante juive à un statut minoritaire dans l’espace global concerné. Cela signifierait rapidement la négation des fondements mêmes d’Israël : l’apartheid étant condamné par le Droit International et au-delà étant incompatible avec l’idéologie sioniste, la citoyenneté israélienne forcément accordée à terme aux ressortissants arabes ruinerait, du fait du simple jeu démocratique, la prévalence juive au sein de l’Etat.

 

Il n’est donc d’autre objectif réaliste que la finalisation d’un processus né à Oslo en 1993, en ignorant pour l’heure celui qui le refuse, à savoir le Hamas. Toute négociation suppose des concessions.

 

Celles-ci sont envisageables entre décideurs qui ont souscrit à l’engagement « norvégien » sus évoqué. Elles doivent être le fruit du courage et de l’imagination sans lesquelles il n’est de grande et noble politique. Quant au Hamas, confronté à un accord entre autorités de Jérusalem et de Ramallah, il ne lui resterait, dans l’hypothèse d’une non-renonciation à sa Charte de destruction d’Israël, qu’à édifier dans la Bande de Gaza un Emirat islamiste plus ou moins autiste, replié sur lui-même et internationalement déconsidéré du fait de son absolutisme.

 

Sauf à penser que « succursale » palestinienne des Frères Musulmans au pouvoir au Caire, il ne subisse l’influence tutélaire de ceux-ci, conscients de ce que l’encaissement du chèque américain annuel de 1.300.000.000 de dollars a ses exigences, dont celle de lui imposer reniement et intégration au processus de négociation…

 

 

D.C. BADACHE, Président France Israël Basse Normandie

 

(Diffusion autorisée avec le nom de la source ainsi que le lien du site) 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 06:53

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(Diffusion autorisée avec le nom de la source ainsi que le lien du site) 

L’ETAT D’ISRAEL, ETAT JUIF ?

 

 

Chacun sait que la reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël est une condition « axiale » que formule Benjamin Netanyahou, lorsqu’il évoque une bonne fin des négociations avec les Palestiniens.

 

L’on comprend sans peine le souci du Premier Ministre : que soit pérennisé dans un océan arabe un ilôt juif que rien ne pourrait voir dénaturer. Seulement la réalité déjà vécue induit une difficulté qui n’est pas seulement d’ordre sémantique.

 

En effet, depuis sa création, l’Etat d’Israël n’a jamais abrité une population homogène. A côté de ses citoyens de confession juive, ont vécu et vivent des Arabes palestiniens, musulmans et chrétiens, ainsi qu’une communauté druze, soit autant de minorités représentant aujourd’hui environ 20 % de cette population.

 

Si Israël était un Etat par essence juif, cela signifierait qu’il aurait intégré, au moins implicitement, un apartheid qui ferait des précités des citoyens de seconde zone. Or tel n’est pas le cas. Ce n’est en aucune manière la volonté de la classe politique israélienne, et s’il est quelques « électrons libres » séduits par une structure discriminatoire, le droit international leur oppose un infranchissable barrage…

 

En fait, le souci est de préserver un leadership juif, reflet d’une majorité démographique que le processus de paix ne doit pas atteindre. En d’autres termes, il est une ligne non négociable pour le Gouvernement de Jérusalem : celle refusant la mise en œuvre d’un quelconque droit au retour des Palestiniens sur un territoire dont les limites ont été définies par les accords d’armistice conclus à Rhodes en 1949.

 

Au demeurant, une telle prétention se heurte tout à la fois à la dynamique de l’histoire et à l’équité devant imprégner le schéma final de paix.

 

La référence historique met en lumière la naissance de la problématique des réfugiés palestiniens. Sur les 700 000 personnes qui ont quitté maisons et terres en 1948, lors de la Guerre d’Indépendance d’Israël, une partie a délibérément suivi les exhortations des radios arabes périphériques, qui les appelaient à s’éloigner temporairement de la Palestine, le temps que les armées de libération « nettoient » le territoire de toute présence sioniste.

 

Une autre a subi la propagation de combats qui, selon un mode universel, induisent toujours par eux-mêmes des déplacements de population.

 

Exilés volontaires et exilés contraints : est-il possible, 64 ans plus tard, d’établir un distinguo entre les premiers qui seraient irrecevables dans une démarche tendant à leur voir reconnaître un droit au retour, et les seconds qui pourraient faire valoir quelque légitimité en ce sens ?

 

Poser la question, c’est y répondre ipso facto… par la négative, d’autant plus que l’UNRWA, instance onusienne en charge spécifique des réfugiés palestiniens, a pu cautionner une hérésie sans pareille : celle ayant consisté à conférer un caractère héréditaire au statut de réfugié, « curiosité » qui fait que par une reconnaissance du droit au retour, ce seraient près de 5 millions de Palestiniens qui frapperaient aujourd’hui aux portes d’Israël, tel que délimité à l’aube de la Guerre des Six Jours !

 

Sur un autre plan, l’équité veut que le droit en question ne soit pas consacré. Le partage de la terre acté le 29 novembre 1947 par la communauté internationale accordait aux uns et aux autres leur socle territorial, aux fins d’y établir leur souveraineté respective. Il a fallu attendre les Accords d’Oslo pour qu’au regard du droit le refus palestinien d’hier devienne acceptation du partage. En d’autres termes, les Palestiniens admettaient qu’ils allaient être, par un processus de négociation dont les étapes avaient été définies par lesdits Accords, dotés de leur Etat.

 

Cela ne pouvait que signifier que ceux qui vivaient hors de Cisjordanie et de la Bande de Gaza exerceraient leur droit au retour dans un pays qu’une histoire conflictuelle émaillée de refus et d’erreurs stratégiques avait redessiné, différent dans sa territorialité de celui que le plan de partage de 1947, originellement rejeté, avait conçu.

 

Raisonner autrement - et c’est là que l’iniquité serait avérée – aboutirait à la formation d’un « trio » d’Etats palestiniens : celui qui serait créé avec des décennies de retard, le royaume jordanien qui compte en son sein une majorité de Palestiniens (65 à 70 %) et… Israël, dont la population juive deviendrait rapidement minoritaire, du fait de l’afflux généré par l’exercice du droit au retour et de taux de natalité différenciés…

 

Pareille projection est indéfendable. De surcroît, ce droit au retour avait été « gommé » au moins en deux circonstances : d’abord en décembre 2000, lorsque l’Administration Clinton avait soumis à Ehud Barak et à Yasser Arafat ses quatre bases pour la paix finalement refusées par le second cité ; ensuite, lorsque les sociétés civiles israélienne et palestinienne se sont exprimées en novembre 2003 par l’Initiative de Genève et ont à leur tour défini les fondations de la coexistence pacifique de deux Etats.

 

En 1897, ayant eu la révélation, par l’Affaire Dreyfus, d’une équation qui voulait que dans la patrie des Droits de l’Homme, juif signifiât coupable, Théodore Hertzl publia « Der Judenstaat ». Le titre de l’ouvrage a été traduit en français avec inexactitude par « l’Etat Juif » et non par « l’Etat des Juifs », libellé qui aurait restitué la signification véhiculée par la langue allemande originelle.

 

Il y a plus qu’une nuance. Evoquer un « Etat Juif » exprime la conviction selon laquelle la nature même de cet Etat est juive, ce qui, ipso facto réduit celles et ceux qui ne sont pas de religion juive au rang d’éléments allogènes. Or il sera redit ici que depuis le 14 mai 1948, Musulmans, Druzes et Chrétiens ont obtenu la nationalité israélienne, en parfaite égalité de droits.

 

« L’Etat des Juifs » est expression recélant une autre teneur : celle qui veut que le peuple juif ait été légitime dans son aspiration à la création d’un Etat dans le cadre duquel il aurait vocation à exercer une souveraineté n’excluant pas l’octroi de sa citoyenneté à des groupes minoritaires. Depuis sa Déclaration d’Indépendance, c’est bel et bien un « Etat des Juifs » qui honore, dans un environnement demeurant jusqu’à ce jour largement hostile, les valeurs de la démocratie et la prévalence des Droits de l’Homme, tout en jouissant d’une souveraineté telle que précédemment évoquée.

 

Certains s’interrogeront : si un jour les 20 % d’Arabes que compte Israël deviennent 50 % plus 1, qu’adviendra-t-il ? Il sera rétorqué que sans reconnaissance du droit au retour, la perspective relève d’une hypothèse d’école. D’une part, le taux de natalité des Arabes israéliens n’est pas comparable à celui observé dans l’ensemble du monde arabe ; de l’autre il demeure sur notre planète une « réserve » de population juive susceptible d’opter pour une alyah…

 

La Knesset n’aura donc pas besoin de concevoir une loi d’inspiration chinoise imposant l’enfant unique…

 

 

 

Daniel-Charles BADACHE,

Président France Israël Basse Normandie

 


 (Diffusion autorisée avec le nom de la source ainsi que le lien du site) Association France Israël Basse Normandie

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